Aller au contenu principal
Les experts réagissent aux restrictions de la FCC sur les importations de robots humanoïdes et mobiles aux États-Unis
RegulationRobotics Business Review 

Les experts réagissent aux restrictions de la FCC sur les importations de robots humanoïdes et mobiles aux États-Unis

1 source couvre ce sujet·Source originale ↗·
Résumé IASource uniqueImpact UE

La Federal Communications Commission (FCC) a annoncé cette semaine, sur mandat d'un organe interagences convoqué par la Maison-Blanche, la restriction des importations aux États-Unis de certains robots mobiles fabriqués à l'étranger, notamment les humanoïdes et les quadrupèdes, ainsi que des onduleurs de puissance connectés utilisés dans leurs articulations. La commission juge que ces "dispositifs robotiques avancés" présentent des "risques inacceptables pour la sécurité nationale", en raison de vulnérabilités de chaîne d'approvisionnement et de cybersécurité pouvant affecter les infrastructures critiques américaines. Une exemption existe toutefois pour les robots et onduleurs ayant reçu une approbation conditionnelle du Département de la Guerre ou du Département de la Sécurité intérieure. La mesure ne s'applique ni aux appareils déjà acquis, ni aux modèles ayant déjà obtenu une autorisation FCC, ni aux achats fédéraux ; les mises à jour logicielles de systèmes étrangers restent possibles via une dérogation. La FCC s'appuie sur le précédent des restrictions déjà imposées aux drones et à leurs composants critiques, secteur où les États-Unis tentent de reconstruire une capacité de production perdue face à la Chine il y a une dizaine d'années.

Cette décision marque, selon Evan Beard, PDG de Standard Bots, "l'une des actions de sécurité technologique les plus fortes de l'histoire américaine récente" : elle signale que la robotique est un domaine que les États-Unis entendent dominer sans laisser des robots subventionnés par des États étrangers écraser la concurrence, comme cela s'est produit dans le solaire. Standard Bots (Glen Cove, New York), qui a levé 200 millions de dollars en série C le mois dernier pour étendre sa production américaine, avait plaidé pour ce type de mesure auprès de la Maison-Blanche et du Congrès, tout comme le fabricant d'humanoïdes Agility Robotics (Salem, Oregon). Pour les intégrateurs et décideurs industriels, le signal est clair : la course aux humanoïdes ne se limite plus à la performance technique, elle devient un enjeu de politique industrielle et de cybersécurité, avec un risque réel de fragmentation de l'offre entre fournisseurs américains et chinois.

L'inquiétude sécuritaire n'est pas nouvelle : Robert Little, ancien responsable de la stratégie robotique chez Novanta et lauréat 2026 des Joseph F. Engelberger Robotics Awards, rappelle que des chercheurs avaient découvert une porte dérobée dans des robots Unitree, certains modèles transmettant des données vers des serveurs en Chine à l'insu de leurs propriétaires. Unitree a déposé en mars une demande d'introduction en bourse en Chine évaluée à 610 millions de dollars. Selon Little, l'administration américaine considère que le risque dépasse une entreprise isolée, du fait de l'autorité exercée par le gouvernement chinois sur les sociétés opérant sur son sol, en plus des subventions massives faussant la concurrence. La FCC présente sa règle comme neutre en matière de pays d'origine, tandis que le Département du Commerce étudie en parallèle des tarifs douaniers sur la robotique importée, les machines industrielles et les équipements de protection.

Impact France/UE

Cette restriction américaine sur les robots mobiles fabriques a l'étranger (notamment chinois) pourrait indirectement redistribuer les cartes du marche mondial de la robotique au profit de fabricants européens, mais aucune entreprise ou réglementation française/européenne n'est directement concernée par la mesure elle-même.

À lire aussi

La Chine menace de riposter après les restrictions américaines sur les importations de nouveaux robots humanoïdes étrangers
1Robotics & Automation News 

La Chine menace de riposter après les restrictions américaines sur les importations de nouveaux robots humanoïdes étrangers

La Chine a menacé de répliquer après que la Commission fédérale des communications (FCC) américaine a ajouté les robots humanoïdes et quadrupèdes étrangers avancés à sa "Covered List", une liste qui bloque l'homologation de nouveaux modèles sur le marché américain. Pékin, par la voix de son ministère du Commerce, a averti que cette mesure endommagerait les relations économiques et commerciales entre les deux premières économies mondiales. Le communiqué de la FCC ne détaille pas encore précisément quels fabricants ou quels modèles sont visés, mais la formulation cible explicitement les dispositifs robotiques "avancés" produits à l'étranger. Cette décision étend aux robots un mécanisme jusqu'ici réservé aux équipements télécoms et aux drones, avec Huawei, ZTE puis DJI comme précédents. Pour les intégrateurs et fabricants chinois comme Unitree, UBTech ou AgiBot, qui ont multiplié les annonces d'export ces derniers mois, l'accès au marché américain se complique nettement. À l'inverse, les acteurs américains du secteur, Figure AI, Apptronik ou Tesla avec Optimus, pourraient bénéficier d'une barrière protectionniste de facto sur un marché encore naissant, où la concurrence chinoise progresse vite en coût et en volume de production. Cette escalade s'inscrit dans la continuité des tensions technologiques sino-américaines déjà observées sur les semi-conducteurs et les terres rares, ces dernières étant justement des composants critiques pour les actionneurs des robots humanoïdes. Pékin dispose donc d'un levier de rétorsion direct via ses propres restrictions à l'export. Les prochaines étapes attendues sont une période de commentaires côté FCC et une possible réponse formelle chinoise, dont la nature reste à préciser.

RegulationReglementation
1 source
US : l'administration Trump interdit les importations de robots humanoïdes chinois
2Interesting Engineering 

US : l'administration Trump interdit les importations de robots humanoïdes chinois

Le 28 juillet, la Federal Communications Commission (FCC) américaine a ajouté deux nouvelles catégories d'équipements à sa « Covered List », la liste des technologies jugées trop risquées pour être autorisées sur le marché américain : les robots avancés (humanoïdes et quadrupèdes) fabriqués à l'étranger, et les onduleurs de puissance utilisés dans les centres de données, le stockage par batteries et les installations solaires, également fabriqués à l'étranger. L'annonce a été faite par le président de la FCC, Brendan Carr, sur X. Concrètement, tout nouveau robot humanoïde ou quadrupède importé devra obtenir une autorisation FCC préalable, ce qui exclut de facto la plupart des nouveaux modèles chinois du marché américain. Les appareils déjà autorisés avant cette décision restent commercialisables : il s'agit donc d'une restriction tournée vers l'avenir, pas d'un rappel de produits existants. Pékin a dénoncé une décision politisant le commerce sur la base de « prétextes sans fondement ». Par ailleurs, United Airlines et Delta ont récemment interdit les robots humanoïdes à bord de leurs vols commerciaux pour des raisons de sécurité opérationnelle, signe supplémentaire d'une méfiance croissante envers ces machines aux États-Unis. La mesure vise directement la domination chinoise dans la robotique humanoïde. Selon les données du secteur citées par Forbes, six des dix plus grands fabricants mondiaux de robots humanoïdes sont chinois (Agibot, Unitree, UBTech, Leju Robotics, Engine AI, Fourier Intelligence), et représentent environ 87 % des livraisons mondiales. En limitant l'accès au marché américain aux seuls modèles déjà approuvés, la FCC ralentit mécaniquement la capacité de ces acteurs à suivre le rythme d'innovation du secteur, où les générations de produits se succèdent rapidement. Pour les intégrateurs et décideurs B2B américains, la décision crée un environnement plus protégé pour les fabricants domestiques (Figure AI, Agility Robotics, Apptronik, 1X) qui montent en cadence de production, mais elle réduit aussi le choix disponible sur le marché US à court terme, dans un secteur où la Chine détenait jusqu'ici une avance commerciale nette. Cette décision s'inscrit dans une escalade plus large des tensions commerciales et technologiques entre Washington et Pékin, déjà marquée par des restrictions sur les semi-conducteurs et les technologies avancées. La FCC justifie l'inclusion des robots humanoïdes et des onduleurs par des risques de sécurité nationale : les robots, équipés de caméras, capteurs et connectivité réseau, pourraient selon elle servir à la surveillance, au renseignement ou au contrôle à distance par des acteurs hostiles, tandis que les onduleurs pourraient être exploités pour perturber les réseaux électriques, voler des données ou faciliter des cyberattaques. Reste à voir comment la FCC appliquera concrètement ce nouveau processus d'autorisation, et si les fabricants chinois tenteront de certifier leurs modèles avant sa pleine mise en œuvre ou se tourneront vers d'autres marchés moins restrictifs.

RegulationReglementation
1 source
MassRobotics dévoile les résultats de son sondage auprès des membres sur les restrictions de la FCC
3Robotics Business Review 

MassRobotics dévoile les résultats de son sondage auprès des membres sur les restrictions de la FCC

En juillet 2026, la Federal Communications Commission (FCC) a annoncé l'interdiction de nouveaux modèles de « dispositifs robotiques avancés » fabriqués à l'étranger, incluant robots mobiles et humanoïdes, invoquant des risques pour la chaîne d'approvisionnement et la cybersécurité. La règle vise les robots terrestres connectés de plus de 1,9 kg (4,4 livres), équipés de capteurs environnementaux comme le lidar ou des caméras, d'une connectivité d'au moins 200 kbps, et dotés de logiciels de navigation et de perception. Pour être qualifié de « fabriqué aux Etats-Unis », un robot doit compter 65 % du coût total de ses composants d'origine domestique, seuil que la FCC prévoit de relever à 75 % en 2029. Des exceptions existent pour les achats fédéraux et pour les entreprises obtenant une dérogation du Department of War (DoW), via un processus d'« approbation conditionnelle » qui prend de quatre à huit semaines. Bien qu'elle s'applique aux importations de tout pays, la mesure vise largement la Chine, qui a installé plus de la moitié des robots industriels mondiaux. Face à la confusion suscitée chez les fournisseurs, l'Association for Advancing Automation (A3) a organisé un webinaire avec le cabinet DLA Piper, tandis que l'organisation bostonienne MassRobotics a sondé en août 2026 quatorze entreprises de son écosystème, de startups à un seul fondateur jusqu'à des structures de plus de 200 employés. Résultat : 43 % des répondants jugent la mesure « bénéfique » ou « très bénéfique », exactement la même proportion la juge « préjudiciable » ou « très préjudiciable », et 14 % n'anticipent aucun impact. Cette scission quasi parfaite illustre comment cette politique redistribue les positions concurrentielles selon l'empreinte manufacturière de chaque acteur plutôt que selon sa taille. MassRobotics observe que « le sentiment suit de près l'empreinte manufacturière de l'entreprise » : les sociétés déjà productrices aux Etats-Unis y voient un avantage, celles dépendant même partiellement de chaînes d'approvisionnement étrangères la perçoivent comme une perturbation coûteuse. Une entreprise sondée anticipe un « sévère coup de pouce positif », une autre affirme devoir relocaliser son siège aux Etats-Unis, et 29 % des répondants ont des projets de relocalisation industrielle non encore engagés. Pour les intégrateurs et décideurs B2B, ce clivage confirme que la compétition robotique et humanoïde se joue désormais aussi sur la géographie de la supply chain : moteurs, capteurs, alimentations, convertisseurs DC/DC et bras robotiques restent largement sourcés en Asie de l'Est, exposant une large partie du secteur, y compris américain, à un risque de non-conformité. La demande la plus fréquente exprimée par les entreprises interrogées porte sur des réseaux d'approvisionnement de relocalisation vérifiés, signe que le secteur manque encore d'infrastructure de confiance pour opérer ce virage rapidement. Cette enquête s'inscrit dans une séquence réglementaire plus large lancée par l'annonce initiale de la FCC, depuis complétée par d'autres restrictions visant notamment de nouveaux robots grand public. Elle fait écho aux appels répétés d'organisations professionnelles, dont A3, en faveur d'une stratégie nationale de la robotique face aux menaces tarifaires et réglementaires. Les entreprises sondées redoutent aussi des représailles chinoises et d'être dépassées par des concurrents étrangers ayant déjà établi une présence industrielle américaine, ainsi qu'un possible retournement réglementaire autour des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. MassRobotics, l'un des principaux clusters et accélérateurs robotiques du pays, recommande aux pouvoirs publics et associations professionnelles d'adapter leur communication et leur accompagnement selon l'empreinte manufacturière de chaque entreprise plutôt que de traiter le secteur comme un bloc homogène. Aucune échéance n'a été communiquée pour un assouplissement de la règle avant le relèvement du seuil domestique à 75 % prévu en 2029, laissant le secteur dans une période prolongée d'incertitude réglementaire.

RegulationReglementation
1 source
Les États-Unis élargissent leur répression technologique envers la Chine avec un projet d'interdiction militaire des robots humanoïdes
4Interesting Engineering 

Les États-Unis élargissent leur répression technologique envers la Chine avec un projet d'interdiction militaire des robots humanoïdes

La Chambre des représentants américaine a adopté le National Defense Authorization Act (NDAA), le budget annuel de la défense, avec une disposition inédite visant les robots humanoïdes. La Section 163 du texte interdit au Pentagone d'acheter, de louer ou d'exploiter des systèmes robotiques humanoïdes liés à des pays désignés comme adversaires stratégiques, à savoir la Chine, la Russie et l'Iran. Cette clause s'inspire directement du GUARD Act (Guarding the US Against Adversarial Robotics Dominance), un projet de loi déposé l'an dernier par le représentant John Moolenaar, président de la commission spéciale de la Chambre sur la compétition stratégique entre les États-Unis et le Parti communiste chinois. Les élus justifient la mesure par des risques de sécurité nationale et de confidentialité des données, arguant que des systèmes autonomes étrangers pourraient collecter des informations sensibles ou introduire des vulnérabilités dans les opérations militaires. Selon Counterpoint Research, les fabricants chinois représentaient environ 80% des livraisons mondiales de robots humanoïdes en 2025. Cette restriction militaire élargit la liste des technologies chinoises déjà visées par Washington, après les semi-conducteurs, les équipements de télécommunications et les drones. Elle confirme que les robots humanoïdes sont désormais traités comme un enjeu stratégique à mesure qu'ils sortent des laboratoires pour entrer dans les usines, entrepôts et établissements de santé. Pour les intégrateurs et décideurs B2B, le signal est clair: Washington amorce une stratégie par étapes, en commençant par les usages militaires avant d'envisager des restrictions plus larges sur le marché civil. Les élus ont d'ailleurs présenté cette mesure comme "un premier pas", avertissant contre le risque de voir des acteurs chinois dominer le marché intérieur américain. Contrairement à la version initiale du GUARD Act, le texte finalement retenu dans le NDAA reste circonscrit au seul usage militaire. La proposition originale prévoyait d'inscrire les robots humanoïdes et quadrupèdes (les fameux "robots-chiens") fabriqués en Chine sur la "Covered List" de la Federal Communications Commission, ce qui aurait bloqué leurs autorisations de communication sans fil et, de fait, leur vente commerciale aux États-Unis. Cette disposition plus large n'a pas été retenue à ce stade, laissant intactes les importations et ventes privées. L'écosystème robotique chinois, porté par un soutien gouvernemental appuyé, une fabrication verticalement intégrée et des coûts de production réduits, continue ainsi de progresser sur le marché américain, du moins pour l'instant, tandis que le débat sur des restrictions commerciales plus larges devrait se poursuivre à Washington.

RegulationReglementation
1 source