
Reflets de l'ICRA 2026

Vienne a accueilli du 1er au 5 juin 2026 la conférence IEEE ICRA (International Conference on Robotics & Automation), rassemblant chercheurs et industriels au Messe Wien, également connu sous le nom de VIECON. L'événement s'est ouvert par la deuxième édition du workshop WOROBET (Workshop on Robot Ethics: Ethical, Legal and User Perspectives in Robotics & Automation), consacré aux implications éthiques de l'interaction homme-robot. Yasuhisa Hirata, professeur à l'université de Tohoku, y a présenté sa vision des robots d'assistance physique comme les exosquelettes détachables ou les fauteuils roulants à pédalage, soulignant leur effet sur le sentiment d'efficacité personnelle des utilisateurs. Minoru Asada, de l'université d'Osaka, a proposé une piste plus radicale : doter les robots de signaux de douleur pour qu'ils perçoivent le monde comme les humains. Alan Winfield, professeur d'éthique robotique à UWE Bristol, a défendu une approche opposée, centrée sur le robot comme simple outil, et a détaillé un cadre d'investigation des accidents impliquant des robots sociaux, inspiré des méthodes de l'aviation. Praminda Caleb-Solly, de l'université de Nottingham, a clos la journée par un exercice de red-teaming autour d'un robot d'assistance destiné à un enseignant en convalescence d'AVC à domicile. Sur le salon d'exposition, les robots humanoïdes de taille enfant de Booster Robotics animaient l'entrée du hall en jouant au football, en dansant ou en démontrant des mouvements de kung-fu.
Ces débats dépassent le cadre académique : ils posent la question de savoir si l'intelligence robotique nécessite une forme de moralité incarnée, ou si elle doit rester cantonnée à des outils encadrés par la gouvernance humaine. Winfield a notamment averti qu'intégrer une éthique programmée dans les robots risque de déresponsabiliser moralement les ingénieurs, tout en restant vulnérable au piratage malveillant. Pour les décideurs et intégrateurs, le message est clair : la robotique sociale, en particulier dans le soin à domicile, va se heurter à des choix de conception qui touchent directement à l'autonomie des utilisateurs, un enjeu appelé à devenir central à mesure que ces robots se déploient dans le quotidien.
Ce workshop, à sa deuxième édition, illustre une prise de conscience croissante au sein de la communauté ICRA que les questions de gouvernance et de responsabilité doivent avancer au même rythme que les capacités techniques. La confrontation entre la vision japonaise, portée par Hirata et Asada, et l'approche britannique de Winfield, reflète des différences culturelles plus larges entre Est et Ouest sur le statut des machines. À mesure que les besoins en robotique de soin s'intensifient avec le vieillissement démographique, ces cadres éthiques et légaux, encore balbutiants, devront rapidement se structurer pour accompagner les déploiements à venir.
Le workshop, tenu a Vienne avec des chercheurs britanniques (UWE Bristol, Nottingham) proposant des cadres de gouvernance et d'investigation d'accidents pour robots sociaux, alimente les reflexions europeennes sur l'encadrement de la robotique d'assistance a domicile face au vieillissement demographique.
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