FlyCNS : organisation de l'information fondée sur le connectome pour le contrôle incarné à communication limitée
FlyCNS est un nouveau cadre de contrôle robotique décrit dans un article publié sur arXiv (arXiv:2609.28816) et inspiré du connectome de la drosophile, c'est-à-dire la cartographie complète des connexions neuronales entre le cerveau et le cordon nerveux ventral de la mouche. Le système conserve le calcul sensorimoteur au niveau local de chaque membre du robot et n'autorise la communication longue distance qu'à travers deux voies distinctes, l'une ascendante et l'autre descendante, à l'image de l'organisation biologique observée chez l'insecte. La structure directionnelle réelle de ces deux voies, extraite du connectome, sert de simple indication de départ pour répartir la communication, tandis que le contenu des messages, leur moment d'envoi et les politiques de locomotion restent adaptés à la tâche et appris par apprentissage par renforcement. Testé en simulation sur le quadrupède Unitree Go1, FlyCNS dégrade ses performances de façon plus progressive que les architectures classiques à mesure que le budget de communication se réduit. Dans le scénario le plus restrictif, il ne consomme qu'environ 21 à 22 % du volume de communication d'une référence à communication complète, tout en conservant un score de suivi de trajectoire d'environ 0,882, soit un écart maximal de 6,1 % par rapport à cette référence, et ce sous deux protocoles de commande différents.
Ce résultat touche un point structurel du contrôle robotique appris : la plupart des architectures actuelles centralisent le traitement de l'information alors que le corps d'un robot est physiquement distribué en capteurs et actionneurs répartis sur chaque membre. Pour les concepteurs de robots à ressources de calcul ou de communication limitées, qu'il s'agisse de systèmes modulaires, de robots souples ou d'essaims multi-agents, l'enjeu est de savoir combien d'information doit réellement circuler pour maintenir une coordination corps entier efficace. FlyCNS suggère qu'une large part du calcul peut rester locale sans sacrifier la performance globale, ce qui contredit l'idée reçue selon laquelle un contrôle whole-body performant exige un flux d'information centralisé et complet.
La démarche s'inscrit dans une tendance plus large de bio-inspiration en robotique, où des données de neurosciences computationnelles, ici le mappage du système nerveux de la drosophile, viennent guider la conception d'architectures de contrôle artificiel plutôt qu'un réseau générique appris de zéro. Le travail se distingue des approches dominantes de contrôle centralisé par apprentissage par renforcement pour la locomotion en ciblant spécifiquement la contrainte de bande passante entre membres. À ce stade, il s'agit d'une validation en simulation sur un seul robot quadrupède, sans démonstration sur matériel physique ni indication de portage vers d'autres morphologies ou d'un calendrier de suite.
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