
Filtrage de Kalman invariant pour l'estimation de pose étendue dans les systèmes articulés à corps rigides multi-IMU
Une équipe de chercheurs a publié en juin 2026 sur arXiv (réf. 2606.25083) une nouvelle méthode d'estimation de pose étendue pour les systèmes articulés multi-IMU. Leur contribution centrale est l'"IterIEKF" (iterated Invariant Extended Kalman Filter), construit autour d'une nouvelle représentation mathématique baptisée "relative L-extended pose", définie sur un groupe de Lie adapté aux arbres cinématiques. Chaque corps rigide est équipé d'une IMU indépendante, et les contraintes articulaires sont intégrées comme pseudo-mesures sans bruit dans le filtre. Validé sur un bras robotique UR5e (Universal Robots) et un modèle de jambe humaine instrumentée, l'IterIEKF réduit l'erreur quadratique moyenne (RMSE) d'au moins 50 % par rapport au second meilleur filtre testé, toutes configurations confondues, avec une convergence plus rapide et une variabilité run-to-run sensiblement moindre.
L'importance de ce résultat tient à un verrou longtemps ouvert : l'IEKF standard, développé pour garantir convergence et cohérence sous inobservabilité, était limité à un seul corps rigide. Le couplage de pose entre segments articulés rendait son extension non triviale, et exprimer des contraintes cinématiques dans le cadre invariant restait un problème sans solution propre. En levant ce verrou, les auteurs ouvrent la voie à des estimateurs embarqués fiables pour les bras industriels, les jambes d'humanoïdes, et les exosquelettes médicaux, sans recourir à des caméras extérieures ni à un référentiel absolu. Pour les intégrateurs B2B, cela signifie potentiellement une localisation proprioceptive robuste sur des robots déployés en environnement non structuré.
L'IEKF invariant a été formalisé au milieu des années 2010 par Axel Barrau et Silvère Bonnabel (MINES ParisTech / INRIA), et constitue depuis un axe actif de la communauté française de robotique et de traitement du signal. Cette extension aux systèmes articulés s'inscrit directement dans cet héritage. Du côté applicatif, des acteurs comme Wandercraft (exosquelettes de marche, Paris) ou les équipes du LAAS-CNRS travaillant sur la locomotion humanoïde sont des utilisateurs naturels de tels estimateurs. La prochaine étape logique est une implémentation temps réel embarquée sur processeur contraint, ainsi qu'une validation sur des humanoïdes complets, où le nombre de corps et la dynamique de contact posent des défis supplémentaires non couverts par ce travail.
Cette extension de l'IEKF, cadre mathématique formalisé à MINES ParisTech/INRIA, ouvre une voie directe vers des estimateurs proprioceptifs embarqués pour des acteurs français comme Wandercraft (exosquelettes) et les équipes locomotion du LAAS-CNRS.
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