
NanoBench : un jeu de données multitâche pour l'identification, le contrôle et l'estimation d'état des nano-quadrirotors
NanoBench est un jeu de données benchmark open-source multitâches consacré aux nano-quadrotors, construit à partir du Crazyflie 2.1, plateforme commerciale de 27 grammes au décollage, testée dans une arène équipée d'un système de capture de mouvement Vicon à précision millimétrique. Le dataset regroupe 172 enregistrements de vol répartis en trois catégories : excitation multi-fréquence, suivi de trajectoires géométriques à trois régimes de vitesse, et vol stationnaire longue durée jusqu'à décharge complète de la batterie. Chaque enregistrement synchronise, par corrélation gyroscopique sur une grille de recherche de 1 milliseconde, la vérité terrain Vicon, les données IMU brutes, les estimations du filtre de Kalman étendu embarqué, les variables internes du contrôleur PID et les commandes PWM des moteurs, échantillonnées à 100 Hz, ainsi que la télémétrie batterie à 10 Hz. Le papier, publié sur arXiv (2603.09908v2, version révisée), définit des protocoles d'évaluation standardisés, des répartitions train/test et des lignes de base open-source pour trois tâches : identification de système non linéaire, benchmarking de contrôleurs en boucle fermée, et évaluation de l'estimation d'état embarquée.
L'enjeu tient au vide identifié dans les benchmarks aériens existants, calibrés sur des véhicules de plusieurs centaines de grammes à quelques kilogrammes et limités à des données d'état de haut niveau. À l'échelle nano, l'aérodynamique à faible nombre de Reynolds, les non-linéarités des moteurs DC sans noyau et les contraintes de calcul embarqué sévères invalident les modèles et contrôleurs conçus pour des drones plus lourds, sans qu'aucun jeu de données public ne permette jusqu'ici de les recaler avec des signaux au niveau actionneur. Selon les auteurs, NanoBench est le premier dataset public à réunir commandes moteurs, variables internes de contrôleur et sorties d'estimateur avec une vérité terrain millimétrique sur une plateforme nano-aérienne commerciale, ce qui en fait une référence potentielle pour la recherche en contrôle et estimation d'état appliquée aux essaims de micro-drones ou à l'inspection en espaces confinés.
Le choix du Crazyflie 2.1 comme plateforme de référence s'explique par son statut de standard de facto dans les laboratoires de robotique aérienne, en raison de son faible coût et de sa large diffusion, ce qui permet une reproductibilité directe des résultats sans matériel propriétaire. La mention "replace" sur arXiv signale une version révisée d'un travail déjà soumis. Les auteurs annoncent la mise à disposition ouverte du dataset complet, des protocoles d'évaluation et des baselines, posant les bases d'une comparaison future des méthodes de modélisation, de contrôle et d'estimation d'état spécifiques aux nano-quadrotors, un segment jusqu'ici sous-desservi par les benchmarks génériques de la robotique aérienne.
Aucun acteur européen n'est cite, mais le Crazyflie, plateforme standard dans de nombreux laboratoires de robotique aérienne européens, pourrait bénéficier indirectement de ce benchmark.
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