Des drones cargo autonomes transportent des charges de 65 kg par voie aérienne vers des éoliennes en mer du Nord

Ørsted a mené un essai de livraison par drone cargo lourd sur son parc éolien offshore de Hornsea 2, en mer du Nord, avec Skyports Drone Services. Pendant environ quatre semaines, un drone de grande taille a transporté des kits de maintenance de 55 à 65 kg (121 à 143 livres), contenant outils, pièces détachées et consommables. Les kits partaient du navire d'exploitation (SOV) et étaient livrés aux turbines avant l'arrivée des techniciens. Les drones récupéraient ensuite les kits usagés pour les ramener au navire. Les vols se sont déroulés hors de vue directe de l'opérateur (BVLOS) sur environ 4 km (2,5 miles) au sein du parc. Skyports a mis au point une méthode de prise en charge de la charge avec crochet à actionnement automatique, ce qui limite l'intervention humaine au sol. L'essai a mobilisé des équipes de sécurité, d'aviation et d'exploitation drone, en coordination étroite avec la Civil Aviation Authority britannique. Les équipes ont couvert des vols planifiés et des demandes ponctuelles au quotidien.
L'intérêt est d'abord opérationnel. Aujourd'hui, ces kits sont acheminés par bateau, puis hissés jusqu'à la turbine, une opération longue et exposée à des risques de sécurité. Le drone supprime une partie de ces levages et des rotations de navires, ce qui peut réduire les coûts et les émissions, et augmenter le temps de présence utile des techniciens. Il ouvre aussi la voie à la livraison de pièces d'urgence sans délai. Pour un exploitant ou un intégrateur, le signal est le passage d'une démonstration isolée à une intégration dans le quotidien de la maintenance, avec un cadre réglementaire BVLOS qui a tenu sur la durée. Il faut toutefois nuancer : le communiqué ne chiffre ni les économies réalisées, ni le nombre de vols, ni le taux de disponibilité météo. Ces points décident pourtant de la viabilité économique face aux navires et aux hélicoptères en mer du Nord. Les charges restent aussi modestes, de l'ordre de 65 kg au maximum. Les composants plus lourds relèvent toujours des moyens classiques.
Ørsted n'en est pas à son premier essai de drones de levage lourd sur ses parcs offshore. Cette campagne se distingue par un ramassage et un retour des charges plus automatisés, et par des conditions d'exploitation réelles plutôt qu'un vol de démonstration. Les propos de Richard McCrilley, chef de projet chez Ørsted, présentent l'essai comme une confirmation de l'intégration de la maintenance par drone dans les opérations courantes. Alex Brown, PDG de Skyports Drone Services, y voit une alternative viable aux navires et aux hélicoptères. Il s'agit de déclarations d'acteurs engagés, et non d'une validation indépendante. Aucun calendrier de déploiement commercial n'a été annoncé. La suite dépendra de la capacité à répéter ces opérations sur davantage de sites, avec des charges plus lourdes et des coûts documentés. Le statut reste donc celui d'un essai concluant, pas d'un service déployé à l'échelle.
Essai en mer du Nord mené par un énergéticien européen (Ørsted) avec un cadre BVLOS britannique, pertinent pour la maintenance éolienne offshore européenne mais sans lien direct avec la France ni l'UE.




