
Sensibilisation bimanuelle avec 8 Go de mémoire : détection à copie nulle et ACT quantifié sur un Jetson d'entrée de gamme
Un système de manipulation bimanuelle SO-101 fonctionne intégralement sur un NVIDIA Jetson Orin Nano Super (8 Go), l'entrée de gamme de la ligne embarquée de Nvidia, une RTX 3070 de bureau ne servant qu'à l'entraînement hors ligne, sur une tâche de préhension-dépôt d'un sac à billes déformable. Un pipeline GStreamer à buffers NVMM supprime les copies redondantes des trois flux caméra ; contre l'hypothèse de départ, la mémoire n'était pas le facteur limitant, mais le zero-copy réduit l'utilisation crête d'un cœur CPU de 98,0% à 77,0% et la latence pire-cas de 117,31 ms à 101,52 ms. Sur les mêmes démonstrations, ACT (100 000 pas d'entraînement) atteint 19 succès sur 20 essais, contre 0 sur 10 pour Diffusion Policy (200 000 pas). Converti en TensorRT, ACT passe de 114,02 ms à 17,93 ms en FP16 (6,4x) puis 12,65 ms en INT8 (9,0x), sans perte de réussite (19/20, 18/20, 19/20).
Ces résultats déplacent le vrai goulot d'étranglement du déploiement embarqué : pas la mémoire, mais le calcul CPU et la latence pire-cas, un critère central pour les intégrateurs visant du matériel bas coût plutôt que des GPU de datacenter. L'écart net entre ACT et Diffusion Policy, à budget d'entraînement comparable, questionne la préférence actuelle du secteur pour les politiques de diffusion et pourrait orienter les équipes robotiques vers des architectures plus simples pour un déploiement rapide. La quantification INT8 sans perte de fiabilité démontre qu'une politique de type VLA peut tourner en temps réel sur du matériel d'entrée de gamme, un argument concret contre le scepticisme habituel sur l'écart entre démonstration en labo et usage réel.
Ce travail comble un manque documenté : les politiques bimanuelles sont presque toujours évaluées sur des postes de travail ou des GPU de datacenter, laissant le coût réel du portage embarqué largement inconnu, un angle mort face aux communications des fabricants de robots humanoïdes comme Figure ou Optimus, peu diserts sur leurs contraintes de calcul embarqué. Les auteurs documentent aussi deux résultats inédits sur ACT : la calibration INT8 générique de TensorRT quantifie le squelette ResNet18 mais n'accepte aucune des 145 couches du transformer, ce qui explique un gain de taille négligeable (0,9%) malgré 28% de latence en moins ; et le besoin de quantification dépend du chunking d'action, une politique restant utilisable en pleine précision à 100 pas d'action mais pas avec un ré-échantillonnage à chaque pas (temporal ensembling).




