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Chine/AsieTechNode 

SenseTime lance SenseMart OS pour intégrer l'IA incarnée dans le commerce de détail

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SenseTime a lancé le 23 septembre, à son siège de Shanghai, SenseMart OS, présenté comme un « système d'exploitation physique » pour le commerce de détail. Il relie des robots hétérogènes (bras doubles sur base roulante, humanoïdes, préhenseurs), l'équipement de magasin et les opérations commerciales. Sa vitrine est SenseMart Go, un magasin robotisé : lors de la démonstration, un robot est allé chercher une bouteille d'eau minérale sur une étagère après la commande d'une journaliste de TechNode. Le réseau compte plus de 20 points de vente à Shanghai, Hefei, Shenzhen, Qingdao et Yancheng (campus, centres commerciaux, bureaux, parcs industriels, événements, espaces publics). Selon Yi Shuai, cofondateur et chief scientist de SenseTime Smart Retail, un employé peut superviser trois à cinq magasins, soit 0,2 à 0,3 personne par site. Les robots tiennent environ six heures sur batterie, donc deux recharges par jour, et un robot peut quitter sa station pour servir un client. Chaque magasin propose 150 à 200 références, soit le tiers au cinquième d'un petit commerce de proximité. Le seuil de rentabilité serait atteint en six à douze mois dans les bons emplacements shanghaïens, environ un an en moyenne. Le système apprendrait une nouvelle compétence de manipulation par semaine, répliquée sur tous les sites. L'entraînement d'un nouveau modèle de magasin serait passé de deux à trois mois à une à deux semaines, et un déploiement standardisé fonctionnerait dès le lendemain de l'installation.

L'intérêt tient au terrain choisi et aux indicateurs retenus. Contrairement à l'entrepôt ou à l'usine, le commerce impose au robot d'interagir avec des clients, ce qui sollicite simultanément perception, interaction, décision et exécution. Surtout, SenseMart OS cible des résultats commerciaux (satisfaction, réachat, taux de transaction) plutôt que le simple succès d'une tâche, avec des données de vente, de stock, de vision et de voix pour entraîner des agents dédiés. C'est un argument concret pour les décideurs qui cherchent un ROI mesurable, loin des démonstrations. La démarche alimente aussi le débat sur ce qui fera la différence dans l'IA incarnée : matériel, données, modèles ou couche système. Ici, SenseTime mise sur l'orchestration. Il faut toutefois lire ces chiffres avec prudence : ils proviennent de l'entreprise, sans audit indépendant. Le point de rentabilité est décrit comme « rapporté », l'assortiment réduit limite la complexité de la tâche, et le nombre de commandes traitées par robot ou le taux d'intervention humaine ne sont pas précisés.

SenseTime s'appuie sur des années d'expérience dans le retail : des systèmes de reconnaissance de produits traitant des millions de commandes par jour et une base de plus de 300 000 références (SKU). L'entreprise veut étendre le système à d'autres services physiques. Le lancement s'est accompagné d'un panel réunissant Hengyi Liu (CTO de SenseTime Smart Retail), Min Yuheng (Zerith Robotics), Chunxiao Liu (ACE Robotics), Wenqiang Xu (DAX Robotics) et Weisheng Xu (Jiutian Yuanshu), signe d'un écosystème de fabricants de robots que SenseTime entend fédérer par une couche logicielle. Cette approche se distingue des acteurs qui intègrent verticalement robot et modèle, comme Figure ou Tesla. Aucun calendrier de déploiement chiffré n'a été communiqué au-delà des 20 magasins actuels ni de partenariat européen. La suite dépendra de la capacité à répliquer ces résultats hors de Shanghai et à ouvrir la plateforme à d'autres secteurs.

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SenseTime, l'un des principaux groupes d'intelligence artificielle en Chine, a inauguré en mai 2026 à Shanghai un point de vente de détail entièrement opéré par des robots humanoïdes. La boutique, baptisée "Shaomai Gou" (烧卖购), est installée dans le site touristique Baoshan Riverside Scenic Area. Le protocole client est simple : scanner un QR code pour passer commande depuis son téléphone, puis recevoir le produit directement des mains du robot. Au-delà de la préparation des commandes, les robots seraient capables d'assurer la sélection des références, la tarification et l'analyse des données de réapprovisionnement des stocks. Le magasin a attiré des files d'attente spontanées lors du week-end du 1er mai. Aucun modèle de robot n'est identifié dans l'annonce officielle, et SenseTime ne publie pas de métriques opérationnelles (temps de cycle, taux de succès des saisies, volume de transactions). Ce déploiement est significatif parce qu'il sort les robots humanoïdes du contexte industriel contrôlé pour les placer face à des consommateurs non formés, dans un environnement ouvert et non structuré. La manipulation de produits variés, la gestion des interactions client et le réassort en rayon constituent des tâches difficiles pour un système robotique généraliste. Cela dit, l'absence de données techniques publiées invite à la prudence : l'initiative ressemble davantage à un déploiement pilote à forte valeur marketing qu'à une preuve de passage à l'échelle industrielle. Ce que cela valide en revanche, c'est l'existence d'une voie commerciale pour l'embodied AI dans les services de proximité à forte fréquentation, un segment jusqu'ici dominé par des kiosques automatisés passifs. SenseTime a bâti sa réputation initiale sur la vision par ordinateur et la reconnaissance faciale avant de pivoter vers l'IA incarnée, combinant vision robotique, compréhension du langage naturel et manipulation physique. En Chine, la société fait face à la concurrence de Unitree Robotics, Fourier Intelligence et UBTECH sur le segment humanoïde ; à l'international, les références du secteur restent Figure AI avec le robot 03, Physical Intelligence avec Pi-0 et Boston Dynamics. La prochaine étape logique pour SenseTime sera d'étendre "Shaomai Gou" à d'autres sites et de publier des données de performance qui permettraient de distinguer la démonstration du déploiement opérationnel réel.

Chine/AsieActu
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Zhuma Innovation (竹马创新), startup chinoise fondée en novembre 2025, vient de boucler un tour Angel+ de plusieurs dizaines de millions de yuans mené par SenseTime Guoxiang Capital, le bras d'investissement de SenseTime, avec la participation de Dinghui VGC et Fengru Capital. Les fonds serviront au développement produit, à la préparation de la production en série et à l'expansion internationale. La société développe Pebble, une caméra autonome grand public intégrant le rendu 3D Gaussian Splatting (3DGS), la fusion multi-capteurs et une interface AI-native, conçue pour capturer une scène tridimensionnelle aussi simplement qu'une vidéo ordinaire. Le produit est encore en phase de R&D et n'a pas atteint la production industrielle. L'intérêt stratégique de Zhuma dépasse le marché de la caméra 3D : la société se positionne comme infrastructure de données pour l'IA incarnée (embodied AI). Les modèles VLA (Vision-Language-Action) pilotant la prochaine génération de robots humanoïdes sont aujourd'hui majoritairement entraînés sur des données de téléopération, une méthode coûteuse et difficile à scaler. Le consensus qui émerge dans la recherche est que des vidéos en première personne, des données de capteurs spatiaux et des séquences comportementales en environnement réel constitueront la prochaine source dominante d'entraînement. Zhuma propose des données photoréalistes dotées de structure 3D, de sémantique et d'échelle physique correcte, directement utilisables pour construire des world models ou affiner la perception spatiale en simulation, réduisant ainsi la dépendance aux environnements synthétiques dont le réalisme reste limité. La société est cofondée par Zhang Ji, ancien vice-président de Kujiale (plateforme de design d'intérieur à grande échelle en Chine), et dirigée scientifiquement par Guo Jie, maître de conférences permanent à l'Université de Nanjing et spécialiste reconnu du 3DGS. La technologie 3DGS, popularisée depuis 2023, reconstruit des scènes 3D photoréalistes à partir de vidéos ordinaires, avec des performances supérieures au NeRF sur les temps de rendu. L'entrée de SenseTime comme investisseur principal apporte des ressources algorithmiques complémentaires aux capacités matérielles de Zhuma. Le marché reste largement ouvert : les acteurs industriels du lidar et des scanners haute précision n'ont pas encore attaqué le segment consommateur. Les investisseurs positionnent explicitement Zhuma comme un potentiel Insta360 de la caméra spatiale, une marque capable de définir une catégorie hardware avant que le marché ne se structure.

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JD.com a posé la première pierre de son site "Robot Base" à Guangzhou, marquant l'entrée officielle du géant chinois du e-commerce dans l'IA incarnée (embodied AI). L'investissement, estimé à environ 1 milliard de RMB, doit être achevé en 2028 pour une pleine production visée en 2030, avec une valeur de production annuelle projetée à 1,75 milliard de RMB. Le site accueillera des acteurs de l'IA incarnée, de la robotique industrielle et de service, ainsi que des entreprises de la chaîne d'approvisionnement amont et aval. Le fondateur Richard Liu a annoncé un plan de plus de 80 sites RoboBase à travers le pays, tandis que la filiale JD Logistics prévoit d'acquérir 3 millions de robots, 1 million de véhicules autonomes et 100 000 drones sur cinq ans pour automatiser l'ensemble de sa chaîne logistique, de l'entreposage à la livraison du dernier kilomètre. Les partenaires du site de Guangzhou incluent Zhiyuan Robot, Leju Robot, Qingtong Vision et GAC Huilun Technology. JD.com ne fabrique pas de robots lui-même mais se positionne comme orchestrateur de plateforme, un choix stratégique qui mérite d'être souligné plutôt que pris pour argent comptant. L'entreprise met en avant quatre leviers : l'intégration à son écosystème de distribution pour réduire les coûts et donner accès au marché, ses modèles open-source et centres de collecte de données à grande échelle, des terrains de test réels via ses magasins JD MALL, parcs logistiques et pharmacies, et enfin un accès au capital via ses fonds d'investissement et JD Finance. Ce modèle répond directement aux trois blocages classiques du secteur robotique identifiés par l'industrie : l'absence de scénarios de déploiement réels, l'absence de canaux de vente stables, et le manque de capital de développement soutenu. La déclaration selon laquelle Songyan Power aurait vendu plus de 500 robots en deux jours sur la plateforme JD reste toutefois un chiffre communiqué par JD lui-même, sans vérification indépendante, et JD vise 10 milliards de RMB de ventes de robots sur sa plateforme cette année, avec l'objectif de faire dépasser 1 milliard de RMB de ventes à une centaine de marques d'ici trois ans. JD investit dans des startups de robotique incarnée depuis 2025, dont LimX Dynamics (locomotion humanoïde), Zhiyuan Robot (robots humanoïdes généralistes), Zhongqing Robot, Pasini et RoboScience. Le directeur des opérations de Zhiyuan Robot a confirmé que des robots de l'entreprise sont déjà déployés dans des stations de métro de Guangzhou, dans le cadre d'une coentreprise avec l'opérateur local. JD s'attaque aussi au service après-vente, un angle mort classique du secteur, en s'appuyant sur son réseau JD Service+ de plusieurs milliers de techniciens formés pour bâtir un maillage national de maintenance. Le 11 juillet, le gouvernement provincial du Guangdong a signé un accord stratégique global avec le groupe JD couvrant l'économie numérique, la logistique intelligente et la fabrication robotique, signe d'un soutien politique appuyé à ce modèle de plateforme au moment où le secteur robotique chinois cherche à transformer ses démonstrations technologiques en déploiements commerciaux réels.

Chine/AsieOpinion
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Du chaos à l'ordre : révolution de la fourniture de données et structuration des compétences pour l'IA incarnée
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Lors de la conférence AI+ Industry 2026 de Beijing Yizhuang, Xu Liangwei, CTO et cofondateur de Zhiyu Jishi (智域基石), a exposé un pipeline de compilation de données en cinq couches destiné à l'intelligence incarnée (embodied AI). Son argument central: la loi de mise à l'échelle (Scaling Law) qui sous-tend les grands modèles de langage ne se transfère pas aux robots. Un LLM peut absorber des textes hétérogènes en masse, mais un robot opérant dans le monde physique nécessite des données multimodales couplées dans le temps et dans l'espace, où qualité et traçabilité priment sur le volume brut. Le pipeline de Zhiyu Jishi comprend cinq étapes séquentielles: contrôle qualité des données brutes, alignement spatio-temporel, extraction sémantique et causale (séquence contexte-action-conséquence), traitement à grande échelle avec indexation multi-dimensionnelle, et livraison aux équipes de modèles. Xu Liangwei précise que ce pipeline s'applique indifféremment aux architectures VLA (Vision-Language-Action, apprentissage par imitation) et aux world models, les deux paradigmes convergeant vers le même besoin: des données physiques structurées et tracées. L'enjeu concret pour les intégrateurs et les équipes de modèles est la traçabilité des défaillances terrain. En 2026, certains robots commencent à passer de pilotes laboratoire à des déploiements industriels en petit lot, et les équipes peinent à relier un comportement anormal à un sample d'entraînement défaillant. Xu Liangwei précise que les modèles fixent le plafond de capacité d'un robot, mais que la qualité des données dans les cas d'échec, de reprise et de retry conditionne la fiabilité en environnement dégradé. Sans cette traçabilité bout en bout, la boucle fermée données-modèle-terrain-données ne peut pas converger à l'échelle industrielle, rendant impossible le passage du petit lot à la production réelle. Zhiyu Jishi se positionne dans une niche émergente, les "data foundry" pour l'embodied AI, distincte des services de labeling classiques par la dimension temporelle et multimodale des données robotiques. Le discours de Xu Liangwei s'oppose implicitement au modèle fragmenté actuel, où fabricants de plateformes matérielles, développeurs de modèles et intégrateurs industriels produisent chacun leurs données en silo. Sa proposition est de structurer un écosystème à trois acteurs avec une séparation claire des responsabilités, comparable à une couche d'infrastructure partagée. La présentation ne comporte aucun chiffre de déploiement vérifiable ni de client cité, ce qui la positionne davantage comme une communication de positionnement stratégique que comme un bilan d'exécution. La suite annoncée est l'ouverture de ce pipeline à l'ensemble de l'écosystème robotique chinois, sans calendrier précis communiqué.

Chine/AsieOpinion
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