
Glissement d'objets par manipulation des pieds sur un robot bipède à roues avec contrôle hiérarchique
Des chercheurs ont publié sur arXiv (arXiv:2606.19233, juin 2026) un framework de contrôle hiérarchique permettant à des robots bipèdes à roues d'effectuer des tâches de manipulation d'objets au sol à l'aide de leurs membres inférieurs motorisés, une capacité baptisée "pédimanipulation mobile". Le système repose sur un contrôleur prédictif non linéaire (NMPC) construit sur un modèle dynamique simplifié à trois corps rigides (TRB), intégrant explicitement le degré de liberté en roulis de hanche et plusieurs modes de contact roue-sol. En expérimentation réelle, le robot a récupéré un objet de 1 kg coincé sous un bureau et déplacé latéralement un objet de 4 kg sur une distance de 0,228 m via une motion de type "scooting". Deux primitives de mouvement ont été validées sur hardware : scooting (poussée frontale par rotation des roues) et lateral sliding (déplacement latéral par pas de côté).
L'intérêt industriel de cette approche réside dans sa réutilisation du train roulant comme effecteur de manipulation, sans bras supplémentaire ni outil dédié. Le NMPC régule simultanément la locomotion et les forces d'interaction, ce qui signifie que le robot maintient son équilibre tout en exerçant un effort contrôlé sur l'objet, un problème de couplage non trivial. Le planificateur de trajectoire intègre les transitions adhérence-glissement (stick-slip) dans le contact sol-objet, un phénomène souvent ignoré dans les démos en simulation mais critique en conditions réelles. C'est un résultat concret qui réduit le demo-to-reality gap sur la manipulation au sol, habituellement dominée par les manipulateurs à bras.
Les robots bipèdes à roues constituent une architecture émergente entre AMR classiques et humanoïdes complets : Agility Robotics (Digit), Boston Dynamics (Spot avec extension roues dans certaines configs), et des plateformes académiques comme le Cassie de l'Oregon State University ont popularisé cette morphologie. Ce travail s'inscrit dans un courant de recherche sur la pédimanipulation, utiliser les jambes comme manipulateurs, que l'on retrouve aussi sur quadrupèdes (ANYmal, Go2). La prochaine étape probable est l'extension à des objets non rigides ou à des surfaces non planes, ainsi que l'intégration de perception pour fermer la boucle en environnement non structuré.
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