
XoNav : un exosquelette comme interface haptique personnalisée pour l'aide à la navigation
XoNav est un exosquelette de hanche à quatre actionneurs, présenté dans un preprint arXiv (octobre 2026), qui transmet directement aux articulations de la hanche des consignes de guidage pour la marche sans vision. Là où la plupart des aides portables encodent les directions en signaux audio ou vibrotactiles que l'utilisateur doit traduire en mouvement, le dispositif génère un signal « Advance » et deux niveaux de freinage (« Braking ») via des actionneurs du plan sagittal, ainsi que deux niveaux de guidage latéral (« Steering ») via des actionneurs du plan frontal. Un classifieur de phases de marche bilatéral à base de LSTM, alimenté par deux IMU fixées aux cuisses, déclenche les signaux en coordination avec le pas et les supprime à l'arrêt. Sur des utilisateurs inconnus, les rappels atteignent 95,2 à 97,9 %, avec des délais moyens de détection de 38,6 ms (appui vers oscillation) et 63,1 ms (oscillation vers appui). Une optimisation bayésienne contrainte, avec l'humain dans la boucle, personnalise le freinage (résistance minimale) et la direction (confort maximal) tout en garantissant détectabilité et sécurité. Lors d'essais de navigation yeux bandés en « magicien d'Oz » sur trois parcours, les participants ont gardé 98,8 % de la distance parcourue dans un couloir de 0,75 m de large, avec un gain moyen de vitesse de progression de 4,9 % par essai. Une caméra portée sur le corps, RTAB-Map et Nav2 ont aussi permis une étude de faisabilité de navigation autonome, avec contournement d'obstacles non cartographiés.
L'intérêt tient au choix de la modalité : transmettre l'information de guidage par la force, au niveau même de l'articulation qui exécute le mouvement, plutôt que par un canal sensoriel qu'il faut décoder. Pour les personnes aveugles ou malvoyantes, cela pourrait réduire la charge cognitive et le temps de réaction. Les résultats montrent aussi que la personnalisation automatisée, et non un réglage unique, est jugée nécessaire pour que les cues restent distinguables sans dépasser les limites de sécurité : le cue de freinage le plus ferme est resté sous 53 % du seuil de sécurité. Il faut toutefois relativiser. Les essais de navigation reposent sur un opérateur humain qui simule le planificateur, la partie autonome n'est qu'une étude de faisabilité, et le résumé ne précise ni la taille de l'échantillon ni la présence de participants réellement aveugles (les participants étaient simplement yeux bandés). Aucune donnée n'est fournie sur le poids, l'autonomie ni le prix.
Le travail se situe à la croisée de deux courants : les exosquelettes d'assistance à la marche, aujourd'hui surtout conçus pour augmenter ou rééduquer le mouvement, et les aides à la navigation (cannes intelligentes, ceintures vibrantes, applications audio). L'usage de l'exosquelette comme interface haptique est moins exploré. La brique de navigation s'appuie sur des outils open source éprouvés en robotique mobile (RTAB-Map pour la cartographie visuelle, Nav2 pour la planification), ce qui facilite la reproduction. Les étapes suivantes logiques seraient des tests avec des utilisateurs aveugles, un fonctionnement en conditions réelles (extérieur, foule, escaliers) et le bouclage complet entre perception autonome et guidage, sans opérateur. Aucun calendrier de pilote ni projet de commercialisation n'est annoncé.
Pas d\'impact direct sur la France/UE
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