Des robots quadrupèdes franchissent une limite de vitesse grâce à la dynamique des pendules couplés de Huygens
Un quadrupède robotique a atteint une vitesse de course de 10,74 mètres par seconde, soit un nombre de Froude de 21,4, devenant selon ses concepteurs le premier robot à pattes à franchir la barre des 10 m/s, et a bouclé un sprint de 100 mètres en 12,2 secondes. Ces résultats, publiés dans un article arXiv (2609.13290v1) du 15 septembre 2026 intitulé "Breaking speed scaling in quadrupedal robots via Huygens' coupled-pendulum dynamics", ne reposent pas sur des actionneurs plus puissants mais sur un principe physique emprunté aux pendules couplés de Huygens : en exploitant le couplage inertiel entre les membres, l'énergie se redistribue sur le cycle de marche, ce qui réduit le couple articulaire de crête nécessaire pour courir vite. Les paramètres matériels ont ensuite été intégrés comme variables dans un cadre de co-optimisation, permettant d'exploiter systématiquement cette dynamique dès la conception du robot. À noter que la vitesse moyenne réelle sur 100 mètres (environ 8,2 m/s) reste inférieure à la pointe de 10,74 m/s, ce qui traduit une phase d'accélération avant d'atteindre le régime de croisière.
Ce résultat, encore au stade de la recherche et non d'un produit commercialisé, remet en question l'hypothèse dominante selon laquelle repousser les limites de vitesse des robots à pattes exige des moteurs et transmissions toujours plus puissants, donc plus lourds et plus coûteux. En démontrant qu'une exploitation intelligente de la dynamique intrinsèque du châssis peut élargir la plage de vitesse atteignable sans surdimensionner l'actionnement, les auteurs offrent une piste de conception pertinente pour les fabricants de quadrupèdes destinés à l'inspection, la logistique ou les usages militaires, où poids et autonomie énergétique restent des contraintes critiques.
La course à la vitesse chez les robots à pattes remonte aux plateformes historiques comme le Cheetah du MIT, qui avait franchi quelques mètres par seconde dès les années 2010, et se poursuit aujourd'hui avec des acteurs comme Unitree ou Boston Dynamics. Le recours à un modèle physique vieux de plusieurs siècles pour dépasser un plafond jusque-là attribué au seul matériel ouvre une piste de recherche que les auteurs envisagent d'étendre à d'autres morphologies robotiques, notamment bipèdes.
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