
SenseTime met en open source SenseNova-RoboRSI, un cadre d'IA incarnée, et un modèle « cerveau » de robot de 27 milliards de paramètres
SenseTime a mis en open source SenseNova-RoboRSI, un cadre d'évaluation pour systèmes d'IA incarnée, ainsi qu'un modèle embarqué de 27 milliards de paramètres, SenseNova-RoboRSI-27B-Preview. Cette publication fait suite à une étude où l'entreprise a testé le grand modèle GPT-6-Astra sur 12 benchmarks de robotique en simulation et sur 8 robots physiques. Selon SenseTime, en donnant au modèle accès à des démonstrations d'entraînement et en relevant les limites de pas jusqu'à 10 fois les réglages officiels, GPT-6-Astra sature les benchmarks LIBERO et SIMPLE et atteint 81,9 % de réussite sur RoboDojo. Neuf tâches RoboDojo ratées lors des cinq essais ont toutes été réussies cinq fois sur cinq dès lors que le modèle pouvait continuer à interagir. Le coût est lourd : empiler des bols a demandé environ 131 minutes et 19 dollars d'inférence estimés, et placer un stylo dans un pot 263 minutes et environ 55 dollars. Le modèle reste faible sur les tâches à long horizon, transfère mal ses compétences d'une tâche à l'autre et peine avec les objets déformables et le contrôle fin sur robot réel. Le meilleur couplage testé, un modèle de raisonnement lent associé à un modèle d'action rapide, atteint 54 % de réussite sur 42 tâches RoboDojo avec une boucle fermée vérifiant chaque résultat. Côté outillage, chaque benchmark est empaqueté avec ses dépendances dans une image Docker distincte, accessible via une API HTTP unifiée qui expose l'interaction avec l'environnement et le scoring natif. Une évaluation de bout en bout se lance depuis un fichier de configuration, sans installer chaque simulateur à la main. Le modèle 27B affiche 26,13 sur RoboDojo (20,83 % de réussite), plus de 90 sur LIBERO-Pro, et fait passer RoboCasa365 de 26,0 % à 46,5 % tout en réduisant de 73 % la consommation de tokens.
Pour les intégrateurs et décideurs, l'intérêt tient moins au modèle qu'à ce que l'étude révèle sur l'écart entre démonstration et réalité. Un modèle généraliste peut résoudre des benchmarks saturés si on lui laisse du temps, des essais et des exemples, mais au prix de plusieurs heures et de dizaines de dollars par tâche élémentaire, ce qui est incompatible avec un temps de cycle industriel. Les points faibles identifiés (horizon long, objets déformables, précision fine) correspondent précisément aux cas d'usage d'assemblage et de manutention qui comptent en production. Le résultat de 54 % en architecture hybride lent/rapide, proche des approches à deux systèmes déjà explorées dans le secteur, suggère que la fiabilité vient de la boucle de vérification autant que du modèle lui-même. L'argument de SenseTime, selon lequel le temps de réflexion doit compter comme du temps réel (une poêle continue de chauffer pendant que le modèle délibère), est pertinent pour les futurs benchmarks. Il faut toutefois rester prudent : tous les chiffres proviennent des tests internes de SenseTime et aucun n'a été vérifié de façon indépendante. Le facteur de coût annoncé, un cinquantième de celui de GPT-6-Astra, compare un modèle spécialisé à un modèle généraliste sous budget étendu, et le score de 20,83 % sur RoboDojo reste modeste.
Cette publication s'inscrit dans la montée en puissance des acteurs chinois de l'IA incarnée, qui multiplient les ouvertures de modèles et d'outils d'évaluation face aux approches de Physical Intelligence (Pi-0), de NVIDIA (GR00T) ou de Figure (Helix). SenseTime, déjà connu pour sa famille SenseNova, a récemment présenté SenseNova U1.5 en 8B-MoT pour la vision unifiée native, tandis qu'Infinigence AI a ouvert APXInf pour l'inférence embarquée en périphérie, signe d'un écosystème qui se structure autour de l'évaluation reproductible et de l'efficacité. Le modèle est publié en préversion et aucun déploiement industriel ni calendrier de pilotes n'a été annoncé. Pour les équipes de recherche, la valeur immédiate réside dans l'infrastructure Docker et API unifiée, qui peut réduire le coût de comparaison entre modèles, y compris pour les laboratoires européens.
Pas d\'impact direct sur la France/UE
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