MoCaP : du code comme politique mobile pour la manipulation mobile zéro-shot à partir de vidéos humaines passives
MoCaP (mobile code-as-policy) est un cadre agentique présenté par une équipe de chercheurs dans un article arXiv (2610.20998) qui transforme des vidéos humaines passives, c'est-à-dire des enregistrements d'activités quotidiennes sans démonstration dédiée à une tâche, en guidage pour une politique de manipulation mobile de bout en bout. Le système extrait de ces vidéos une mémoire spatiale et des indices sur la manière dont les personnes se placent avant d'interagir avec un objet. Ces informations alimentent la navigation et la recherche d'une configuration propice à la manipulation. À partir de cette expérience humaine et des observations courantes, une politique en code en boucle fermée coordonne des primitives de planification et d'outils, en tenant compte de la géométrie et des contraintes cinématiques du robot. Sur un vrai manipulateur mobile, en intérieur, MoCaP atteint 80 % de réussite sur chacune de deux tâches, là où les approches existantes n'y parviennent pas. La mémoire spatiale issue des vidéos fait passer le succès de la navigation vers un objet de 70 % à 100 %. Le prior d'approche humain fait passer de 0 % à 100 % la découverte d'une pose de base atteignable depuis un point de départ défavorable.
L'enjeu est de contourner le goulot d'étranglement des données de démonstration robotique, coûteuses à collecter tâche par tâche. Les vidéos humaines passives existent déjà en masse, mais elles sont non structurées et correspondent à un corps différent. MoCaP suggère qu'un échange ciblé suffit : au lieu d'apprendre des actions de bas niveau depuis la vidéo, on en retire des connaissances de haut niveau (où se trouvent les objets, d'où l'on s'en approche) que l'on injecte dans un pipeline de code et de planification. Cette approche limite l'écart d'embodiment, mais il faut relativiser : deux tâches, un seul environnement intérieur et des taux calculés sur un nombre d'essais probablement réduit, que le résumé ne précise pas. Les « approches existantes » qui échouent ne sont pas nommées, et le gain de 0 à 100 % porte sur une configuration de départ choisie pour être défavorable. Il s'agit d'un résultat de recherche, sans produit ni déploiement industriel.
Le travail s'inscrit dans la lignée des approches « code-as-policies », qui font générer du code par des modèles de langage pour piloter des primitives robotiques, et des efforts pour exploiter les vidéos humaines à grande échelle, en concurrence avec les modèles vision-langage-action entraînés sur des démonstrations téléopérées. Il reste une alternative modulaire, plus interprétable, à ces politiques de bout en bout. Les prochaines étapes à surveiller sont la validation sur davantage de tâches, de scènes et de robots, ainsi que la robustesse face à des vidéos bruitées. Les vidéos et le code sont publiés sur le site du projet, ce qui permettra une réplication indépendante.
Pas d\'impact direct sur la France/UE
Dans nos dossiers




