
CAP : locomotion humanoïde adaptative en continu et aveugle à la perception, grâce à un débruitage appris
Des chercheurs ont publié le 11 septembre 2026 sur arXiv (2609.11553v1) une méthode baptisée CAP (Continuously Adaptive Perception blind humanoid locomotion via Learned Denoising), conçue pour rendre la marche des robots humanoïdes robuste face aux défaillances de perception en conditions réelles. Le système repose sur une politique de contrôle à étage unique combinant un encodeur "world model" entraîné comme débruiteur, capable de reconstruire une image de profondeur propre à partir d'une entrée corrompue, et un encodeur proprioceptif variationnel qui fournit des informations sur l'état du corps indépendantes de la vision. L'entraînement couple un curriculum de bruit de profondeur appliqué à l'entrée du world model avec un dropout des caractéristiques transmises à la politique, exposant le système à toute la gamme de qualité de perception, du signal propre à l'aveugle total. Les tests ont été menés en simulation, puis sur le robot humanoïde Unitree G1 lors d'essais contrôlés et de déploiements en intérieur comme en extérieur, incluant occlusion intermittente, bruit de capteur réel et artefacts de profondeur liés à la lumière du jour.
L'enjeu dépasse la prouesse académique. La plupart des politiques de locomotion perceptive existantes supposent une profondeur toujours propre et conforme à la distribution d'entraînement, tandis que les approches hybrides récentes basculent entre une sous-politique voyante et une sous-politique aveugle, perdant l'information partiellement exploitable d'une profondeur dégradée. CAP montre qu'un système unique, entraîné à débruiter plutôt qu'à commuter, se dégrade plus progressivement qu'une architecture à bascule binaire quand la perception se détériore, tout en égalant ou dépassant les politiques perceptives classiques quand la profondeur reste fiable. Pour les intégrateurs et décideurs industriels qui envisagent des humanoïdes en entrepôt ou en extérieur, c'est un signal concret que le vrai goulot d'étranglement reste la résilience aux capteurs bruités, plus que le rendu en démonstration contrôlée.
Ce travail s'inscrit dans une vague de recherche académique sur la locomotion humanoïde tout-terrain, où les capteurs de profondeur embarqués (caméras stéréo, lidar) restent le point faible face aux occlusions, à la poussière ou au soleil direct en extérieur. Contrairement aux annonces commerciales de Figure AI, Tesla ou Unitree lui-même, il s'agit ici d'une publication de recherche (preprint arXiv, non encore revu par les pairs), utilisant le G1 de Unitree comme plateforme matérielle standard de test plutôt que comme produit final. Aucun calendrier de déploiement commercial n'est mentionné; les auteurs positionnent CAP comme une alternative architecturale aux politiques à commutation binaire déjà publiées, avec pour perspective d'étendre ce mécanisme de débruitage à des politiques de locomotion perceptive couvrant d'autres capteurs que la profondeur.
Dans nos dossiers




