Évaluation multimodale en ligne de la charge de travail dans l'interaction physique homme-robot à contact riche
Une équipe de recherche publie sur arXiv (référence 2609.18031, soumission de type "new") un cadre d'évaluation en ligne de la charge de travail dans les interactions physiques homme-robot riches en contact, un domaine qui couvre par exemple l'assemblage collaboratif ou la manipulation partagée avec un cobot. Le système combine trois signaux capturés en continu, le torseur d'effort au point de contact, la cinématique planaire du point central de l'outil (TCP), et la conductance cutanée (SCL), qu'il synthétise en quatre facteurs interprétables liés à la charge de travail. Les poids de ces facteurs sont ajustés dynamiquement selon la courbure de la trajectoire, pour refléter les variations de la demande motrice, et selon la progression de la tâche, pour tenir compte de la dérive physiologique dans le temps. Le protocole d'évaluation a mobilisé 24 participants soumis à 18 combinaisons contrôlées de température, de bruit acoustique et d'éclairement, testées sous deux modes de commande en admittance. En validation croisée stricte de type "un sujet exclu" (LOSO), avec le diamètre pupillaire standardisé comme référence physiologique indépendante, le cadre atteint une corrélation de Spearman moyenne de 0,308 sur des blocs de 30 secondes, avec une corrélation positive chez 23 des 24 participants.
Pour les intégrateurs de cobots et les concepteurs de commandes en admittance, l'intérêt tient moins à la performance brute, une corrélation de 0,308 reste modeste, qu'à la transparence de la méthode : elle égale des modèles d'apprentissage profond "boîte noire" tout en gardant des facteurs de charge explicites et des règles de pondération définies, ce qui facilite l'audit et la certification en environnement industriel. Elle ouvre la voie à une adaptation en temps réel des paramètres de contrôle robotique en fonction de l'état physiologique de l'opérateur, sans dépendre uniquement d'un dispositif de suivi pupillaire coûteux et contraignant.
Ce travail s'inscrit dans la recherche sur l'évaluation continue de la charge cognitive et physique en pHRI, en alternative aux questionnaires post-tâche classiques et aux approches à poids fixes, jugées moins robustes. Étant un préprint tout juste annoncé, il n'a pas encore été validé par les pairs ni testé en conditions industrielles réelles, et ses auteurs comparent leur approche à des références d'apprentissage automatique jugées représentatives de l'état de l'art sans toutefois les nommer précisément.
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