Caractérisation du frottement dans un système d'actionnement différentiel à câbles pour exosquelettes des membres inférieurs
Une équipe de chercheurs a publié fin juin 2026 un article préprint sur arXiv (identifiant 2606.15997) décrivant une architecture d'actionnement différentiel par câbles pour exosquelettes des membres inférieurs. Le principe repose sur deux moteurs couplés mécaniquement via un différentiel linéaire, qui partagent coopérativement les couples appliqués à la hanche et au genou lors des mouvements de flexion-extension. Cette configuration élimine le besoin de capteurs de couple au niveau des articulations, remplacés par un modèle de compensation des frottements validé expérimentalement sur un prototype physique. Aucun chiffre de performance (couple nominal, masse du module, rendement de transmission) n'est communiqué dans le résumé disponible.
L'intérêt technique principal réside dans la réduction de la complexité et de la masse du module hanche-genou. Les capteurs de couple articulaire, présents dans la plupart des exosquelettes de rééducation actuels, représentent une source de poids, de coût et de points de défaillance. Les transmettre par câbles introduit des pertes par frottement qui ont longtemps rendu l'estimation de couple sans capteur peu fiable ; la contribution de cet article est précisément d'y répondre par un modèle de friction paramétré expérimentalement. Si cette approche se confirme sur un périmètre de conditions plus large, elle ouvre la voie à des modules d'actionnement plus légers et moins onéreux pour les intégrateurs d'exosquelettes de rééducation et d'assistance industrielle, en réduisant le nombre de composants actifs par articulation desservie.
L'actionnement différentiel à câbles est une piste explorée depuis plusieurs années dans la robotique de rééducation, notamment pour concilier compacité et transparence mécanique. Dans ce segment, des acteurs comme Ekso Bionics, ReWalk ou l'allemand Ottobock s'appuient majoritairement sur des architectures à articulations indépendantes et capteurs dédiés. En France, Wandercraft (exosquelette Atalante, aujourd'hui déployé en clinique) mise sur une architecture à actionneurs hydrauliques compacts. Cette publication reste à ce stade un preprint non évalué par les pairs et validé sur prototype de laboratoire ; le chemin vers une intégration produit implique encore des tests de robustesse en conditions cliniques, de durée de vie des câbles et de comportement en milieu non contrôlé.
Si validée au-delà du prototype de laboratoire, cette architecture d'actionnement différentiel pourrait bénéficier à Wandercraft (France) et Ottobock (Allemagne) en réduisant la masse et le coût des modules articulaires de leurs exosquelettes de rééducation.
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