
Un modèle graphique connectomique du cerveau entier permet le contrôle locomoteur chez la drosophile
Des chercheurs ont développé le Fly-connectomic Graph Model (FcGM), un contrôleur neuronal qui instancie directement le connectome complet du cerveau d'une drosophile adulte comme réseau de neurones graphique pour piloter un modèle biomécanique simulé de l'insecte via apprentissage par renforcement profond. Présenté dans un preprint arXiv (identifiant 2602.17997, version 3), le travail exploite la cartographie synaptique neurone-par-neurone du cerveau entier de Drosophila melanogaster pour en faire un prior architectural structuré. Le contrôleur produit des mouvements locomoteurs stables sur une gamme variée de tâches, et affiche une meilleure efficacité d'échantillonnage par rapport à des baselines classiques, graphiques ou non. Les résultats restent entièrement dans un environnement de simulation physique : aucun transfert sur robot ou drosophile réelle n'est rapporté à ce stade.
L'intérêt principal est de démontrer qu'une topologie cérébrale biologique réelle peut remplacer avantageusement des architectures de réseau définies à la main, tout en améliorant l'interprétabilité via le suivi du flux d'information dynamique entre populations neuronales. Pour les équipes travaillant sur des contrôleurs de locomotion à plusieurs membres (robots hexapodes, exosquelettes), ce résultat suggère que les données connectomiques pourraient constituer des priors de contrôle plus robustes que les topologies ad hoc habituelles. La question centrale du sim-to-real gap reste entièrement ouverte : le modèle biomécanique utilisé est une approximation, et les auteurs ne quantifient pas l'écart potentiel avec un déploiement physique.
Ce travail s'inscrit dans la lignée de plusieurs avancées récentes : la publication du connectome de la drosophile par le consortium FlyWire en 2023, soit environ 140 000 neurones et 50 millions de synapses cartographiés, a rendu possible ce type d'expérimentation à l'échelle du cerveau entier, là où les travaux antérieurs se limitaient à des sous-graphes simplifiés comme les Neural Circuit Policies (NCP) de Hasani et Lechner ou les 302 neurones de C. elegans dans le projet OpenWorm. Les prochaines étapes naturelles seraient l'extension à des tâches plus complexes (manipulation, navigation), le test sur des plateformes robotiques physiques, et à plus long terme l'application à des connectomes de mammifères.
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