
TeleAI de China Telecom crée la filiale Gamma Robotics pour développer des robots humanoïdes auto-évolutifs
China Telecom a lancé sa première société issue de son institut de recherche en IA, TeleAI. Baptisée Gamma Robotics, cette startup d'IA incarnée est enregistrée dans le district de Xuhui, à Shanghai, et installée dans un pôle d'innovation consacré aux grands modèles. Son fondateur et directeur général, Bai Chenjia, dirigeait auparavant l'institut d'intelligence incarnée générale de TeleAI et a contribué à bâtir son équipe de recherche. Li Xuelong, directeur technique et scientifique en chef de China Telecom et responsable de TeleAI, siège comme conseiller scientifique. Un laboratoire commun de robots humanoïdes sera créé avec TeleAI. L'entreprise poursuit deux objectifs techniques. Le premier, l'auto-évolution, consiste à faire collecter aux robots de l'expérience issue d'interactions réelles et à mettre à jour leurs capacités en continu, de sorte que les modèles s'améliorent en cours d'usage. Le second, le modèle « corps entier », vise le système à nombreux degrés de liberté formé par le corps d'un humanoïde et ses mains dextres, afin de traiter ensemble équilibre, contacts complexes et manipulation fine. Les équipes s'appuient sur des travaux de TeleAI qui relient déjà un « cerveau » de planification, un « cervelet » de contrôle moteur et une génération de données synthétiques. Aucun chiffre de payload, de nombre de DOF, de financement ou de calendrier de production n'a été communiqué, et aucun modèle de robot n'est présenté.
L'intérêt tient moins à la technologie annoncée qu'à l'architecture proposée. Un opérateur télécom cherche à faire de son réseau un atout pour la robotique, là où la plupart des acteurs de l'humanoïde (Figure, Tesla, Unitree, UBTech) misent d'abord sur le matériel et sur des modèles embarqués. Gamma Robotics doit travailler avec TeleAI sur la coordination appareil, périphérie (edge) et cloud d'AI Flow, le réseau de communication intelligent de TeleAI, afin que l'expérience acquise par un robot devienne une capacité partagée par les autres nœuds, avec un apprentissage collectif et des tâches accomplies en groupe. Le cloud et le réseau de calcul de China Telecom fourniraient l'entraînement, l'inférence et le déploiement. Si cela fonctionnait, l'apprentissage continu en flotte, souvent évoqué mais rarement démontré hors laboratoire, trouverait une base d'infrastructure crédible. Pour un intégrateur ou un décideur industriel, la question reste celle de l'écart entre promesse et réalité : l'auto-évolution en conditions réelles pose des problèmes de sécurité, de validation et de dérive des comportements que le communiqué n'aborde pas, et la formulation sur les « limites de capacité » à tester montre que le produit n'est pas encore mûr.
Ce lancement s'inscrit dans la montée en puissance des opérateurs et groupes publics chinois dans l'IA incarnée, alors que la concurrence se joue entre modèles de fondation de type VLA, plateformes matérielles et capacité de déploiement. Les premiers projets de démonstration viseront l'exploitation et la maintenance des centres de données IA de China Telecom, puis des services domestiques et commerciaux. Cela relève du pilote interne, pas d'un déploiement commercial, et aucune date n'est donnée. Gamma Robotics testera avec des partenaires de l'écosystème les limites, la stabilité et l'efficacité de ses robots en situation réelle, puis ajustera produits et livraison selon les retours. Pour China Telecom, l'opération rattache son réseau de calcul et sa recherche en IA à une activité humanoïde dédiée. Il faudra surveiller si le laboratoire commun produit des résultats mesurables : démonstrations non montées, taux de réussite sur tâches de maintenance, et preuve que le partage d'expérience entre robots fonctionne au-delà de la présentation.
Pas d\'impact direct sur la France/UE
Dans nos dossiers




