RoboJev : un juge vision-langage ouvert pour détecter la réussite des robots
RoboJev-27B, un modèle vision-langage à poids ouverts, vise à répondre à une question simple que la plupart des vidéos de manipulation robotique laissent sans réponse : la tâche a-t-elle réussi ? Le modèle reçoit une consigne, 10 images d'une tentative et, si elles existent, les dernières images de caméras auxiliaires, puis prédit un succès ou un échec. Il dérive de JEV-27B-VL, ajusté par un adaptateur LoRA de rang 32 appliqué au seul modèle de langage (encodeur visuel gelé) sur 52 598 épisodes. Une pénalité KL propre à chaque source, appliquée uniquement aux données de recherche, garde ses prédictions proches du modèle d'origine. Une lecture calibrée sur deux tokens fournit des probabilités de succès et d'échec en une seule passe. Sur 268 épisodes mis de côté, enregistrés avec le même robot SO-101, il atteint 95,2 % de précision équilibrée et 0,993 d'AUROC. Sur des épisodes de laboratoires ou robots inconnus (459 épisodes), l'AUROC est de 0,890. Sur 135 épisodes communautaires clairement étiquetés, la précision est de 93,3 %. Le modèle de base atteint 0,900 d'AUROC sur le sous-ensemble inconnu avec les mêmes entrées.
Pour les équipes qui collectent des démonstrations ou évaluent des politiques, l'intérêt est avant tout économique. L'étiquetage manuel du succès est un goulot d'étranglement dans la curation de jeux de données et dans l'évaluation de politiques VLA. Un juge automatisé peut filtrer des épisodes bruités ou fournir un signal de récompense. Le coût d'inférence est faible : 0,26 seconde par épisode en médiane (en série) sur un seul H100, soit environ 0,19 dollar pour 1 000 prédictions à 2,69 dollars l'heure-GPU, hors traitement et diffusion des médias. Deux réserves s'imposent. Les chiffres sur laboratoires inconnus sont nettement inférieurs aux résultats sur le robot d'entraînement, ce qui indique une généralisation réelle mais partielle. Surtout, l'écart avec le modèle de base sur ce sous-ensemble (0,890 contre 0,900) laisse penser que le gain du réglage fin se concentre sur la distribution connue et qu'il ne se transfère pas aux robots inconnus.
Le contexte est celui d'une prolifération de données robotiques ouvertes, notamment issues de la communauté autour de bras bon marché comme le SO-101, souvent publiées sans étiquette de réussite fiable. Les auteurs publient le code d'inférence et 20 628 prédictions réparties en 29 entrées modèle/protocole, afin de permettre un étalonnage reproductible de la détection de succès. Ils comparent aussi RoboJev à des VLM propriétaires de pointe. Cette comparaison n'est pas équitable : ces derniers ne reçoivent que 4 images de la caméra principale, contre davantage d'images et de caméras pour RoboJev. Les résultats face aux modèles propriétaires sont donc à lire avec prudence. Il s'agit d'une publication de recherche et non d'un déploiement industriel : aucun pilote ni calendrier n'est annoncé.
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