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Pince robotique inspirée de la pieuvre : souple pour agripper, rigide pour soulever
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Pince robotique inspirée de la pieuvre : souple pour agripper, rigide pour soulever

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Des chercheurs de l'université de Pékin, de la National University of Singapore (NUS) et de l'université du Zhejiang ont conçu un préhenseur robotique s'inspirant de la mécanique des tentacules de pieuvre. Le principe : la structure adopte un état mou et déformable pour envelopper et saisir un objet irrégulier, puis se rigidifie pour assurer la prise en charge et le soulèvement. L'article source ne divulgue pas les métriques précises de charge utile ni les temps de cycle, ce qui limite l'évaluation indépendante des performances réelles.

Cette approche par rigidité variable s'attaque à l'un des problèmes fondamentaux de la préhension robotique industrielle : un effecteur trop rigide brise les pièces fragiles, trop souple il perd sa charge ou manque de capacité de levage. Les mains humaines résolvent cet antagonisme grâce à la combinaison os-peau-muscles. Reproduire cette propriété en mécatronique ouvre la voie à des manipulateurs capables de traiter indifféremment des objets délicats (alimentaire, pharmaceutique) et des charges lourdes sur une même ligne, sans changement d'outillage.

Le domaine des grippers bio-inspirés est actif : Festo (Allemagne) exploite les jets d'eau et structures pneumatiques depuis des années, Harvard Biodesign et Soft Robotics Inc. commercialisent des effecteurs en silicone gonflable, et plusieurs startups comme Soft Robotics (racheté par Piab en 2023) ont déjà industrialisé des solutions souples. Ce travail académique conjoint reste à ce stade une démonstration de laboratoire ; aucun partenariat industriel ni calendrier de transfert technologique n'est annoncé dans la publication disponible.

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Des chercheurs de la North Carolina State University ont publié le 27 mai dans la revue Science Advances un module de protection autonome baptisé Morpho-Interlocking Protective Module (MIPM), conçu en s'inspirant directement de la morphologie du tatou. Le dispositif repose sur une architecture en trois couches : un exosquelette externe composé d'écailles en résine imprimées en 3D, une couche centrale de détection et d'actionnement intégrant un capteur de déformation en polymère élastique chargé de nanofils d'argent, un tissu conducteur chauffant, un élastomère à cristaux liquides (LCE) et du ruban Kapton, ainsi qu'un endosquelette interne formé de nervures en papier rigide portant des écailles polymères en interverrouillage. Lorsque le capteur détecte une contrainte mécanique, il déclenche une impulsion électrique vers la couche chauffante : la chaleur provoque une contraction du LCE simultanément à une dilatation du Kapton, forçant le module à se replier en position curvée. Les écailles d'endosquelette s'imbriquent alors en un squelette interne rigide capable d'absorber des forces allant jusqu'à 10 newtons pour une configuration à 10 écailles segmentaires, selon les tests réalisés en laboratoire. Ce résultat est notable dans le contexte de la robotique molle, un champ en forte croissance où la fragilité mécanique reste un obstacle systémique. Le MIPM apporte une réponse autonome et réversible sans requérir d'actionneur dédié ni de supervision externe. L'équipe a établi une relation mathématique précise entre le nombre d'écailles de l'endosquelette, la rigidité obtenue et la masse du dispositif, permettant de calibrer directement le niveau de protection selon le payload à défendre. Ce ratio est utilisable pour dimensionner l'armure selon des contraintes d'intégration réelles. L'architecture ne se cantonne pas à une rigidité passive : la transformation est déclenchée par le module lui-même, ce qui ouvre la voie à des protections embarquées sur drones de recherche en milieu confiné ou sur implants médicaux flexibles soumis aux mouvements articulaires, deux cas d'usage explicitement cités par les auteurs. Il reste toutefois à valider le comportement en cycles répétés et en conditions réelles d'intégration, absents de la publication. Le projet est porté par Yong Zhu, professeur Andrew A. Adams en génie mécanique et aérospatial à NC State, et par Jianyu Zhou, chercheur postdoctoral et premier auteur. Il s'inscrit dans un effort plus large de la communauté robotique molle pour combler le fossé entre flexibilité d'usage et robustesse opérationnelle, un défi que les blindages rigides classiques ne peuvent résoudre sans sacrifier la compliance mécanique. Aucun concurrent direct n'est mentionné dans la publication, mais des approches similaires de protection adaptative existent en phase exploratoire dans plusieurs laboratoires de matériaux actifs. L'équipe NC State recherche activement des partenaires industriels pour industrialiser le dispositif, sans calendrier précis annoncé à ce stade.

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Des scientifiques de Harvard conçoivent des filaments imprimés en 3D inspirés des éléphants pour la robotique souple
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Des scientifiques de Harvard conçoivent des filaments imprimés en 3D inspirés des éléphants pour la robotique souple

Des chercheurs de la Harvard John A. Paulson School of Engineering and Applied Sciences (SEAS) et du Wyss Institute ont mis au point une méthode d'impression 3D permettant de fabriquer des muscles artificiels programmables directement à la conception. La technique, développée dans le laboratoire du Pr Jennifer Lewis, s'appuie sur une buse rotative extrudant simultanément deux matériaux distincts : un élastomère à cristaux liquides (LCE) dit "actif", qui se contracte physiquement sous l'effet de la chaleur, et un élastomère souple "passif" qui reste inerte. Cette extrusion en rotation génère une structure interne hélicoïdale dont le pas et l'angle déterminent à l'avance le comportement mécanique du filament une fois activé. Quand la température monte, la traction du LCE contre la résistance du matériau passif force le brin à se plier, se tordre ou s'enrouler selon la géométrie encodée à l'impression, sans assemblage ni post-traitement mécanique. Des prototypes fonctionnels ont été réalisés, notamment des filtres actifs thermos-sensibles et des pinces multi-objets capables d'attraper ou de relâcher des particules selon la position de l'élastomère actif dans la section. La miniaturisation est déjà engagée : des buses spéciales et des encres dédiées permettent de produire des filaments de 100 microns de diamètre. Les résultats sont publiés dans les Proceedings of the National Academy of Sciences. L'intérêt industriel de cette approche réside dans la programmabilité à la source : la trajectoire mécanique du filament est définie pendant l'impression, ce qui élimine les étapes d'assemblage multicouches typiques des actionneurs souples classiques. Pour les intégrateurs en robotique douce, cela signifie une réduction potentielle des cycles de fabrication et une montée en complexité fonctionnelle sans multiplication des composants. La capacité à passer d'un filament simple à un réseau architectural - grilles sinusoïdales, treillis expansibles ou contractiles - ouvre la voie à des préhenseurs reconfigurables pour la manipulation d'objets délicats, un segment où les solutions pneumatiques actuelles restent lourdes à déployer. La preuve que la morphologie active peut être encodée dans la microstructure du matériau lui-même, plutôt que pilotée par un système d'actionnement externe, valide une hypothèse centrale de la recherche en soft robotics. Les élastomères à cristaux liquides sont connus depuis plusieurs décennies mais leur intégration dans des process de fabrication reproductibles et scalables restait un verrou. Le laboratoire Lewis à Harvard travaille depuis plusieurs années sur l'impression multi-matériaux fonctionnelle, notamment pour des structures biomédicales et des électroniques souples. Dans le paysage concurrentiel, des équipes comme celles du MIT (CSAIL), de l'ETH Zurich et de start-ups telles qu'Otherlab ou Soft Robotics Inc. développent des actionneurs souples par voies pneumatiques ou câblées. L'approche Harvard se distingue par l'absence totale d'alimentation fluidique ou mécanique externe à l'activation thermique. Les développements annoncés visent à intégrer des canaux en métal liquide pour permettre l'actionnement électrique, et à produire des filaments injectables auto-bloquants pour des applications biomédicales. Aucun calendrier de commercialisation ni partenariat industriel n'a été communiqué à ce stade : il s'agit d'une preuve de concept publiée en amont d'éventuels pilotes.

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ManiSoft : vers la manipulation vision-langage pour la robotique souple à continuum
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ManiSoft : vers la manipulation vision-langage pour la robotique souple à continuum

Des chercheurs du laboratoire CoLa de l'université BUAA (Beijing University of Aeronautics and Astronautics) ont publié ManiSoft, un benchmark conçu pour évaluer la manipulation vision-langage sur des bras robotiques souples à continuum. Le jeu de données comprend 6 300 scènes générées automatiquement avec leurs trajectoires expertes correspondantes, réparties en quatre tâches progressives allant de la coordination basique de l'effecteur terminal jusqu'à l'évitement d'obstacles dans des environnements encombrés. Le simulateur développé pour l'occasion couple une dynamique de corps déformables réaliste avec des interactions riches en contact, grâce à une contrainte de force élastique. Le pipeline de génération de trajectoires fonctionne en deux étages : un planificateur de haut niveau décompose chaque tâche en séquences de waypoints, puis une politique d'apprentissage par renforcement de bas niveau génère les commandes de couple pour suivre ces waypoints. ManiSoft s'attaque à un angle mort réel de la recherche en manipulation robotique : la quasi-totalité des travaux sur les modèles vision-langage (VLA) cible des bras rigides à morphologie fixe, qui montrent leurs limites dans les espaces confinés ou encombrés. Les bras souples offrent une déformabilité naturellement adaptée à ces contextes, mais ils posent deux problèmes fondamentaux que le benchmark met en évidence : la proprioception peu fiable (le robot ne sait pas précisément où se trouve son propre corps) et l'actuation distribuée à bas niveau, incompatible avec les abstractions classiques des VLA. Les trois architectures de politiques évaluées obtiennent des résultats corrects en scènes propres, mais accusent une chute de performance significative dès que la randomisation des scènes augmente, ce qui souligne que le sim-to-real gap reste ouvert pour cette catégorie de robots. La robotique souple à continuum reste un domaine de recherche académique, loin des déploiements industriels à grande échelle qu'occupent les bras rigides de Fanuc, KUKA ou Universal Robots. Du côté des acteurs émergents, des startups comme Festo (avec ses bionics) ou des laboratoires européens explorent ces morphologies pour des applications chirurgicales et d'inspection en milieux contraints. ManiSoft ne vise pas pour l'instant à combler directement ce fossé industriel, mais à fournir une base d'évaluation reproductible pour comparer les approches. Le code et les données sont disponibles publiquement, ce qui devrait faciliter l'adoption par la communauté académique. Les prochaines étapes logiques seraient un transfert sim-to-real sur hardware physique et l'intégration de retour haptique pour corriger les dérives proprioceptives identifiées.

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Contrôle en temps réel de la compliance et de la position d'un bras robotique souple hyper-redondant
4arXiv cs.RO 

Contrôle en temps réel de la compliance et de la position d'un bras robotique souple hyper-redondant

Des chercheurs ont mis en ligne sur arXiv fin juin 2026 un bras robotique pneumatique à sept segments, six articulations et douze axes revolutes indépendants. Chaque axe est actionné par une paire antagoniste de muscles pneumatiques artificiels, ce qui permet d'ajuster simultanément l'angle articulaire et la raideur locale de cet axe. La colonne vertébrale rigide articulée rend la compliance et la position de l'effecteur suffisamment prévisibles pour être commandées quantitativement en temps réel. Un contrôleur itératif unique, combinant cinématique inverse et compliance inverse dans l'espace tâche, pilote l'ensemble sans découpler les deux objectifs. Le système a été validé sur le bras physique et sur un jumeau numérique correspondant, puis le cadre de contrôle a été étudié par simulation pour d'autres morphologies de bras. Le résultat illustre un changement de méthode rarement appliqué à l'échelle d'un bras complet : concevoir la structure mécanique autour du problème de contrôle, et non l'inverse. Les robots souples absorbent bien les contacts imprévus mais résistent mal à un pilotage précis de position ; les robots rigides suivent des trajectoires exactes mais bloquent dès qu'un désalignement est masqué. Ce bras combine les deux propriétés, et les tâches de démonstration choisies -- écriture sur un tableau blanc mobile, insertion d'une clé dans une serrure et ouverture d'un tiroir avec désalignement volontairement caché -- sont précisément celles qui échouaient jusqu'ici avec l'un ou l'autre type d'architecture. Le fait que ces scénarios fonctionnent avec un contrôleur relativement direct suggère que la valeur vient du design mécanique plutôt que de la sophistication algorithmique. Les muscles pneumatiques artificiels sont une technologie mature remontant aux années 1980, mais leur usage antagoniste pour le contrôle actif de raideur reste largement confiné aux laboratoires de recherche. La robotique souple a produit une littérature académique dense depuis une décennie, avec des groupes actifs à Harvard, ETH Zurich, Delft ou l'INRIA côté français, sans que la commercialisation ne suive au même rythme. Cette publication est un preprint non encore évalué par des pairs, non associé à une entreprise identifiable, ce qui laisse entière la question de l'industrialisation. Le document ne précise pas le payload nominal ni la vitesse de déplacement du bras, deux paramètres critiques pour tout intégrateur industriel. Les prochaines étapes naturelles incluent une soumission à revue à comité de lecture, des tests en charge réelle et une intégration sur plateforme mobile.

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