
LingBot-Vision d'Ant Group : 12 premières mondiales, un modèle de 1,1 milliard de paramètres bat DINOv3 (7 milliards)
Ant Group, via sa division robotique LingBot, a dévoilé LingBot-Depth 2.0, un modèle de perception spatiale construit sur un nouveau modèle de vision baptisé LingBot-Vision, présenté comme le premier modèle de fondation vision nativement conçu pour la perception spatiale en IA incarnée. L'entreprise revendique douze résultats inédits sur des benchmarks publics et privés, une affirmation à prendre avec précaution puisqu'elle émane de son propre communiqué. Avec environ 1,1 milliard de paramètres, soit environ un septième des 7 milliards de DINOv3 de Meta, et moins d'un tiers de son volume d'entraînement, LingBot-Vision affirme surpasser DINOv3 sur le benchmark d'estimation de profondeur NYUv2. Le modèle cible trois défauts classiques de l'estimation de profondeur: le flou des contours, la détection des petits objets et le bruit sur les longues distances. LingBot-Depth 2.0 revendique une clarté de contours suffisante pour de la planification de trajectoire de bras robotique au millimètre près, une meilleure détection des câbles et fils fins, un filtrage du bruit pour les obstacles distants, et des cartes de profondeur stables face aux surfaces réfléchissantes, objets transparents, obscurité et environnements encombrés. Le modèle et son code sont disponibles en open source sur Hugging Face, ModelScope et GitHub, avec un rapport technique publié sur arXiv. Ant Group a aussi noué un partenariat avec ORBBEC, fabricant chinois de capteurs 3D, dont le laboratoire Depth Vision Lab a validé le modèle; la collaboration produit un nouveau dispositif de collecte EGO-RGBD, une intégration SDK pour le matériel ORBBEC, et une future caméra intégrée sans réglage algorithmique complexe.
La sortie illustre un pari de plus en plus partagé en IA incarnée: les modèles de vision entraînés sur des images web généralistes, comme DINOv3, reconnaissent des objets mais ignorent leur géométrie précise, ce qui limite leur usage pour des robots devant saisir, éviter ou manipuler des objets réels. En intégrant la compréhension spatiale dès l'entraînement, LingBot-Vision s'attaque à l'écart entre perception "de spectateur" et perception "d'acteur", un enjeu central pour les modèles vision-langage-action qui pilotent bras robotiques et humanoïdes. Le passage du papier de recherche à un partenariat matériel concret avec ORBBEC, plutôt qu'une simple démonstration, est le signal le plus tangible pour les intégrateurs: un début de commercialisation réelle plutôt qu'un prototype isolé. Gérer nativement les cas difficiles, surfaces réfléchissantes, câblage fin, objets transparents, est précisément ce qui bloque aujourd'hui le déploiement en environnement réel non contrôlé.
Ant Group, mieux connu pour Alipay, a multiplié ces derniers mois les investissements en robotique et IA incarnée via LingBot, dans un contexte de compétition intense entre laboratoires chinois et américains sur les modèles de fondation pour robots. La comparaison affichée avec DINOv3, modèle phare de Meta, positionne explicitement l'entreprise face aux géants américains sur la perception, pendant que d'autres acteurs, Figure AI avec Figure 03, Tesla avec Optimus, Physical Intelligence avec Pi-0, NVIDIA avec GR00T N2 ou Google DeepMind avec Helix, se concentrent davantage sur les modèles d'action et le contrôle moteur. LingBot-Vision se positionne ainsi comme une brique de perception complémentaire, potentiellement intégrable en amont de ces systèmes. Le partenariat avec ORBBEC laisse présager un déploiement progressif dans les prochains mois, avec l'arrivée annoncée d'une caméra grand public intégrant directement le traitement 3D, un jalon qui déterminera si les gains annoncés sur benchmarks se traduisent en performance réelle chez les intégrateurs industriels.
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