
CoCarry : retargeting structuré par les supports de contact pour le portage coopératif entre deux humanoïdes
CoCarry, un travail déposé sur arXiv (2610.32460), propose à la fois un jeu de données et une méthode de retargeting pour le portage coopératif d'objets par deux humanoïdes. Le dataset réunit 220 séquences synchronisées de deux personnes, couvrant 21 schémas de tâches, cinq géométries d'objets partagés et quatre types de terrain, pour environ 61 minutes de mouvement. La méthode, baptisée Contact-Support-Structured Retargeting, part de mouvements individuels nominaux puis affine conjointement les deux humanoïdes autour d'une même trajectoire d'objet imposée. Des ancres de mains exprimées dans le repère de l'objet préservent la compatibilité d'une prise à quatre mains, tandis que des structures complémentaires, haute pour l'interaction avec l'objet et basse pour l'appui, conservent la géométrie relative à l'objet et la coordination du support. Sur les 220 séquences retargetées vers deux humanoïdes A3, la préservation des contacts atteint 0,9995, la durée de pénétration baisse de 67,0 % par rapport à GMR et de 71,0 % par rapport à OmniRetarget, et le taux de réussite du retargeting reste de 100 %. Sur CORE4D avec des Unitree G1, la préservation des contacts s'élève à 0,9906, sans glissement mesuré. Les références générées sont validées en simulation physique et lors de plusieurs essais réels sur deux A3.
L'intérêt tient à ce que le portage à deux est un point dur de la manipulation humanoïde. Les progrès récents sur de grandes bases de mouvements humains, le retargeting et l'imitation de mouvement ont surtout servi à contrôler un robot isolé. Or, à deux, il faut aussi garantir la cohérence entre agents et entre chaque agent et l'objet : prise partagée, configuration relative, appui du corps entier. Ces contraintes expliquent pourquoi un retargeting appliqué indépendamment à chaque robot produit des pénétrations ou des contacts perdus. Pour les intégrateurs qui visent la manutention de charges encombrantes (caisses, panneaux, mobilier), disposer de références cinématiquement cohérentes est un préalable à l'entraînement de politiques de contrôle. Il faut toutefois relativiser : les métriques portent sur la qualité des références, pas sur la robustesse d'un contrôleur. Le texte ne donne ni charge utile, ni temps de cycle, ni taux de réussite des essais physiques, et le nombre de démonstrations réelles reste vague. Il s'agit donc d'une preuve de faisabilité de recherche, pas d'un déploiement.
Ce travail s'inscrit dans la lignée des outils de retargeting comme GMR et OmniRetarget, qui servent ici de références de comparaison, et du jeu CORE4D, dédié à la collaboration humain-objet. Il vise à combler l'absence de données et de méthodes spécifiquement conçues pour le multi-agent. La suite logique est l'apprentissage de contrôleurs coopératifs entraînés sur ces références, avec des tests sur des charges et des environnements plus variés. Le plus gros reste à prouver : le transfert vers un contrôle robuste en conditions réelles, sans cadre de laboratoire.
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