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Votre robot est-il vraiment écologique ? Et autres questions gênantes
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Votre robot est-il vraiment écologique ? Et autres questions gênantes

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Résumé IASource uniqueImpact UE

Présenté lors d'ICRA en juin, le projet Robotics Eco-Label, piloté par Bram Vanderborght de la Vrije Universiteit Brussel (Belgique), propose un outil web léger pour quantifier l'empreinte environnementale des robots sur l'ensemble de leur cycle de vie, de l'extraction de terres rares jusqu'à la fin de vie. Le toolkit décompose un robot en sept catégories (matériaux, sources d'énergie, capteurs, processeurs, actionneurs, conception, recyclabilité) évaluées selon cinq métriques : conservation des ressources, prolongation du cycle de vie, empreinte carbone, efficacité énergétique et circularité. Ces scores sont combinés dans une matrice pondérée pour produire un Eco-Score de 0 à 100, avec un outil d'autoévaluation interactif déjà accessible en ligne. Le projet fait partie d'une série d'initiatives financées par les IEEE RAS Sustainability Grants, dont une seconde, dirigée par Antun Skuric, a développé une plateforme open-source pour dimensionner les cobots : l'utilisateur définit l'espace de travail, la charge utile (payload) et la trajectoire requis, et l'outil identifie le robot de masse minimale capable de répondre au besoin, avec visualisation interactive de l'espace atteignable et des configurations. Une troisième initiative, SolarPeer 360, menée par Umar Adetola Abdulganiyy, étudiant à la Federal University of Technology de Minna (Nigeria), applique la robotique solaire à la pauvreté énergétique qui prive plus de 90 millions de Nigérians d'un accès fiable à l'électricité.

Ces initiatives répondent à un angle mort du secteur : la robotique se vend souvent comme un outil de durabilité (nettoyage de rivières, tri des déchets, inspection d'infrastructures renouvelables) sans que personne ne mesure le coût environnemental de fabrication et d'exploitation des robots eux-mêmes. En donnant aux ingénieurs et aux acheteurs un score comparable, l'Eco-Label pourrait devenir un argument concurrentiel pour les fabricants et un critère d'achat pour les intégrateurs, sur le modèle d'une étiquette énergétique appliquée à la robotique industrielle. L'outil de Skuric cible un problème plus concret pour les décideurs B2B : la surspécification, c'est-à-dire l'achat de robots plus gros ou plus capables que nécessaire, qui gonfle inutilement le coût matériel, l'empreinte énergétique et l'usure sur toute la durée de vie d'un cobot. Ces deux projets partagent toutefois une limite : les pondérations utilisées pour calculer l'Eco-Score ne sont pas encore fixées, ce qui en fait pour l'instant des prototypes de recherche plutôt que des standards industriels prêts à l'emploi.

Ces travaux s'inscrivent dans l'effort plus large de l'IEEE Robotics and Automation Society pour faire de la durabilité un axe visible de la recherche, de l'enseignement, de la conception et du déploiement en robotique, via son programme de Sustainability Grants dont plusieurs lauréats ont été présentés à ICRA en juin. Contrairement aux standards environnementaux déjà matures dans l'électronique grand public ou l'automobile, la robotique ne disposait jusqu'ici d'aucun outil dédié pour chiffrer son empreinte, un vide que l'équipe de Vanderborght cherche à combler en ajoutant des fonctionnalités communautaires permettant aux chercheurs de comparer leurs approches et de partager des études de cas. La suite dépendra en grande partie de la capacité du consortium à fixer des pondérations consensuelles pour l'Eco-Score et à obtenir une adoption au-delà du cercle académique, tandis que SolarPeer 360, encore à un stade universitaire au Nigeria, montre que cette réflexion sur la durabilité s'étend désormais au-delà des laboratoires occidentaux vers des contextes où la robotique pourrait directement contribuer à réduire la pauvreté énergétique.

Impact France/UE

Le projet Eco-Label est pilote par la Vrije Universiteit Brussel (Belgique) via les IEEE RAS Sustainability Grants et pourrait donner aux intégrateurs et acheteurs européens un premier critère standardise pour comparer l'empreinte environnementale des robots industriels.

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La robotique doit répondre aux grands défis écologiques et sociétaux
1Robot Magazine FR 

La robotique doit répondre aux grands défis écologiques et sociétaux

La France et l'Europe doivent-elles suivre la course technologique américano-chinoise en robotique, ou tracer une voie différente ? C'est la question que traite un entretien accordé à Robot Magazine par Catherine Simon, Conseillère Numérique Industriel pour la 5G, l'électronique et la robotique au Secrétariat général pour l'investissement (SGPI). Elle y retrace l'évolution de la robotique depuis les premières éditions du salon Innorobo, où les robots déployés restaient des outils industriels spécialisés pour des tâches répétitives en environnement contrôlé, malgré une diversité déjà réelle d'applications allant du médical à la logistique, en passant par l'agriculture et l'exploration en milieu extrême. Elle situe la rupture actuelle dans la convergence de l'IA générative et de la Physical AI, qui fait basculer la robotique vers le statut de « General Purpose Technology ». Elle identifie quatre moteurs de cette transformation : l'agentification autonome, qui permet une prise de décision en temps réel sans intervention humaine ; la perception multimodale combinant vision, toucher et audition ; l'apprentissage actif et par renforcement ; et l'intégration de modèles de langage (LLM) pour une interaction vocale et gestuelle plus naturelle, y compris pour des utilisateurs non experts. Ce cadrage est significatif pour les industriels et décideurs européens, car il formalise une ligne de démarcation stratégique avec les États-Unis et la Chine. Catherine Simon pointe la logique technocentrée de ces deux puissances, illustrée par des démonstrations de robots humanoïdes effectuant des saltos ou courant des marathons, des vitrines qu'elle distingue implicitement d'une réponse à un besoin réel. Elle plaide pour une approche inverse en France et en Europe, tirée par la demande des secteurs économiques stratégiques et par les urgences environnementales et sociétales, plutôt que par la course à la performance technique pour elle-même. Pour un intégrateur ou un COO industriel, ce positionnement suggère que les financements publics français chercheront à prioriser des marchés à besoins massifs et avérés plutôt qu'à soutenir des démonstrations robotiques spectaculaires sans débouché immédiat. Cette prise de position s'inscrit dans la mission du SGPI, qui pilote une partie des investissements technologiques de l'État français, dans un contexte de compétition mondiale sur l'IA physique et les humanoïdes largement dominée jusqu'ici par les annonces américaines et chinoises. Catherine Simon défend l'idée que la France et l'Europe disposent d'un écosystème complet, grands groupes industriels, PME innovantes, laboratoires de recherche et compétences techniques en matériel comme en logiciel, pour construire une offre compétitive. L'entretien ne comporte toutefois aucune annonce de produit, de pilote industriel ni de calendrier de déploiement précis : il s'agit d'une déclaration d'orientation stratégique destinée à peser sur les priorités d'investissement public, pas d'un bilan de réalisations. La suite qu'elle esquisse consiste à identifier les marchés porteurs où cet écosystème franco-européen pourrait se positionner face aux acteurs nord-américains et chinois.

UECette prise de position du SGPI vise a orienter les futurs financements publics français vers des marches robotiques a besoins avares plutôt que vers une course technologique face aux Etats-Unis et a la Chine.

FR/EU ecosystemeOpinion
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Accenture, Vodafone et SAP testent des robots humanoïdes en entrepôt
2Robotics Business Review 

Accenture, Vodafone et SAP testent des robots humanoïdes en entrepôt

Accenture, Vodafone Procure & Connect et SAP ont mené un pilote de robotique humanoïde dans l'entrepôt de Vodafone à Duisburg, en Allemagne, dont les résultats ont été présentés à Hannover Messe 2026. Durant ce programme, les robots recevaient leurs missions d'inspection directement via le système SAP Extended Warehouse Management (EWM) et effectuaient de manière autonome des rondes visuelles dans l'installation : détection de produits mal placés ou endommagés, évaluation de l'empilement des palettes et de la répartition des charges, repérage d'espaces de stockage sous-utilisés, identification de risques comme des obstacles dans les allées ou des palettes mal alignées. Les conclusions étaient remontées en temps réel dans le système SAP. Les robots sont équipés de la solution "Robot Brain" d'Accenture, entraînés dans des jumeaux numériques construits via l'Accenture Physical AI Orchestrator, lui-même basé sur NVIDIA Omniverse, le blueprint NVIDIA Mega et les outils NVIDIA Metropolis pour la vision IA. Ils interagissent avec les opérateurs par la voix, les gestes et le texte. Un point à noter : aucun modèle de robot humanoïde n'est communiqué dans les annonces officielles, et aucune métrique de performance -- charge utile, degrés de liberté, temps de cycle -- n'a été publiée. L'intérêt de ce pilote réside moins dans la prouesse robotique que dans la démonstration d'une intégration native avec un WMS standard du marché. SAP EWM équipe une grande partie des opérations logistiques mondiales : si cette interface tient à l'échelle, elle réduit considérablement la friction d'adoption pour les grands acteurs industriels, qui n'auront pas à refondre leur SI existant. Pour les COO logistiques, les arguments avancés -- réduction des accidents de travail, des heures supplémentaires et de la dépendance à l'intérim -- sont bien plus concrets que la promesse de l'"IA physique". Vodafone Procure & Connect va plus loin en évoquant explicitement un futur "business de solutions de main-d'oeuvre humanoïde", ce qui signale une ambition de monétiser l'expérience acquise au-delà de l'usage interne -- un signal que les intégrateurs et les investisseurs du secteur logistique devraient noter. Ce pilote s'inscrit dans la stratégie d'Accenture de se positionner comme intégrateur de référence pour la robotique humanoïde en entreprise, en capitalisant sur son partenariat technologique avec NVIDIA. Dans un marché où Boston Dynamics déploie Stretch chez DHL et GXO, Figure AI a signé avec BMW, et Apptronik travaille avec Mercedes-Benz, Accenture joue la carte de la couche d'intégration SI plutôt que du hardware -- aucun fabricant de robot n'est nommé dans les communications, ce qui suggère soit une architecture hardware-agnostique, soit des partenariats encore confidentiels. Pour SAP, c'est une démonstration de la pertinence de l'EWM dans un monde de robots physiques autonomes. Les prochaines étapes restent vagues : une extension à la chaîne d'approvisionnement globale de Vodafone est évoquée, mais sans dates ni volumes cibles. Ce projet demeure, pour l'heure, un pilote présenté en salon -- pas encore un déploiement industriel confirmé.

UELe pilote en entrepôt Vodafone à Duisburg démontre une intégration native des robots humanoïdes avec SAP EWM, ERP dominant de la logistique européenne, ce qui pourrait réduire significativement la friction d'adoption pour les opérateurs industriels européens sans refonte de leur SI existant.

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SAP et Cyberwave déploient des robots autonomes à base d'IA dans un entrepôt logistique SAP
3Robotics & Automation News 

SAP et Cyberwave déploient des robots autonomes à base d'IA dans un entrepôt logistique SAP

SAP, premier éditeur mondial de logiciels ERP avec plus de 300 000 clients dans 180 pays, et Cyberwave, startup spécialisée en logiciels IA pour la robotique, ont annoncé le déploiement de robots autonomes alimentés par intelligence artificielle dans un entrepôt logistique SAP en activité. Le communiqué ne précise pas les caractéristiques techniques des robots (payload, degrés de liberté, temps de cycle), ni les volumes traités, ni la localisation géographique du site. Cette initiative s'inscrit dans la stratégie "Physical AI" que SAP a formellement annoncée en 2025. Ce déploiement est notable parce qu'il marque un glissement de rôle pour SAP : l'éditeur ne se contente plus de fournir les logiciels WMS (Warehouse Management System) qui orchestrent la logistique, il opère désormais directement des robots autonomes dans ses propres installations. Pour les intégrateurs et les DSI industriels, cela pose une question concrète : SAP cherche-t-il à absorber la couche middleware robotique dans sa suite, réduisant la marge de manoeuvre des spécialistes tiers ? La distinction entre annonce de déploiement et mise en production pérenne reste à confirmer, le communiqué ne donnant pas de métriques opérationnelles vérifiables. Cyberwave, fondée pour développer des couches logicielles d'autonomie pour robots industriels, s'appuie ici sur l'intégration native avec l'écosystème SAP comme argument commercial différenciant. Dans l'espace AMR pour entrepôts, la concurrence est dense : Exotec (France, déjà déployé chez Decathlon et Fnac-Darty), Locus Robotics, Körber et Boston Dynamics se disputent les grands comptes. L'absence de chiffres concrets dans cette annonce invite à attendre une communication plus étoffée avant d'évaluer l'impact réel du partenariat.

UESAP, éditeur ERP allemand au cœur des systèmes logistiques européens, amorce une intégration verticale vers la couche robotique physique qui pourrait réduire la marge de manœuvre des intégrateurs tiers et forcer les DSI industriels européens à reconsidérer leur architecture middleware.

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Danser avec REEM-C : une étude de communication physique et sociale entre robot et humain
4arXiv cs.RO 

Danser avec REEM-C : une étude de communication physique et sociale entre robot et humain

Une équipe de recherche publie une étude actualisée (arXiv:2408.05301, version 3) consacrée à la communication physique et sociale entre un robot humanoïde et un humain, testée à travers un scénario de danse en couple. La plateforme humanoïde à corps complet REEM-C, développée par l'entreprise espagnole PAL Robotics, tient le rôle du meneur et guide un partenaire humain en lui signalant les prochains pas via trois canaux de communication, haptique (contact physique), visuel et audio, utilisables seuls ou combinés. Pour cela, les chercheurs ont conçu une architecture de contrôle du corps entier scindée en deux : le haut du corps combine contrôle en admittance et en impédance pour gérer le contact physique avec le partenaire, tandis que le bas du corps reste en contrôle de position pour assurer l'équilibre et l'exécution des pas. Des expériences menées avec des participants humains ont permis de vérifier les performances du contrôleur et de comparer l'efficacité perçue et le confort des différentes modalités de communication. L'interaction physique-sociale homme-robot (psHRI) reste un point faible de la robotique humanoïde actuelle : la plupart des plateformes évitent le contact physique direct avec un humain ou le gèrent de façon rigide, ce qui limite les scénarios de collaboration rapprochée comme le guidage physique, l'assistance à la mobilité ou le co-portage de charges. En testant un robot qui initie et maintient un contact physique continu pour transmettre de l'information, l'étude sort du cadre habituel des démonstrations de manipulation ou de locomotion isolées et s'attaque directement à la lisibilité de l'intention robotique en contact rapproché. Pour les intégrateurs et chercheurs en robotique collaborative, les résultats sur la modalité jugée la plus efficace et la plus confortable, au-delà de la seule faisabilité technique du contrôleur, offrent des repères concrets pour concevoir des interfaces physiques en usine, en logistique ou en assistance à la personne, où le geste doit rester intuitif sans effort cognitif pour l'humain. REEM-C est la plateforme de recherche humanoïde de PAL Robotics, entreprise basée à Barcelone, déjà utilisée dans de nombreuses études académiques d'interaction homme-robot avant ce travail sur la danse meneur-suiveur. Cette publication s'inscrit dans un contexte où la majorité des annonces humanoïdes récentes, qu'il s'agisse de Figure 03, d'Optimus ou d'autres plateformes commerciales, mettent l'accent sur la manipulation autonome et la marche plutôt que sur la communication physique fine avec un partenaire humain. Il s'agit ici d'un travail de recherche académique, article arXiv en version révisée et non d'un produit commercialisé ni d'un déploiement industriel, dont l'objectif est de poser des bases méthodologiques pour des contrôleurs psHRI plus lisibles. Les auteurs évoquent des prolongements possibles vers d'autres scénarios de guidage physique au-delà de la danse, où ce type de communication multimodale pourrait s'appliquer à la rééducation ou à l'accompagnement de personnes à mobilité réduite.

UEPAL Robotics (Barcelone, Espagne) fait progresser via cette étude académique l'interaction physique homme-robot, un savoir-faire européen directement transférable a l'industrie, la logistique et l'assistance a la personne en UE.

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