
Kodama lève 7 M$ pour apporter la robotique à la foresterie
Kodama Systems, basée à Sonora (Californie), a annoncé une levée de 7 millions de dollars, portant son financement total à 14 millions. Le tour est co-mené par Konvoy Ventures et Breakwater Ventures, avec Blue Forest Asset Management, NYA Ventures, Breakthrough Energy Ventures, Congruent Ventures, Dangerous Ventures, M1C Ventures et BTG Pactual. Les fonds iront aux déploiements commerciaux, aux partenariats avec les équipementiers (OEM) et au développement de l'autonomie supervisée pour les environnements off-road complexes. La technologie combine autonomie supervisée et téléopération : la machine gère les tâches répétitives, tandis qu'un opérateur expérimenté intervient à distance sur les cas limites. Elle équipe aujourd'hui des débardeurs (skidders), ces engins à grappin qui ramènent les arbres abattus vers l'aire de chargement des camions. Selon l'entreprise, les machines équipées tournent 10 à 14 heures par jour et ont déplacé plus de 100 000 tonnes de bois sur six mois, dans plusieurs États du sud-est des États-Unis. Ces chiffres sont déclaratifs et fournis sans détail sur le taux d'intervention humaine ni sur le nombre de machines concernées.
L'intérêt tient à la nature du problème adressé : il ne s'agit pas de remplacer l'opérateur, mais de compenser une pénurie de main-d'œuvre structurelle. Le CEO Merritt Jenkins décrit des journées débutant à 4 h du matin, neuf à dix heures en cabine sur terrain accidenté, et un turnover tel que certains exploitants ont usé huit conducteurs de débardeur en un an. Face à cela, le modèle hybride vise à augmenter l'utilisation des machines et la productivité de chaque opérateur qualifié. Pour les intégrateurs et les décideurs B2B, le signal est que l'autonomie off-road, longtemps cantonnée aux démonstrations, trouve un terrain commercial dans un secteur où la tolérance à une supervision humaine résiduelle est élevée et où le coût de l'indisponibilité est immédiat. L'entreprise affirme pouvoir désormais vendre son système comme un produit, ce qui le place du côté du déploiement réel plutôt que du simple prototype, même si l'échelle reste modeste.
Kodama s'était d'abord concentrée sur la réduction du risque d'incendie dans l'ouest américain, avant de se recentrer sur les plantations de bois du sud-est. Elle conserve néanmoins l'éclaircissement forestier et la lutte contre les feux comme débouchés à terme. Son positionnement se rapproche de celui d'autres acteurs de l'autonomie sur engins lourds, dans l'agriculture, la construction ou les mines, qui ont déjà prouvé la valeur de la supervision à distance. La feuille de route prévoit l'extension aux autres machines des flottes forestières, à savoir les abatteuses et les chargeuses, ainsi que de nouveaux partenariats OEM. L'entreprise mise sur un effet de volume des données, chaque machine déployée enrichissant ses modèles. Aucun acteur français ou européen n'est cité dans l'annonce.




