
Ces mini-drones sont propulsés par le son
Des chercheurs du MicroBioRobotic Systems (MICROBS) Lab, au sein de l'École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), ont mis au point des microrobots propulsés uniquement par des ondes sonores, exploitant le phénomène de résonance de Helmholtz, celui qui produit le son grave quand on souffle sur le goulot d'une bouteille. L'équipe, dirigée par Selman Sakar avec Junsun Hwang comme premier auteur, a conçu des cavités creuses, rondes ou en forme de cloche, dans lesquelles les ondes sonores font osciller l'air jusqu'à créer un jet directionnel générant une poussée. Ces structures peuvent être fabriquées en plastique d'impression 3D classique, en polymères souples ou en verre. À l'échelle centimétrique, l'équipe a construit de petits bateaux dotés de jusqu'à trois cavités accordées sur des fréquences audibles distinctes, permettant de les diriger et de les faire naviguer de manière autonome en modulant la fréquence émise par un haut-parleur. Par nanoimpression 3D, les chercheurs ont aussi fabriqué des "microfliers", des véhicules volants ultralégers actionnés par ultrasons inaudibles. L'un, pesant seulement 150 microgrammes, génère une poussée verticale directe façon fusée ; un autre combine les cavités avec de minuscules pales tournant jusqu'à 13 000 tours par minute pour produire une portance de type hélicoptère. Les travaux sont publiés dans Science Advances en 2026.
Cette approche marque une rupture par rapport aux techniques acoustiques précédentes, qui se limitaient à faire léviter des objets passifs dans les airs sans les propulser activement. En éliminant moteurs, engrenages et composants magnétiques, la méthode ouvre la voie à des microrobots extrêmement légers et miniaturisables, un enjeu clé pour la robotique à micro-échelle où l'intégration d'actionneurs conventionnels reste un goulot d'étranglement majeur. Pour les laboratoires de recherche en microrobotique et en aéronautique, cette démonstration prouve la faisabilité d'un nouveau paradigme d'actionnement sans fil, potentiellement pertinent pour des applications futures comme l'inspection à très petite échelle ou des essaims de dispositifs réactifs à des signaux acoustiques externes. Il s'agit toutefois pour l'instant d'une preuve de concept en laboratoire, testée sur des prototypes centimétriques et microscopiques, et non d'un système déployé ou commercialisé.
Le MICROBS Lab de l'EPFL travaille sur les systèmes microrobotiques biologiquement inspirés, un domaine où plusieurs équipes explorent depuis des années des méthodes d'actionnement alternatives aux moteurs miniatures classiques, notamment la lévitation acoustique pour manipuler des objets sans contact. La nouveauté ici réside dans le passage d'un rôle passif du son à un rôle activement propulsif intégré à la structure même du robot. Les auteurs évoquent des perspectives de poursuite des recherche, notamment l'intégration de plusieurs structures sonores-réactives dans un seul dispositif flexible, chacune répondant à une fréquence différente, ce qui permettrait de créer des robots aérodynamiques capables de changer de forme en réponse au son. Aucun calendrier de développement industriel ni partenaire de déploiement n'est mentionné à ce stade, l'innovation restant au stade de la recherche fondamentale publiée dans Science Advances.
Cette recherche fondamentale est menee par le MICROBS Lab de l'EPFL en Suisse, ce qui renforce le rayonnement de la recherche europeenne en microrobotique, sans impact industriel ou reglementaire direct sur la France/UE a ce stade.




