
RL-100 entraîne des robots à réussir 1 000 tâches réelles avec 100 % de succès à chaque fois
Des chercheurs de l'Institut Shanghai Qi Zhi ont développé RL-100, un framework d'entraînement ayant atteint un taux de réussite de 100 % sur 1 000 épisodes de test consécutifs menés avec de vrais robots. Sur plusieurs tâches, les robots entraînés ont égalé, voire dépassé en rapidité, des téléopérateurs humains qualifiés. Lors d'un déploiement public, un robot utilisant ce système a fait fonctionner une station de pressage d'oranges pendant environ sept heures sans interruption ni échec. L'entraînement se déroule en trois étapes : d'abord un apprentissage par imitation à partir de vidéos de démonstrations humaines, qui donne au robot une base de compétences mais ne couvre pas tous les scénarios d'échec possibles ; ensuite un apprentissage par renforcement hors ligne, où un mécanisme intégré vérifie chaque mise à jour et rejette celles susceptibles de dégrader la politique déjà acquise ; enfin une phase d'apprentissage par renforcement en ligne, plus réduite, destinée à corriger les cas rares qui n'apparaissent qu'en conditions réelles. Le contrôleur repose sur une approche par diffusion, distillée en une version à une seule étape pour accélérer la fréquence de contrôle sans perte de performance. L'équipe a testé le système sur différentes mains et pinces robotiques, sur des tâches impliquant matériaux déformables, liquides et matériaux granulaires, certaines nécessitant une coordination des deux mains. Les chercheurs ont mesuré, au-delà du taux de réussite, le temps d'exécution, la résistance aux perturbations physiques, l'adaptation à de nouveaux environnements et la tenue en fonctionnement prolongé. Les travaux ont été publiés dans la revue Science Robotics.
Le point que l'équipe met le plus en avant n'est pas le score parfait de 100 %, mais le fait que les robots entraînés soient devenus, dans certains cas, plus rapides que les humains dont ils avaient appris les gestes par démonstration. Kun Lei, premier auteur de l'étude, souligne qu'un robot réussissant neuf fois sur dix peut sembler impressionnant en laboratoire mais reste insuffisamment fiable pour un usage réel. Cette distinction est centrale pour l'industrie : elle suggère qu'un robot n'est pas condamné à plafonner au niveau des démonstrations initiales et peut, via l'expérience accumulée, dépasser leur couverture et leur efficacité. Le run de sept heures sur la station à jus d'orange illustre un test différent des quelques dizaines d'essais habituels en laboratoire, et s'attaque directement à l'écart sim-to-real, l'un des obstacles centraux du déploiement de robots humanoïdes et manipulateurs en environnement réel, au-delà des démonstrations scénarisées.
RL-100 s'inscrit dans la course actuelle à des architectures robuste combinant apprentissage par imitation et renforcement, à mesure que les VLA (vision-language-action) montrent leurs limites en généralisation. L'équipe prévoit d'étendre l'approche à des modèles VLA de plus grande taille, sur des environnements plus complexes et des tâches à horizon plus long, avec l'objectif de réduire la supervision humaine nécessaire pendant l'entraînement en conditions réelles.




