
Entretien avec Yuhnzu Li, professeur à Columbia et cofondateur de SceniX : « La simulation est centrale »
Yuhnzu Li, professeur à l'Université Columbia et co-fondateur de SceniX, défend une thèse tranchée dans un secteur en pleine effervescence : la simulation est la clé de voûte du développement robotique moderne, pas un outil auxiliaire. L'entretien intervient alors que l'industrie humanoïde accumule les annonces de production à grande échelle et que l'IA générative nourrit des attentes parfois déconnectées du terrain. Li, chercheur ancré dans la robotique fondamentale, rappelle que les démonstrations publiques reflètent rarement la robustesse opérationnelle réelle des systèmes.
Le positionnement de SceniX éclaire un enjeu industriel concret : le sim-to-real gap, c'est-à-dire l'écart de performance entre un robot entraîné en simulation et ce même robot déployé en environnement physique non contrôlé. Résoudre ce gap est devenu le problème n°1 des équipes qui développent des politiques de contrôle visuomotrices (VLA), car générer suffisamment de données réelles reste coûteux et lent. Une simulation de haute fidélité permet de produire des millions d'épisodes d'entraînement que l'on ne pourrait pas collecter physiquement à coût raisonnable, ce qui conditionne directement la vitesse de commercialisation.
SceniX émerge dans un marché des outils de simulation robotique de plus en plus disputé : Isaac Sim de NVIDIA, MuJoCo maintenu par DeepMind/Google, Genesis ou encore le récent projet Cosmos d'NVIDIA ciblent le même besoin. L'ancrage académique de Li à Columbia lui confère une crédibilité sur la rigueur méthodologique, là où les acteurs commerciaux sont davantage jugés sur leurs benchmarks. La prochaine étape logique pour SceniX sera de démontrer que ses environnements synthétiques tiennent leurs promesses sur des robots en production réelle, pas seulement en laboratoire.
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