Real2Sim2Real pour la manipulation vision-langage-action : un pipeline basé sur AMD ROCm
Des chercheurs publient sur arXiv (2607.22997v1) une pile logicielle de bout en bout entièrement basée sur ROCm, l'écosystème ouvert d'AMD, pour entraîner et déployer des modèles vision-langage-action (VLA) en robotique de manipulation. L'architecture couvre trois niveaux de matériel AMD : silicium d'entraînement en datacenter, cartes Radeon PRO pour la simulation et le rendu, et puces Ryzen AI pour le calcul embarqué. Quatre démonstrations illustrent la pile : un pipeline sim-to-real entraîné avec le modèle SmolVLA et déployé sur un bras robotique Franka ; une tâche de sélection d'objet guidée par le langage baptisée « one-of-three » ; un pipeline real-to-sim qui associe des reconstructions de scènes réelles par 3D Gaussian Splatting (3DGS) au moteur physique Genesis pour générer des données d'entraînement synthétiques ; et un entraînement par renforcement à grande échelle pour la locomotion de robots quadrupèdes et humanoïdes, benchmarké sur plusieurs plateformes matérielles. L'ensemble fonctionne nativement sous ROCm et PyTorch sur des GPU RDNA4 (Radeon AI PRO R9700) et RDNA3.5 (Radeon PRO W7900), et les pipelines sont reproductibles gratuitement sur la Radeon Cloud Platform.
L'enjeu dépasse la simple démonstration technique : la quasi-totalité des pipelines VLA publiés jusqu'ici, de SmolVLA à Pi-0 en passant par GR00T N2 ou Helix, s'entraînent et se déploient sur des écosystèmes CUDA de Nvidia, aujourd'hui quasi incontournable dans l'IA physique. En montrant qu'un pipeline sim-to-real complet, du rendu 3DGS à l'inférence embarquée, tient sur ROCm sans réécriture lourde, les auteurs ouvrent une alternative matérielle crédible pour les intégrateurs et laboratoires cherchant à diversifier leurs fournisseurs de calcul ou à réduire leurs coûts. Pour les décideurs B2B, le signal principal reste la reproductibilité gratuite via la Radeon Cloud Platform, qui abaisse la barrière d'entrée pour tester des politiques VLA sans investir dans du matériel Nvidia. Le papier demeure toutefois une preuve de faisabilité technique sur des tâches de manipulation limitées (un bras Franka, un tri à trois objets), sans démonstration de déploiement industriel à l'échelle ni de comparaison chiffrée de performance face aux stacks CUDA équivalentes.
Cette publication s'inscrit dans la course engagée par AMD pour rattraper son retard face à Nvidia sur le marché de l'IA, et plus spécifiquement sur celui, naissant, de l'IA physique évoqué par Lisa Su au CES 2026 et par Jensen Huang lors de la GTC Paris de juin 2025. Le choix des briques logicielles, SmolVLA (Hugging Face), Genesis (moteur physique open source) et 3D Gaussian Splatting, situe les auteurs dans la mouvance open source de la robotique généraliste, aux côtés d'acteurs comme Physical Intelligence (Pi-0) ou Nvidia lui-même avec GR00T. Aucun acteur français ou européen n'apparaît dans cette publication centrée sur l'infrastructure matérielle. Les auteurs annoncent code et pipelines reproductibles dès aujourd'hui sur la Radeon Cloud Platform, sans toutefois préciser de calendrier de commercialisation ni de partenariats industriels concrets à ce stade.
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