Rester assis : apprentissage de la locomotion omnidirectionnelle d'un humanoïde sur une chaise mobile passive à roulettes
Une équipe de recherche a publié le 28 août 2026 sur arXiv (2608.28090) une étude sur la locomotion omnidirectionnelle d'un robot humanoïde assis sur une chaise mobile passive à roulettes. Contrairement aux humanoïdes debout, dont les actionneurs quasi-direct-drive génèrent en continu du couple articulaire, la position assise délègue le maintien du poids à la chaise. La politique de contrôle, entraînée par apprentissage par renforcement sans récompense d'imitation de mouvement, ne reçoit que la proprioception du robot et les commandes de vitesse, sans capteur de contact ni information sur l'état de la chaise. Lors d'essais à commandes aléatoires, elle a suivi les trajectoires demandées pendant la quasi-totalité de séquences de 20 secondes, dépassant même une politique de référence en position debout sur la précision de suivi. Une analyse factorielle menée sur quatre graines d'entraînement montre qu'une régularisation du glissement du pied réduit le coût de transport mais peut figer le robot dans un optimum stationnaire, un défaut corrigé en la combinant à une régularisation de symétrie ou à un curriculum de commandes. Le coût de transport se classe, du plus bas au plus élevé, marche arrière, déplacement latéral, puis marche avant. Transférée sans réentraînement sur un robot réel Unitree G1, la politique a produit une locomotion assise omnidirectionnelle.
Ce travail s'attaque à un angle mort de la course aux humanoïdes, focalisée jusqu'ici sur la marche et la manipulation en position debout pour des tâches d'usine ou de logistique. Une grande partie du travail de bureau ou d'établi se fait pourtant assis, et maintenir un humanoïde debout en continu sollicite inutilement ses actionneurs et son énergie. En montrant qu'une politique entraînée uniquement par récompense de suivi de vitesse, sans imitation de mouvement ni capteurs de contact, transfère en zero-shot vers un robot réel, l'étude conforte l'idée que l'apprentissage par renforcement en simulation franchit l'écart sim-to-real sur des tâches de locomotion toujours plus spécialisées.
L'étude reste un travail de recherche académique en prépublication, sans partenaire industriel ni calendrier de commercialisation annoncé, qui étend l'environnement standard de suivi de vitesse en position debout déjà utilisé dans la communauté robotique, avec un modèle de chaise passive et des récompenses propres à l'état assis. Le choix du Unitree G1, plateforme largement diffusée dans la recherche en contrôle moteur, en fait une base accessible plutôt qu'une vitrine commerciale, à la différence des plateformes propriétaires comme Figure ou Optimus. Les auteurs présentent ce résultat comme une première étape vers une locomanipulation assise complète, avant l'ajout probable de tâches de manipulation des bras pendant le déplacement sur la chaise.
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