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HumanoïdesRobotics Business Review 

AGCO déploie le robot humanoïde Digit d'Agility dans une usine du Kansas

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AGCO et Agility Robotics ont signé un accord commercial pour déployer le robot humanoïde Digit dans une usine du constructeur de machines agricoles. Le pilote, attendu à partir de 2027 aux États-Unis, démarrera sur le site de production de Hesston, dans le Kansas. AGCO, basé à Duluth (Géorgie) et propriétaire des marques Fendt, Massey Ferguson, PTx et Valtra, prévoit d'affecter Digit à des tâches d'assemblage et de production : tri et empilage de pièces, ainsi que placement de bacs (totes) pour le stockage. Digit sera associé à Agility Arc, la plateforme cloud de déploiement et de gestion de flottes, qui doit permettre d'intégrer le robot sans lourds travaux d'infrastructure. Ni le nombre d'unités, ni le calendrier détaillé, ni les conditions financières ne sont communiqués.

Pour les intégrateurs et les directeurs d'usine, le signal est surtout celui du périmètre visé : des tâches de manutention intralogistique répétitives et ergonomiquement pénibles, loin de l'assemblage fin. C'est un positionnement prudent, cohérent avec ce que les humanoïdes bipèdes savent faire de façon fiable aujourd'hui. Il faut toutefois rester lucide sur le statut de l'annonce : il s'agit d'un accord et d'un pilote prévu dans plusieurs mois, pas d'un déploiement en production. Aucune métrique de cadence, de disponibilité ou de retour sur investissement n'est fournie, et les déclarations d'AGCO (« coéquipiers », « valeur mesurable ») relèvent du vocabulaire de communication plus que de résultats chiffrés. L'accord confirme néanmoins qu'Agility élargit son portefeuille de clients industriels au-delà de la logistique.

Le contexte est celui d'une entreprise en pleine transition. Basée à Salem (Oregon), Agility a dévoilé le mois dernier Digit 5, avec de nouvelles jambes, des batteries améliorées et une architecture de sécurité plus complète, et a confirmé étudier des robots à roues pour ses clients, signe que la forme bipède n'est pas jugée nécessaire pour toutes les tâches. Son carnet de références inclut déjà Toyota, GXO Logistics et Schaeffler. Surtout, la société prépare son entrée en bourse par fusion avec le SPAC Churchill Capital Corp XI, avec une clôture attendue au quatrième trimestre 2026 et une cotation au Nasdaq sous le symbole « AGLT ». Dans ce calendrier, multiplier les annonces de clients crédibilise le dossier auprès des investisseurs. Agility reste en concurrence avec Figure, Tesla (Optimus), Apptronik ou Boston Dynamics, tandis que les acteurs européens comme Enchanted Tools tentent de se positionner sur le même créneau. La vraie mesure de la traction commerciale viendra des résultats du pilote de Hesston en 2027.

Impact France/UE

Impact indirect : AGCO détient les marques européennes Fendt et Valtra, mais le pilote se déroule aux États-Unis, et Enchanted Tools vise le même créneau.

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Agility Robotics, créateur du robot humanoïde Digit, explore les robots à roues
1Robotics Business Review 

Agility Robotics, créateur du robot humanoïde Digit, explore les robots à roues

Agility Robotics, le fabricant du robot humanoïde Digit, a glissé un détail inattendu à la fin de la vidéo de lancement de Digit 5 la semaine dernière : le rendu d'un robot humanoïde sur roues. Interrogé par The Robot Report, le PDG et « chief robot officer » Jonathan Hurst a confirmé que l'entreprise explore effectivement des robots à roues, en complément de ses robots à jambes, pour couvrir des environnements et des besoins clients différents. Il n'a donné aucune précision sur la forme finale (version à roues de Digit, ou robot entièrement nouveau, par exemple un manipulateur mobile à un seul bras) ni de calendrier, se contentant de dire qu'il est « trop tôt pour le dire ». Cette annonce intervient alors qu'Agility entre en Bourse via une fusion SPAC avec Churchill Capital Corp. XI, valorisant l'entreprise à 2,5 milliards de dollars et devant générer plus de 620 millions de dollars de produit brut. Le dossier S-4 déposé pour l'opération a révélé les chiffres financiers de l'entreprise : 1,8 million de dollars de revenus en 2025, pour une perte opérationnelle de 140 millions de dollars, ainsi qu'un carnet de commandes pluriannuel de plus de 300 millions de dollars pour Digit v5, provenant d'un seul client. Digit 5 a par ailleurs abandonné les genoux inversés caractéristiques des versions précédentes du robot. Hurst et le CTO d'Agility, Pras Velagapudi, doivent intervenir à RoboBusiness, les 20 et 21 octobre à Santa Clara, en Californie, Hurst participant à la keynote d'ouverture aux côtés de Rodney Brooks (Robust AI) et Ken Goldberg. Le signal est significatif pour un secteur où le débat jambes contre roues structure une bonne partie des choix d'ingénierie : les roues offrent stabilité, simplicité mécanique et sobriété énergétique en environnement plat et prévisible, tandis que les jambes restent nécessaires dans les espaces conçus pour l'humain, avec escaliers et obstacles. Qu'une entreprise dont l'identité repose entièrement sur la locomotion bipède envisage des roues traduit une pression commerciale bien réelle : le carnet de commandes de 300 millions de dollars démontre une demande concrète pour Digit, mais le revenu reconnu de seulement 1,8 million de dollars en 2025 rappelle à quel point Agility, comme les autres fabricants de robots humanoïdes à jambes, reste à un stade précoce dans la mise à l'échelle commerciale. Pour les intégrateurs et décideurs industriels, le message est clair : la promesse de la bipédie universelle cède du terrain face à une logique plus pragmatique, où la forme du robot doit s'adapter aux contraintes réelles d'un site plutôt que l'inverse, afin d'accélérer le déploiement et les revenus avant que les jambes ne soient pleinement fiables pour tous les usages. Cette inflexion s'inscrit dans la trajectoire d'un fondateur, Jonathan Hurst, qui a consacré des décennies de recherche à la locomotion sur pattes et bâti Agility autour de robots bipèdes distinctifs. L'entreprise avait déjà montré sa capacité à remettre en cause des choix de conception jugés fondamentaux, comme l'abandon des genoux inversés entre les générations précédentes et Digit 5. La piste des roues s'ajoute donc à une stratégie plus large de diversification des formes robotiques pour accélérer la commercialisation, dans un marché des humanoïdes industriels où plusieurs acteurs rivalisent pour prouver la viabilité économique de leurs plateformes au-delà des démonstrations. Aucun calendrier de lancement n'a été communiqué pour un éventuel robot à roues, et Hurst a lui-même reconnu n'en être qu'aux prémices de la réflexion ; les prochaines indications pourraient venir de la présentation d'Agility à RoboBusiness, à Santa Clara les 20 et 21 octobre, où l'entreprise doit revenir sur les vingt prochaines années de la robotique aux côtés d'autres figures du secteur.

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Une entreprise américaine déploie un robot humanoïde assistant dans les écoles de New York
2Interesting Engineering 

Une entreprise américaine déploie un robot humanoïde assistant dans les écoles de New York

Realbotix, société américaine spécialisée dans les robots androïdes à vocation relationnelle, a lancé un pilote dans le Salamanca City Central School District (État de New York), associant son robot humanoïde M-Series et son assistant pédagogique IA baptisé Optio. Dans un premier temps réservé aux élèves inscrits aux cours Woz ED AI and Robotics, le programme est prévu pour s'étendre à environ 500 lycéens à la rentrée de l'automne 2026. Optio fonctionne comme assistant d'enseignement et tuteur à domicile : les élèves interagissent avec des avatars numériques personnalisés entraînés sur le curriculum approuvé par le district, avec un soutien individuel, une aide aux devoirs multilingue et un accès académique 24h/24. Le robot M-Series, lui, intègre un traitement du langage naturel, des expressions faciales animées et des capacités conversationnelles en temps réel, permettant une interaction directe sans interface écran. Le système inclut des contrôles de sécurité spécifiques à l'éducation, une supervision du district, et des parcours adaptés aux apprenants neurodivers. L'intérêt du déploiement réside moins dans une rupture technologique que dans le contexte opérationnel : un robot humanoïde entre dans une salle de classe réelle, non dans un laboratoire contrôlé. Le PDG Andrew Kiguel l'affirme explicitement, annonçant sortir "des démonstrations en laboratoire" pour prouver que la robotique avancée peut fonctionner dans des environnements éducatifs vivants. Pour les décideurs B2B et intégrateurs, c'est un signal que les cas d'usage éducatifs pour les humanoïdes passent du stade du concept à celui de l'expérimentation pilotée à l'échelle d'un district. Cela dit, l'expansion à 500 élèves reste une annonce planifiée, pas un déploiement effectif, et les métriques techniques du M-Series (degrés de liberté, charge utile, taux de défaillance en conditions réelles) ne sont pas communiquées, ce qui limite toute évaluation sérieuse de la robustesse du système. Realbotix se positionne depuis ses débuts sur les robots androïdes sociaux, un segment distinct de l'automatisation industrielle dominé par Figure AI, Agility Robotics ou Tesla Optimus, où les exigences de manipulation physique sont centrales. Ce créneau éducatif, où la performance locomotrice compte peu mais où l'interaction naturelle et la sécurité des mineurs sont primordiales, constitue une niche cohérente avec son ADN produit. La collaboration avec Woz ED, réseau STEM cofondé par Steve Wozniak, lui assure une visibilité nationale et un terrain d'expérimentation structuré. Dans le segment des robots de présence en classe, le norvégien No Isolation avait ouvert la voie en décembre 2025 avec son robot AV1, conçu pour permettre aux enfants malades d'assister aux cours à distance, un usage bien plus ciblé. La suite dépendra des retours de ce pilote et de la capacité du M-Series à maintenir un engagement pédagogique crédible sur la durée, au-delà de l'effet de nouveauté.

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Vidéo : dans l'usine de Boston Dynamics, où un robot humanoïde Atlas sort de la chaîne chaque jour
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Vidéo : dans l'usine de Boston Dynamics, où un robot humanoïde Atlas sort de la chaîne chaque jour

Boston Dynamics a publié une vidéo de près de six minutes consacrée à son équipe d'opérations prototypes, chargée de fabriquer et de maintenir le robot humanoïde Atlas. L'entreprise affirme pouvoir aujourd'hui assembler un robot en environ une journée, avec pour objectif de descendre à une heure environ l'an prochain, puis à quelques minutes à plus long terme. Le site combine usinage de précision réalisé en interne, taillage d'engrenages, assemblage et réparation, avec des bras robotisés intégrés à certaines tâches d'assemblage. Les pièces peuvent passer de l'usinage à l'assemblage le jour même ou le lendemain, ce qui permet de tester sur du matériel réel des modifications de conception. L'équipe choisit aussi les outils de coupe et affine les procédés d'usinage au fil de l'évolution du design. La vidéo évoque en outre les mains à quatre doigts récemment présentées pour Atlas, citées comme exemple d'arbitrage entre dextérité, robustesse et facilité de maintenance. Ces chiffres demandent à être lus avec précaution. Boston Dynamics décrit un délai de construction d'un prototype dans un atelier de R&D, pas une cadence de ligne de production ni un calendrier de livraisons commerciales. Le temps nécessaire pour monter un exemplaire n'a rien à voir avec le nombre d'unités qu'une ligne peut sortir par heure ou par semaine, indicateurs que d'autres fabricants de humanoïdes mettent en avant sous forme d'objectifs horaires, de volumes hebdomadaires ou de cumuls de production. Aucun volume, aucun prix ni aucun client de déploiement n'est communiqué. L'intérêt réel est ailleurs : en gardant l'usinage près des ingénieurs, l'entreprise raccourcit la boucle conception, fabrication, test, ce qui compte quand le matériel change vite et que les robots d'essai s'usent. Pour un intégrateur ou un décideur industriel, c'est un indice de maturité de l'ingénierie matérielle, pas une preuve de capacité industrielle. L'écart entre un prototype assemblé en une journée et un produit fabriqué en série, avec chaîne d'approvisionnement, qualité et coûts maîtrisés, reste entier. Cette communication s'inscrit dans une course où les acteurs du humanoïde mettent désormais en avant leur capacité à produire, et plus seulement leurs démonstrations de mouvement. Boston Dynamics, historiquement connue pour ses robots de recherche, fait évoluer Atlas vers un usage industriel plus large, d'où l'accent mis sur la maintenabilité et la conception pour la fabrication. Elle se mesure à des concurrents qui affichent des objectifs de volume, comme Tesla avec Optimus ou Figure avec sa gamme Figure 03, ainsi qu'à des acteurs européens tels que Enchanted Tools en France. La prochaine étape à surveiller est le passage de cette cadence de prototypage à une production en série documentée : chiffres d'unités livrées, premiers sites clients et pilotes annoncés. En l'absence de ces éléments, la vidéo relève de la démonstration d'outil industriel interne, et non d'un produit expédié ou d'un déploiement réel.

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L'évolution de Digit : le parcours d'Agility Robotics, de Cassie à Digit 5
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L'évolution de Digit : le parcours d'Agility Robotics, de Cassie à Digit 5

Agility Robotics, fondée il y a plus de dix ans dans le sillage du Dynamic Robotics Lab de l'Université d'État de l'Oregon (OSU), vient de sortir la cinquième génération de son robot humanoïde Digit. L'entreprise compte désormais plus de 400 employés répartis sur trois sites aux États-Unis et une usine capable de produire jusqu'à 10 000 robots par an. Avant Digit, Agility avait développé Cassie, un robot bipède aux jambes inspirées de l'autruche, conçu pour la course rapide, dont les premiers pas remontent à 2016 ; en 2022, sur la piste du Whyte Track and Field Center de l'OSU, Cassie a couru 100 mètres sans chute en 24,73 secondes, record du monde Guinness pour un robot bipède. Le premier Digit, lancé en 2017, visait les chercheurs et marquait une phase de preuve de concept. Digit 3, sorti en 2019, a été le premier modèle commercialisé : capable de saisir et empiler des boîtes jusqu'à 18 kg (40 lb), il ciblait la livraison de colis jusqu'au pas de porte et la manutention en entrepôt. La même année, Ford a acheté les deux premiers robots sortis de la chaîne de production pour étudier leur intégration dans des fourgons de livraison autonomes. Digit 4, dévoilé en 2023, dernier modèle à conserver les jambes de type autruche, a été équipé de nouveaux effecteurs pour manipuler bacs et totes et déployé chez Toyota Motor Manufacturing Canada, GXO Logistics, Schaeffler et Amazon. Cette trajectoire compte car Agility a été l'un des tout premiers acteurs du marché des humanoïdes, dès 2017, à une époque où ce segment est aujourd'hui nettement plus encombré. Contrairement à de nombreuses annonces du secteur qui restent au stade de vidéo démonstrative, Agility peut documenter des déploiements répétés chez de grands comptes industriels et logistiques, une validation commerciale rare pour un robot bipède alors que l'écart entre démonstration et usage réel reste un point de friction majeur pour la filière. La disparition des jambes en forme d'autruche, marque de fabrique d'Agility depuis Cassie, avec Digit 5, signale aussi que l'entreprise revoit ses choix morphologiques à la lumière de l'usage réel en entrepôt plutôt que des contraintes de recherche initiales axées sur la course. Pour les intégrateurs et décideurs B2B, l'histoire de Digit illustre une stratégie d'itération cumulative où chaque génération valide un cas d'usage précis avant de passer à la suivante, une approche différente des annonces plus rapides et moins étayées de certains concurrents. Le parcours part donc du laboratoire universitaire de l'OSU, où Cassie a servi de plateforme de recherche avant qu'Agility ne se structure en société commerciale, avec selon son cofondateur et « Chief Robot Officer » Jonathan Hurst trois phases distinctes : la recherche (Cassie), la preuve de concept (Digit 1 à 4), et désormais une nouvelle étape ouverte par Digit 5, présentée comme conçue pour les réalités du travail chez les clients plutôt que pour la démonstration. Hurst la décrit comme l'aboutissement direct des retours d'expérience accumulés chez Toyota, GXO, Schaeffler et Amazon, sans que l'entreprise n'ait encore détaillé de nouveau calendrier de déploiement au-delà de ce lancement.

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