Analyse physique de fragilité et risque de chute par robots sociaux : évaluation in situ chez les seniors
Une équipe de recherche présente un système robotique capable de faire passer aux personnes âgées des tests cliniques standardisés d'évaluation de la fragilité et du risque de chute, en captant simultanément des données biomécaniques fines que les protocoles cliniques classiques n'enregistrent pas. Le robot s'appuie sur une architecture de type Behaviour Tree qui coordonne perception, prise de décision, interaction et mesure, et utilise un suivi du squelette par vision pour administrer deux tests de référence: le Short Physical Performance Battery (SPPB) et le Timed Up and Go (TUG). Le dispositif a été co-conçu avec des professionnels de santé, puis évalué en conditions réelles pendant six mois dans le laboratoire de recherche d'un centre de rééducation, auprès de 81 personnes âgées (N=81). Les mesures du robot ont été comparées aux évaluations de thérapeutes ainsi qu'à des instruments de référence, un tapis d'analyse de la marche et une centrale inertielle (IMU). Les résultats montrent un accord excellent pour la plupart des temps de complétion des tests et des paramètres de marche (ICC supérieur à 0,9), un accord substantiel pour le score global SPPB entre robot et thérapeute (kappa = 0,67), et un accord modéré entre robot et IMU (kappa = 0,55).
Pour le secteur de la robotique sociale et de la santé, ces résultats sont significatifs car les évaluations de fragilité restent aujourd'hui coûteuses en personnel et reposent souvent sur des indicateurs grossiers comme le simple temps de réalisation d'une tâche. Un robot capable de produire des mesures fiables et objectives, en plus des scores cliniques habituels, ouvre la voie à un dépistage plus systématique et moins dépendant de la disponibilité des thérapeutes, tout en captant des indicateurs de mobilité que les protocoles conventionnels ignorent.
Le travail s'inscrit dans le courant plus large des robots sociaux d'assistance en gériatrie, où la validation clinique en conditions réelles, et non en laboratoire contrôlé, reste rare. L'étude, menée sur six mois avec un échantillon conséquent de 81 patients et validée contre des instruments de référence établis (tapis de marche, IMU), constitue une étape vers l'intégration de ces systèmes en pratique clinique courante, même si les auteurs eux-mêmes notent un accord seulement modéré sur certaines comparaisons instrumentales, signe que des ajustements restent nécessaires avant un déploiement à grande échelle.




