Dexmal veut booster la productivité de l'IA incarnée avec le modèle DM0.5, DexOS et une stratégie MaaS en trois étapes
Dexmal, entreprise chinoise spécialisée en IA incarnée, a dévoilé une gamme complète de produits robotiques articulée autour du modèle fondation DM0.5, du robot universel Apex et de trois plateformes de support : le système d'exploitation DexOS, la plateforme de services MaaS et le framework d'apprentissage par renforcement DFOL 2.0. La stratégie suit un modèle en trois étages : d'abord un modèle fondation généraliste, puis des outils pour développeurs (post-entraînement, MaaS, OS), enfin des solutions sectorielles complètes. DM0.5 compte 4 milliards de paramètres entraînés sur 150 000 heures de données multi-sources, soit quatre fois plus de données et deux fois plus de paramètres que DM0, son prédécesseur. Il affiche une latence d'inférence de 50 ms, une efficacité d'inférence améliorée de 25 %, et un taux de réussite de 42 % sur le benchmark RoboChallenge Table30 V2, où il se classe premier avec un score total de 60,1. Sur l'évaluation LIBERO, il atteint 99,1 % de performance globale. Par rapport à DM0, la réussite en navigation zero-shot progresse de 31 %, en few-shot de 45 %, et après fine-tuning de 20 %, pour un coût de fine-tuning réduit de 60 %, permettant un déploiement de niveau expert sur une seule carte RTX 4090 grand public en 18 heures. Le robot Apex propose des effecteurs terminaux interchangeables en moins de 60 secondes, une perception à 360 degrés via double LiDAR, une charge utile de 3 kg par bras, une précision millimétrique et un remplacement de batterie à chaud en 30 secondes, avec un MTBF ciblé au-delà de 1 000 heures.
Cette annonce illustre la tentative de Dexmal de combler l'écart, souvent négligé par les démonstrations spectaculaires, entre la capacité d'un modèle et son déploiement industriel réel. DexOS, présenté comme le premier système d'exploitation générique pour l'IA incarnée, découple les modèles du matériel afin que les intégrateurs puissent piloter des robots de marques différentes avec quelques lignes de Python, une approche qui rappelle la logique d'abstraction matérielle déjà tentée par d'autres acteurs de la robotique humanoïde. DFOL 2.0, qui s'appuie sur le modèle du monde DW0.5 comme simulateur haute fidélité, réduirait de 60 % les besoins en données réelles et de 40 % le coût global d'entraînement, un argument central pour les intégrateurs cherchant à limiter le temps de collecte de données sur robot physique. Les chiffres avancés, notamment le classement sur RoboChallenge et les gains de généralisation, restent des métriques internes à confirmer par des tests indépendants.
Dexmal s'inscrit dans un écosystème chinois de l'IA incarnée en pleine consolidation, en partenariat avec des fabricants de corps robotiques comme Tiangong, Huaqin et Shihe, ainsi qu'avec les fondeurs de puces Pingtouge (Alibaba), Moore Threads et Cambricon. Le PDG Tang Wenbin a présenté ce lancement comme le franchissement du "dernier kilomètre" séparant les lois d'échelle des modèles d'une productivité réelle, un positionnement qui fait écho aux ambitions affichées par des concurrents comme Physical Intelligence avec Pi-0, ou NVIDIA avec GR00T N2, dans la course à des modèles vision-langage-action généralistes et déployables à grande échelle.
Dans nos dossiers




