
Ce nouveau robot hexapode imite l'insecte-bâton pour marcher sur un terrain accidenté

Des chercheurs de l'université Tohoku au Japon et de VISTEC en Thaïlande ont développé un robot hexapode, baptisé RedMirror, capable d'apprendre à marcher en imitant les patterns de locomotion d'un phasme, l'insecte-bâton Medauroidea extradentata. La méthode repose sur l'apprentissage par renforcement inverse adversarial (AIRL), combiné à l'optimisation de politique proximale (PPO). Le système a été entraîné sur des données biologiques de marche en terrain plat, capturant les mouvements de 18 articulations de pattes de l'insecte. Plutôt que de copier chaque geste, le réseau de neurones a appris les principes de coordination sous-jacents : un premier réseau compare les mouvements du robot aux démonstrations de l'insecte, tandis qu'un second apprend une structure de récompense favorisant un comportement similaire. Le contrôleur exploite l'orientation du corps, les angles articulaires et le contact au sol de chaque patte pour piloter les 18 moteurs du robot. Résultat marquant : la combinaison AIRL plus récompense de vitesse avant atteint une stratégie de marche exploitable en 70 000 pas d'entraînement, contre 200 000 pour un réglage de récompense basé uniquement sur la vitesse. Un test préliminaire a aussi été mené sur un robot RedMirror physique, avec des patterns de coordination qualitativement similaires à la simulation.
Cette approche s'attaque à une limite connue des systèmes de démarche robotique classiques, qui reposent sur des motifs fixes, des paramètres réglés à la main et des récompenses prédéfinies, peu robustes face à un terrain inconnu. Entraîné uniquement sur du terrain plat, le robot a continué à marcher sur sol irrégulier avec une vitesse d'avancement à peine réduite, en adoptant une démarche plus ondulatoire adaptée aux surfaces accidentées. Plus significatif encore pour les intégrateurs industriels, le contrôleur a su se réorganiser après la désactivation simulée d'une patte, redistribuant la charge sur les cinq restantes sans reprogrammation. Autre résultat utile en pratique : la structure de récompense apprise par AIRL, contrairement à la politique de marche elle-même, s'est transférée avec succès à un second modèle de robot aux proportions et actionneurs différents, là où un transfert direct de la politique échouait. Cela suggère une voie pour réduire le coût d'adaptation d'un contrôleur bio-inspiré d'une plateforme robotique à une autre, un point clé pour les fabricants de robots multi-pattes destinés aux environnements non structurés, zones sinistrées ou terrains où les robots à roues ou l'AMR classique peinent à circuler.
Ce travail s'inscrit dans un courant de recherche en robotique bio-inspirée qui cherche à dépasser les limites du contrôle de marche programmé manuellement, en s'appuyant sur l'apprentissage par imitation à partir de données animales plutôt que sur des générateurs de trajectoire ou des règles de démarche codées à la main. Il reste à ce stade une démonstration de recherche : les tests sur robot physique sont qualifiés de préliminaires par les auteurs eux-mêmes, et l'essentiel des résultats quantitatifs (vitesse, stabilité, transfert inter-robots) provient de simulation. Aucun calendrier de déploiement industriel, partenariat commercial ou montant de financement n'est mentionné. La suite logique annoncée par les chercheurs porterait sur la validation plus poussée en conditions réelles et l'extension de la méthode de transfert de récompense à d'autres morphologies de robots à pattes.




