
Dark Horse Muka Robotics défie WorldArena avec seulement 32 GPU Zhenwu 810E : le modèle du monde LJM décroche la deuxième place mondiale, redéfinissant la percée de la qualité vidéo à la logique physique
Muka Robotics, une startup fondée il y a seulement quatre mois, s'est hissée à la deuxième place mondiale du classement WorldArena grâce à son modèle LJM, entraîné et testé sur seulement 32 GPU Zhenwu 810E, soit une fraction du calcul mobilisé par des concurrents mieux dotés en infrastructure. Sur le benchmark de manipulation LIBERO, LJM obtient un score de 89,17 en qualité de mouvement, 92,60 en précision 3D et 85,93 en contrôlabilité. Détail notable, la soumission a été déposée de façon anonyme sous le pseudonyme SisyphusWorld, une pratique qui mérite d'être signalée puisqu'elle empêche toute vérification indépendante immédiate des conditions de test avant la levée d'anonymat. L'équipe est dirigée par Chi Xiaowei et rassemble des chercheurs issus du MMLab, de Tsinghua et de l'université de Pékin (PKU).
Le résultat intéresse le secteur parce qu'il attaque un problème structurel des modèles du monde utilisés pour la robotique : les modèles de diffusion vidéo classiques optimisent la texture des pixels au détriment de la compréhension physique du point de contact entre la pince et l'objet manipulé, soit 1 % de l'image mais l'information la plus critique pour l'action. LJM introduit une architecture à deux experts : un expert de raisonnement latent, basé sur Qwen3-VL-2B, qui simule dans un espace continu ce qui se produit lorsque la pince se referme et déplace l'objet, à partir des instructions, de l'historique visuel et de la séquence d'actions prévue ; un expert de rendu, basé sur Wan2.2-TI2V-5B, qui traduit ensuite ce raisonnement en images vidéo réalistes. Chaque token de raisonnement doit prédire simultanément trois grandeurs dérivées des données d'entraînement réelles, la position 3D de l'effecteur terminal, les changements d'état visuel de la scène et le flux optique par pixel, ce qui contraint le modèle à ne pas halluciner de résultats physiquement impossibles. Les deux experts communiquent en continu via une attention partagée de type Mixture-of-Transformers, plutôt que par un simple passage séquentiel d'information.
Cette approche illustre une dynamique plus large dans l'écosystème chinois de l'IA, où les contraintes d'accès aux GPU les plus puissants poussent certaines équipes à privilégier l'innovation architecturale plutôt que la seule puissance de calcul brute. Elle s'inscrit dans la lignée des travaux sur les modèles monde pour la manipulation robotique, aux côtés d'acteurs comme Physical Intelligence (Pi-0) ou NVIDIA (GR00T N2). Il faut toutefois garder à l'esprit qu'il s'agit à ce stade d'un résultat de classement sur benchmark et de simulation, pas d'un déploiement sur robot physique en conditions réelles : la validation en environnement industriel reste l'étape suivante à surveiller.
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