
Dans quelle mesure le niveau d'obésité perçu des robots humanoïdes influence-t-il la confiance que leur accordent les personnes ?
Une étude publiée sur arXiv (version 2, remplaçant une préversion antérieure) s'attaque à une question inédite en interaction humain-robot: l'influence du niveau d'obésité perçu d'un robot humanoïde sur la confiance qu'on lui accorde. Les chercheurs soulignent d'abord un problème méthodologique: l'indice de masse corporelle (IMC), outil standard pour mesurer l'obésité chez l'humain, n'a aucun sens appliqué à un robot. Ils ont donc conçu une étude intra-sujets où des participants répondaient à un questionnaire en ligne préalablement validé tout en visualisant deux images de robots humanoïdes, l'un présentant une corpulence standard, l'autre une corpulence perçue comme élevée. Résultat principal: les robots perçus comme moins "obèses" recueillent une confiance significativement plus élevée que leurs équivalents à corpulence perçue plus forte.
Pour l'industrie robotique, ce travail ajoute une variable de design largement ignorée jusqu'ici. Les travaux antérieurs en HRI avaient déjà établi que la taille ou la hauteur d'un robot modifient la confiance perçue, mais jamais la silhouette ou la corpulence n'avait été isolée comme facteur. Pour les fabricants de robots humanoïdes destinés à l'entrepôt, au domicile ou aux services d'accueil, ce résultat suggère que les choix esthétiques de carrosserie et de proportions corporelles pèsent sur l'acceptation utilisateur au même titre que des spécifications fonctionnelles comme la charge utile ou le nombre de degrés de liberté. Cela invite aussi à développer des échelles perceptuelles spécifiques aux robots, puisque les métriques humaines classiques comme l'IMC ne se transposent pas.
Sur le plan méthodologique, l'étude s'appuie sur une comparaison contrôlée de deux images plutôt que sur une interaction avec des robots physiques, une approche peu coûteuse pour un premier tri de morphologies mais qui laisse ouvertes des questions de réplication en conditions réelles, de biais culturels dans la perception de la corpulence, et d'effets à long terme lors d'interactions répétées. Elle s'inscrit dans une littérature HRI encore jeune sur les déterminants visuels de la confiance envers les robots, aux côtés des travaux sur la taille, le genre perçu ou le degré d'anthropomorphisme, et ouvre la voie à des études de suivi sur des prototypes physiques plutôt que des images statiques.
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