Simplexity Robotics entraîne un seul robot à servir deux tours CNC avec 600 trajectoires réelles
Simplexity Robotics, une entreprise d'IA embarquée « full-stack », affirme avoir entraîné un seul robot à servir deux tours CNC de manière autonome : chargement des pièces dans les mandrins avec environ 0,5 mm de jeu, puis déchargement après usinage. Feng Zongbao, responsable de l'apprentissage par renforcement, a présenté ces travaux lors d'un Tech Talk à l'IROS 2026 à Pittsburgh le 29 septembre, et Leiphone en a publié une transcription éditée le 8 octobre. L'entraînement s'appuie sur 600 trajectoires réelles. Le système repose sur trois briques : génération d'actions, mémoire et sélection d'actions. SimpleWAM, le modèle d'action-monde maison, apprend à reconstruire images futures, états 3D et séquences d'actions, mais ne produit à l'inférence que des actions à partir des images, de l'état 3D et de la consigne. Les caméras de tête et de poignet sont fusionnées de façon adaptative : 15 réussites en essais nominaux contre 8 pour une base π0.5 en fine-tuning supervisé. DRAM, une mémoire associative récurrente de type règle delta, se greffe sur une politique pré-entraînée gelée et conserve le contexte dans une matrice de taille fixe. DPE note des séquences d'actions candidates avec un évaluateur entraîné séparément, tandis que le générateur reste gelé. Les mesures de force et de couple alimentent à la fois la politique et un contrôleur d'impédance temps réel, qui permet de se rattraper quand une insertion droite est bloquée. Simplexity annonce 100 % de réussite sur l'insertion de précision.
Ce chiffre demande de la prudence : il porte sur la seule tâche d'insertion, pas sur le rendement d'une cellule complète, et la présentation ne donne pas le nombre d'essais sous-jacent. La démonstration, projetée à vitesse x5, ne permet pas non plus d'évaluer le temps de cycle réel, décisif pour la rentabilité d'une cellule d'usinage. L'intérêt tient pourtant à la nature du problème. Un jeu de 0,5 mm, des surfaces métalliques réfléchissantes, des pièces proches visuellement et des contacts masqués aux caméras sont exactement les conditions où les démonstrations de laboratoire s'effondrent en atelier. Le recours au retour d'effort comme entrée de la politique, associé à un évaluateur qui corrige les choix sans modifier le modèle de base, illustre une tendance : les politiques vision-langage-action (VLA) seules ne suffisent pas pour l'assemblage de précision, il faut y ajouter mémoire, perception tactile et sélection en ligne. Pour les intégrateurs, la tenue de machines-outils est un cas d'usage concret et massif, où seulement 600 démonstrations réelles suffiraient, ce qui reste à confirmer en production.
Simplexity cadre la tâche comme « des robots qui fabriquent des robots », puisque articulations, mandrins et pièces de précision sortent de tours CNC. L'entreprise, âgée de 11 mois selon un article récent de la publication, aurait déjà livré 100 robots sur des lignes de production. La tâche a tourné sur son robot à roues i7 Pro, l'une de ses quatre gammes matérielles aux côtés de la plateforme développeur SimpleClaw. Elle évolue face à des acteurs qui misent sur des modèles généralistes comme π0.5 de Physical Intelligence, base de comparaison ici, et face à des intégrateurs de chargement de machines-outils plus établis. Les suites à surveiller : publication du nombre d'essais, temps de cycle en temps réel, et passage de cette démonstration à des cellules clientes en exploitation.
Pas d\'impact direct sur la France/UE
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