SemiDrive et Radxa lancent RoboX D9M, un contrôleur de mouvement pour robots fondé sur la puce D9-Max
SemiDrive, fabricant chinois de puces automobiles, et Radxa, spécialiste du matériel open source basé à Shenzhen, ont signé le 29 septembre un accord de coopération stratégique et lancé le RoboX D9M, un contrôleur de mouvement présenté comme le « cervelet » du robot, c'est-à-dire la couche de contrôle temps réel placée sous le « cerveau » IA de haut niveau. La carte de 100 x 100 mm repose sur le SoC d'IA embarquée D9-Max, dévoilé en mai 2025: CPU 12 cœurs, NPU de 8 TOPS, trois paires de cœurs temps réel Cortex-R5/R5F en lockstep à 800 MHz (réponse aux interruptions de 25 ns, maître EtherCAT possible), deux DSP pour accélérer la cinématique inverse, LPDDR4X à 4 266 Mbps, eMMC 5.1, conformité ISO 26262 ASIL-B. Le composant offre 12 canaux CAN FD, deux ports Ethernet gigabit TSN, un module de sécurité matériel et une plage de fonctionnement de -40 à 105 °C. Une isolation matérielle permet de faire tourner deux systèmes sur une seule puce, en séparant le contrôle moteur de la perception, de l'interaction et des communications. La carte intègre EtherCAT natif, plusieurs CAN-FD et RS485, et arrive préinstallée avec Linux 6.12.31, Ubuntu 26.04 LTS et ROS 2 Lyrical. Elle vise humanoïdes, quadrupèdes et bras collaboratifs, et est vendue en package carte plus SDK. Prix et disponibilité n'ont pas été communiqués.
L'intérêt tient à ce que la carte cible un poste peu médiatisé mais coûteux: la carte porteuse et l'intégration bas niveau que chaque constructeur redéveloppe. En proposant un module prêt à l'emploi avec bus industriels natifs et pile logicielle, les deux partenaires promettent de laisser les équipes se concentrer sur les algorithmes de mouvement et la définition produit. Le pari de sécurité fonctionnelle ASIL-B, hérité de l'automobile, répond au fossé de fiabilité entre prototype et série que Tang Liang, fondateur de Radxa, désigne comme le vrai problème des roboticiens, plus que la puissance de calcul. Il faut toutefois relativiser: SemiDrive affirme que ses puces D9 sont en production de masse chez « de grands fabricants d'humanoïdes » sans les nommer, et aucun chiffre de latence de boucle de contrôle complète, de consommation ou de déploiement réel de la carte n'est fourni. À ce stade, il s'agit d'un produit annoncé, sans preuve publique de volumes ni de clients.
Le mouvement s'inscrit dans la migration des acteurs de l'automobile vers l'intelligence incarnée. SemiDrive revendique plus de 14 millions de puces de qualité automobile livrées à plus de 70 marques et 170 modèles de véhicules, et présente la robotique comme un relais de croissance. Pour Radxa, fondée en 2012, c'est le premier contrôleur de mouvement dédié à l'IA incarnée. Le segment est disputé: la présentation renvoie à d'autres initiatives chinoises comme le MCU N32H785 de Nations Technologies pour les moteurs articulés, la puce RISC-V D35 de Radiant ou l'architecture humanoïde de LimX Dynamics avec Kyland, tandis que les plateformes de calcul embarqué occidentales dominent le haut de gamme. Les partenaires prévoient des designs de référence matériels, une pile logicielle open source et une communauté de développeurs mondiale, mais aucun calendrier ni pilote client n'a été annoncé.
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