
La Chine dévoile BioflexBot, un bras robotique 3,5 fois plus extensible qu'une main humaine pour les espaces confinés
Des chercheurs chinois ont présenté BioflexBot, une main robotique capable d'enfiler une aiguille d'acupuncture, de manipuler une pipette de laboratoire et de dévisser un bouchon de bouteille en tournant près de quatre fois plus loin qu'une main humaine, sans reproduire l'anatomie complexe de la main biologique. Développé par une équipe dirigée par Yingtian Li, aujourd'hui à la Chinese University of Hong Kong à Shenzhen, le prototype repose sur un ressort en spirale enfermé dans une coque de contrainte et actionné par de l'air comprimé, avec seulement deux entrées pneumatiques pour produire pincement, rotation, crochetage et préhension. Lors des essais, la main a manipulé une aiguille d'acupuncture, transféré du liquide à la pipette, ouvert un bouchon de bouteille avec une amplitude de rotation quasi quadruplée par rapport à une main humaine, et saisi des objets jusqu'à 13 fois plus grands que ceux gérés par des systèmes robotiques comparables. Sa course d'extension et de contraction atteint 3,5 fois celle d'une main humaine. Trois démonstrations ont validé son usage pratique : inspection de pales d'aéroréacteur, intégration sur une plateforme humanoïde pour des tâches du quotidien, et manipulation d'équipements délicats lors d'une expérience de chimie. L'étude a été publiée dans la revue Advanced Science.
Cette approche, qui recrée les mouvements essentiels de la main plutôt que sa forme, tranche avec la tendance dominante en robotique dextre consistant à répliquer doigts, articulations, tendons et muscles biologiques, une complexité mécanique qui alourdit les coûts et complique le contrôle. En réduisant l'actionnement à deux entrées pneumatiques, BioflexBot promet une intégration plus simple et moins coûteuse sur des plateformes existantes, un argument qui parle directement aux intégrateurs et décideurs industriels cherchant à équiper des robots humanoïdes ou des bras manipulateurs sans multiplier moteurs et boucles de contrôle. Sa capacité à saisir des objets de tailles très variées et à opérer dans des espaces confinés grâce à son allongement accru ouvre des cas d'usage concrets en maintenance aéronautique, en laboratoire et en environnements dangereux, là où les pinces industrielles classiques échouent. Le dispositif reste toutefois un prototype de laboratoire : les démonstrations, bien que variées, restent contrôlées, et l'écart avec un déploiement industriel autonome n'est pas comblé.
Le projet illustre une piste alternative face à des décennies de recherche en préhension robotique centrées sur l'imitation biomécanique de la main humaine, une voie jugée coûteuse et difficile à faire passer à l'échelle. En misant sur ce que les auteurs appellent l'intelligence structurelle et physique du matériau lui-même plutôt que sur la multiplication des actionneurs, l'équipe s'inscrit dans un mouvement plus large vers des organes de préhension simplifiés, low-cost, pensés pour équiper la vague de robots humanoïdes en développement en Chine. La prochaine étape annoncée par les chercheurs consiste à transformer ce mécanisme passif en une plateforme entièrement automatisée, capable de percevoir son environnement, de sélectionner elle-même les mouvements adaptés et d'exécuter des tâches complexes sans supervision humaine continue, une condition nécessaire avant tout déploiement réel hors du laboratoire.




