Quel estimateur de profondeur pour le Jetson AGX Orin ? Benchmark 2026 des méthodes monoculaires et stéréo
Une équipe de chercheurs publie sur arXiv un benchmark des estimateurs de profondeur tournant sur le Jetson AGX Orin de NVIDIA, calculateur embarqué très répandu sur les robots et véhicules, pour lequel les mesures comparables de précision, de vitesse et d'énergie manquaient. Neuf familles de modèles sont évaluées à la date d'octobre 2026: en monoculaire Depth Anything V2 et 3, Depth Pro, MoGe-2, Metric3D v2 et UniDepth V2, en stéréo libSGM, NVIDIA ESS et Fast-FoundationStereo. Chaque méthode tourne en moteur TensorRT FP16 ou en code CUDA natif, jusqu'à trois tailles d'entrée dont la pleine résolution de 5,7 MP. La précision métrique est mesurée sur la vérité terrain Middlebury 2014 (pixels non occultés de 10 scènes dont la disparité reste sous 256 px), avec le temps GPU, l'énergie et la licence. À 30 images par seconde, ESS atteint 0,70 % d'erreur relative (AbsRel) en 8,6 ms et libSGM 0,73 % en 25 ms. Fast-FoundationStereo descend à 0,33 % avec davantage de calcul. Les meilleurs modèles monoculaires plafonnent à 12 % avec la focale réelle (Depth Anything 3 Metric-L en 33 ms, Depth Pro en 803 ms), et n'atteignent 3,8 à 4,0 % (MoGe-2-L, UniDepth V2-B, Metric3D v2-L) qu'avec une échelle par image fournie par un oracle, donc inutilisable en production.
Pour un intégrateur ou un responsable technique, le message est net: sur ce matériel, la stéréo est d'un ordre de grandeur plus précise que le monoculaire dès qu'une mesure métrique est requise, pour la préhension, l'évitement d'obstacles ou la navigation. L'erreur stéréo diminue quand la résolution augmente, alors qu'aucun modèle monoculaire ne s'améliore, et l'échelle métrique de la plupart dérive hors de leur résolution d'entraînement. Aux discontinuités de profondeur, que l'AbsRel reflète mal, les modèles monoculaires répartissent 17 à 46 % des points de bord entre premier plan et arrière-plan, contre 2 à 9 % pour la stéréo apprise et 1 % pour libSGM en pleine résolution. Cela relativise l'engouement pour les modèles de fondation monoculaires comme remplaçants des capteurs de profondeur. À noter toutefois que le protocole repose sur un jeu de données statique de scènes intérieures, loin des conditions dynamiques d'un robot mobile, et que la sélection de 10 scènes limite la portée des conclusions.
Ce travail comble un manque pratique: les publications de Depth Anything, Depth Pro ou MoGe-2 mesurent surtout la précision relative sur GPU de bureau, pas le compromis latence, énergie et exactitude sur plateforme embarquée. Il oppose l'écosystème NVIDIA (ESS, intégré à ses bibliothèques robotiques) à l'algorithme open source libSGM, étonnamment compétitif, et à Fast-FoundationStereo, qui représente la nouvelle génération de stéréo généraliste. Les auteurs formulent des recommandations par budget de cadence et publient code, résultats par scène et scripts de construction des moteurs, ce qui permet de reproduire et d'étendre la comparaison. La licence des modèles, critère retenu dans l'étude, pèse aussi sur les choix commerciaux. La suite logique serait de tester le même protocole sur le successeur Jetson Thor et sur des données en mouvement.
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