
Le robot humanoïde s'attaque aux barres de singe
Le Robotic Systems Lab de l'ETH Zurich a dévoilé un robot humanoïde traversant des barres de singe: il saute pour s'accrocher à une structure clairsemée, enchaîne les prises une à une, puis atterrit sans chuter, un test de perception fine de géométries en surplomb et de contrôle agile du corps entier. Unitree a publié en open source son modèle de fondation incarné UnifoLM-WLA-1.0, revendiquant des résultats état de l'art parmi les modèles ouverts sur plusieurs benchmarks, un seul réseau coordonnant manipulation de bureau et manipulation mobile corps entier avec généralisation entre tâches et effecteurs. Le centre de recherche CRASAR est revenu sur le 11 septembre 2001, première utilisation documentée de robots en recherche et sauvetage urbains: déployés de l'après midi du 11 septembre au 2 octobre, date de panne du dernier robot disponible, ils n'ont trouvé aucun survivant mais ont localisé des restes humains et aidé à repérer des accès vers sous sols et cages d'escalier. ANYbotics a par ailleurs détaillé la certification de ses robots quadrupèdes pour opérer en atmosphères explosives, une homologation jugée jusque là impossible par des experts du secteur.
L'exercice des barres de singe reste un démonstrateur de recherche, loin d'un cas d'usage industriel, mais il montre les progrès de l'intégration perception-contrôle sur des appuis discontinus, verrou encore ouvert pour la locomotion humanoïde hors laboratoire. L'ouverture complète du code d'UnifoLM-WLA-1.0 s'inscrit dans une stratégie chinoise de banalisation des modèles de fondation incarnés de type VLA, qui met la pression sur des modèles propriétaires comme Pi-0, GR00T N2 ou Helix en offrant gratuitement des capacités comparables, un signal à suivre pour tout intégrateur arbitrant entre bâtir et acheter sa pile logicielle. Le retour de CRASAR, vingt cinq ans après les faits, rappelle que la robotique de catastrophe reste bornée par des attentes réalistes, cartographier et localiser plutôt que se substituer aux secouristes, un repère utile face à l'emballement actuel autour des humanoïdes généralistes. ANYbotics illustre à l'inverse un marché B2B mature hors du battage humanoïde, où le robot à pattes prouve une valeur d'usage certifiée en environnement industriel à risque.
Le Robotic Systems Lab de l'ETH Zurich, berceau du quadrupède ANYmal dont est issu le spin off suisse ANYbotics, poursuit une lignée de recherche en locomotion agile entamée il y a plus d'une décennie. Unitree se positionne en concurrent direct de Tesla avec Optimus, de Figure avec Figure 03 ou de NVIDIA avec GR00T, sur le terrain des modèles de fondation grand public. Le calendrier du secteur s'intensifie d'ici la fin de l'année, avec le Humanoids Summit à Séoul les 22 et 23 septembre 2026, IROS 2026 à Pittsburgh du 27 septembre au 1er octobre, puis CoRL 2026 à Austin du 9 au 12 novembre, où plusieurs de ces équipes présenteront leurs prochains travaux.
ANYbotics, spin-off suisse de l'ETH Zurich, fait certifier ses robots quadrupèdes pour les atmosphères explosives, un enjeu direct pour les sites industriels à risque en Europe.
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