Vol en formation serrée de quadricoptères en temps réel : apprentissage résiduel préservant la platitude
Des chercheurs ont mis au point un cadre d'apprentissage capable de compenser en temps réel les perturbations aérodynamiques qui affectent les quadrirotors volant en formation serrée. Le problème ciblé est le downwash, ce souffle descendant généré par chaque drone qui perturbe ses voisins et peut provoquer des collisions s'il n'est pas modélisé. La méthode, un apprentissage de dynamique résiduelle informé par la physique, corrige les équations de mouvement du système multi-drones tout en préservant sa "flatness" différentielle, une propriété mathématique qui permet de calculer directement les commandes à partir de la trajectoire désirée. Cette flatness préservée autorise un contrôleur par linéarisation par bouclage, peu coûteux en calcul et réglable avec des techniques de contrôle linéaire classiques, qui annule les perturbations par compensation feedforward. Sur banc d'essai matériel, l'approche réduit l'erreur moyenne de suivi de trajectoire de 31% par rapport aux contrôleurs de référence sans compensation. Elle égale la précision d'un contrôle prédictif non linéaire (NMPC) de pointe tout en demandant un ordre de grandeur de calcul en moins, avec un vol en formation stable atteint avec moins de 30 secondes de données d'entraînement et une boucle de contrôle à 5 millisecondes.
Pour l'industrie des essaims de drones, ce résultat s'attaque à un goulot d'étranglement connu: les modèles capables de compenser les interactions aérodynamiques en formation serrée, comme le NMPC, sont précis mais trop gourmands en calcul pour les cartes embarquées limitées des petits quadrirotors. En divisant la charge de calcul par un ordre de grandeur sans sacrifier la précision, la méthode ouvre la voie à des vols en formation serrée sur du matériel contraint en ressources, un enjeu direct pour les intégrateurs travaillant sur les light shows, l'inspection coordonnée ou la logistique par essaims. Le fait de n'exiger que 30 secondes de données contredit aussi l'hypothèse répandue selon laquelle l'apprentissage de dynamiques aérodynamiques complexes nécessite de vastes jeux de données collectées en vol, ce qui réduit le coût de déploiement sur de nouvelles configurations de flotte.
Le downwash et les interactions aérodynamiques en formation serrée constituent un défi ancien en robotique aérienne, traité jusqu'ici soit par des modèles physiques simplifiés peu précis, soit par du contrôle prédictif non linéaire coûteux en calcul, référence de performance du domaine. Ce travail se positionne explicitement face au NMPC, visant à l'égaler en précision avec une charge de calcul bien moindre plutôt qu'à le dépasser en performance brute. Les auteurs présentent leurs résultats comme une première démonstration de vol en formation stable obtenue avec un volume de données aussi faible et une fréquence de boucle aussi élevée. Il s'agit toutefois d'expériences matérielles en conditions contrôlées, et le passage à des flottes plus nombreuses ou à des environnements extérieurs reste à démontrer.




