
PUDU Robotics : des origines à l'HKUST à la tête du marché mondial des robots commerciaux
PUDU Robotics, fondée en 2016 à Shenzhen par Zhang Tao, diplômé de la Hong Kong University of Science and Technology, s'est imposée comme le premier acteur mondial de la robotique de service commerciale avec 23 % de part de marché mondiale, plus de 130 000 unités déployées dans 80 pays et une valorisation dépassant 10 milliards de yuans (environ 1,4 milliard de dollars). La société a levé près de 2 milliards de yuans au total auprès de Tencent, Sequoia Capital China, Meituan et Puhua Capital. En 2026, elle a bouclé un tour proche de 1 milliard de yuans avec Longgang Financial Control, Asia Investment Capital, BAIC Industrial Investment et Lens Technology, marquant l'entrée de capitaux publics nationaux dans son tour de table. Son portefeuille s'articule autour de quatre segments : la livraison en salle (BellaBot, FlashBot, déployés en restauration, hôtellerie et santé), le nettoyage commercial pour chaînes hôtelières et grande distribution, la logistique industrielle avec l'AMR T300 (plus de 4 000 unités livrées dès sa première année), et l'intelligence incarnée généraliste avec le robot humanoïde PUDU D9 (deux bras à 7 degrés de liberté) et la main dextère PUDU DH11 (11 degrés de liberté). En mai 2026, PUDU a également lancé PUDUFM 1.0, son modèle de fondation pour robots, ainsi que la plateforme PUDUAgent. Plus de 80 % de son chiffre d'affaires provient désormais de marchés internationaux.
Ce parcours illustre une thèse que peu d'acteurs ont réussi à valider : une architecture spécialisée et non humanoïde peut atteindre l'échelle commerciale et la quasi-rentabilité (EBITDA proche de l'équilibre) bien avant les plateformes à usage général. À l'heure où la majorité des startups humanoïdes brûlent massivement du capital sur des démonstrateurs en laboratoire, PUDU affiche des volumes de déploiement mesurables dans des environnements opérationnels réels. La commande de 3 000 unités BellaBot par la chaîne japonaise Skylark, plus grand contrat jamais signé pour un robot de service commercial chinois à l'export, confirme que la demande B2B existe hors de Chine à une échelle significative. La performance de l'AMR T300 en logistique industrielle positionne par ailleurs PUDU directement face à Geek+ et HAI Robotics sur un segment où les intégrateurs cherchent activement des alternatives aux acteurs établis.
L'entreprise est née d'une observation de terrain : les robots de livraison en salle existants en 2016 avaient une capacité de transport structurellement limitée. Zhang Tao a conçu une architecture "base mobile avec plateau multi-niveaux" qui quadruplait cette capacité, puis s'est appuyé sur un partenariat précoce avec la chaîne de hot-pot Haidilao pour valider le modèle en conditions réelles. Plutôt qu'une expansion séquentielle pays par pays, la stratégie internationale a misé sur un déploiement simultané dans 80 pays via des distributeurs locaux. En robotique de service, PUDU affronte désormais Keenon Robotics et Bear Robotics, tandis que sur la couche d'intelligence embarquée, PUDUFM 1.0 entre en concurrence avec GR00T N2 de NVIDIA et Pi-0 de Physical Intelligence. L'entrée de fonds gouvernementaux au dernier tour signale que Pékin positionne PUDU comme champion national stratégique dans la course mondiale à la robotique commerciale.
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