Aller au contenu principal
LG fait équipe des robots humanoïdes et quadrupèdes pour automatiser ses entrepôts
IndustrielInteresting Engineering7sem

LG fait équipe des robots humanoïdes et quadrupèdes pour automatiser ses entrepôts

1 source couvre ce sujet·Source originale ↗·
Résumé IASource uniqueImpact UE

LG CNS, filiale IT du conglomérat sud-coréen LG, a présenté le 6 mai 2026 une démonstration de logistique multi-robots sur son campus Magok, dans l'ouest de Séoul. Quatre robots de fabricants différents ont exécuté une chaîne de manutention complète sans téléopération ni intervention humaine : un humanoïde bipède a saisi des colis sur un tapis roulant et les a transmis à un robot quadrupède à roues, qui les a acheminés jusqu'à un humanoïde sur plateforme roulante, lequel a positionné les boîtes sur des étagères situées à plus de deux mètres de hauteur. Le cycle complet, entre stations espacées de deux à trois mètres, s'est bouclé en environ 90 secondes. L'ensemble repose sur la plateforme Physical Works de LG CNS, articulée en deux briques : Physical Works Forge (entraînement par simulation et données vidéo) et Physical Works Baton (orchestration centralisée de flottes multi-marques). La plateforme prend en charge les humanoïdes bipèdes et sur roues, les quadrupèdes, les AMR et les AGV via une interface unifiée. LG Display a par ailleurs dévoilé en parallèle un écran P-OLED courbe de 7,2 pouces (technologie Tandem OLED troisième génération) destiné à l'affichage facial des robots humanoïdes.

Ce qui rend la démonstration techniquement notable, c'est moins la performance individuelle de chaque robot que la couche logicielle de coordination inter-marques. La plateforme intègre un mécanisme de réaffectation dynamique des tâches : lors de la simulation d'un incident, le quadrupède a été basculé vers une mission de patrouille de sécurité, et un AMR de remplacement a pris le relais de transport sans interrompre le flux. LG CNS annonce que cette approche ramène les délais de déploiement de plusieurs mois à un à deux mois, avec des projections de gains de productivité supérieurs à 15 % et de réduction des coûts opérationnels allant jusqu'à 18 % dans des environnements de flottes mixtes d'environ 100 unités. Ces chiffres restent des projections internes, non encore validés en production à grande échelle, et le cycle de 90 secondes a été mesuré sur une distance très courte, ce qui en limite la portée comme indicateur de performance industrielle réelle.

LG CNS positionne Physical Works dans un marché où la concurrence se structure autour de plateformes d'orchestration robotique plutôt que d'hardwares isolés. Aux États-Unis, Boston Dynamics propose Orbit pour la gestion de flottes Spot, tandis qu'Amazon et ses partenaires intègrent déjà des flottes mixtes AMR-humanoïdes (Digit d'Agility Robotics) dans leurs entrepôts. En Corée du Sud, Samsung et Hyundai (actionnaire de Boston Dynamics) sont également présents sur ce terrain. LG CNS a annoncé mener des projets pilotes avec 20 clients industriels et déployer la plateforme dans le cadre du projet Busan Smart City. Le groupe a aussi pris des participations dans des entreprises de contrôle humanoïde et de robot foundation models, sans en préciser les noms, ce qui suggère une stratégie d'intégration verticale en cours de consolidation.

À lire aussi

Locus Robotics déploie Locus Array pour l'automatisation complète des entrepôts
1Robotics & Automation News 

Locus Robotics déploie Locus Array pour l'automatisation complète des entrepôts

Locus Robotics, spécialiste américain des systèmes d'automatisation d'entrepôts, a officialisé le lancement de Locus Array, une solution qu'elle qualifie de système de préparation de commandes entièrement autonome. La plateforme intègre des robots mobiles autonomes (AMR), un bras de préhension robotisé et un module de perception piloté par IA, avec l'objectif de couvrir l'ensemble du flux de traitement des commandes sans intervention humaine. Des déploiements en accès anticipé sont déjà engagés chez des clients en Amérique du Nord, bien que les détails opérationnels (payload, cadence de cycle, taux de précision) n'aient pas encore été communiqués publiquement. L'enjeu industriel est réel : les AMR de première génération automatisaient le transport inter-zones, mais laissaient le picking, tâche la plus coûteuse en main-d'oeuvre -- à des opérateurs humains. Intégrer un bras de préhension directement sur la plateforme mobile représente un saut architectural vers l'autonomie bout-en-bout. Pour les intégrateurs et les décideurs logistiques, cela change le calcul du ROI : si les métriques tiennent à l'échelle, l'argument pour réduire les effectifs de picking devient structurel. Reste à valider la robustesse hors conditions contrôlées, un point que l'annonce ne documente pas encore. Locus Robotics a levé plus de 400 millions de dollars depuis sa fondation en 2015, mais a traversé une période difficile en 2023, avec des réductions d'effectifs significatives liées à un ralentissement du marché e-commerce. Locus Array s'inscrit donc dans une stratégie de repositionnement vers la valeur ajoutée. Sur ce segment, la concurrence est dense : Exotec (Roubaix, France) avec son système Skypod, Symbotic, Geek+ et Boston Dynamics avec Stretch visent tous le même créneau de préparation autonome. La phase d'accès anticipé devra produire des données opérationnelles convaincantes pour crédibiliser la proposition face à ces acteurs déjà déployés à grande échelle.

UEExotec (Roubaix, France) est directement en compétition sur ce créneau de préparation autonome et devra défendre sa position si Locus Array produit des métriques opérationnelles convaincantes à l'échelle.

IndustrielOpinion
1 source
Des quadrillages aux entrepôts : adapter la planification multi-agents légère en un coup pour les robots à guidage automatique
2arXiv cs.RO 

Des quadrillages aux entrepôts : adapter la planification multi-agents légère en un coup pour les robots à guidage automatique

Une équipe de chercheurs a publié le 21 mai 2026 (arXiv:2605.15799) un nouveau cadre algorithmique baptisé MAWPF (Multi-Agent Warehouse Pathfinding), conçu pour adapter les méthodes classiques de planification multi-agents (MAPF) aux véhicules guidés automatisés (AGV) à transmission différentielle réellement déployés en entrepôt. Contrairement aux formulations MAPF standards qui supposent une grille 2D à quatre connexions avec des déplacements unitaires, MAWPF intègre quatre contraintes physiques réalistes : les agents ne peuvent effectuer que des mouvements rectilignes ou des rotations sur place, les rotations ont un coût multi-étapes (non unitaire), les phases d'accélération et de décélération sont modélisées explicitement, et les collisions par l'arrière entre robots suiveurs sont interdites. Les auteurs ont adapté et comparé quatre algorithmes sous-optimaux représentatifs issus de la littérature MAPF : PP (Prioritized Planning), LNS2 (Large Neighborhood Search 2), PIBT (Priority Inheritance with Backtracking) et LaCAM. Les benchmarks montrent que PP et LNS2 peinent à résoudre des instances à grand nombre d'agents, tandis que les approches basées sur PIBT offrent une meilleure scalabilité, au prix d'un coût de solution plus élevé. Ce travail comble un écart concret entre la recherche en planification combinatoire et les contraintes opérationnelles des entrepôts automatisés, où les AGV à transmission différentielle dominent le marché (flottes Locus Robotics, 6 River Systems, Exotec Skypod). Le fait que les rotations et la cinématique soient désormais intégrées dans le modèle de collision élimine une source fréquente d'échec au déploiement, le "sim-to-real gap" cinématique, sans abandonner la tractabilité de la recherche combinatoire discrète. Pour un intégrateur ou un COO, cela signifie que les algorithmes de planification peuvent être qualifiés sur des métriques proches du comportement réel des véhicules, réduisant les ajustements coûteux en production. Le MAPF classique, formalisé depuis les années 2010 avec des algorithmes comme CBS (Conflict-Based Search) et ses variantes, a longtemps été critiqué pour son manque de réalisme physique. Des travaux récents comme MAPF avec agents de taille variable ou avec contraintes temporelles ont ouvert cette direction, mais la cinématique différentielle restait peu traitée. Sur le plan concurrentiel, Amazon Robotics et Waymo Via investissent dans des approches d'optimisation de flotte propriétaires, tandis que des startups comme Exotec (France) ou Autostore misent sur des architectures matérielles contraintes qui simplifient le problème de planification. La prochaine étape naturelle serait l'extension à la planification lifecycle (avec objectifs de livraison dynamiques) et des tests sur des entrepôts physiques instrumentés, non encore annoncés par les auteurs.

UELes intégrateurs de flottes AGV en Europe, et notamment Exotec (France, Skypod), peuvent s'appuyer sur ce cadre MAWPF pour qualifier leurs planificateurs sur des métriques cinématiques réalistes, réduisant les coûteux ajustements de production liés au sim-to-real gap différentiel.

IndustrielPaper
1 source
Vention s'associe à FANUC et Universal Robots pour l'automatisation définie par logiciel
3Robotics Business Review 

Vention s'associe à FANUC et Universal Robots pour l'automatisation définie par logiciel

Lors du salon Automate 2026 à Chicago, Vention Inc. a annoncé l'extension de son partenariat avec FANUC America et l'optimisation de sa plateforme de jumeau numérique pour les déploiements Universal Robots. La société montréalaise, fondée en 2016, a déployé plus de 25 000 machines dans plus de 4 000 usines à travers le monde et a levé 110 millions de dollars en janvier 2026. Sa plateforme MachineMotion AI et son écosystème MachineLogic élargissent désormais leur compatibilité à plusieurs familles de robots FANUC : les cobots CRX, les robots industriels LR Mate, les séries LR-10iA, M-710iD et M-20iD. Le principe technique central repose sur une planification de trajectoire sans collision générée automatiquement : l'opérateur définit uniquement un point de départ et un point d'arrivée, et le système calcule lui-même le chemin optimal après avoir scanné l'espace de travail en 3D. Cette reconstruction 3D s'appuie sur Foundation Stereo, un modèle open-source de NVIDIA Isaac basé sur l'estimation de profondeur stéréoscopique zero-shot, qui alimente la construction du jumeau numérique en temps réel. Ce positionnement répond à un problème structurel de l'automatisation industrielle : la complexité et la durée du commissionnement. En supprimant la programmation manuelle point par point et en proposant une simulation réaliste avant déploiement physique, Vention réduit le risque d'intégration et accélère la montée en cadence de production. Pour les intégrateurs et les responsables industriels, l'enjeu est concret : déployer une cellule robotique en quelques jours plutôt qu'en plusieurs semaines, sans expertise en code robot propriétaire. L'approche "goal-driven", piloter par objectif plutôt que par trajectoire préprogrammée, facilite aussi les environnements multi-SKU et les changements fréquents de layout, un cas d'usage réel dans les manufactures à forte variabilité. Il reste toutefois à noter que les annonces présentées au salon sont principalement des démonstrations de capacités et d'intégrations partenaires ; les métriques de temps de déploiement avancées par Vention ne sont pas encore accompagnées de données tierces publiées. Vention s'inscrit dans un segment émergent d'éditeurs de plateformes d'automatisation "full-stack" qui cherchent à simplifier l'accès aux robots industriels traditionnels, face à des acteurs comme Covariant, Symbio Robotics ou, dans le segment cobot, Hirebotics avec ses offres clé-en-main sur Universal Robots. Le choix de NVIDIA Isaac Foundation Stereo comme couche de perception indique une convergence accélérée entre les stacks robotiques industriels et les pipelines d'IA générative. Avec 4 000 usines clientes et une levée de fonds récente de 110 millions de dollars, Vention dispose d'une base d'expansion significative pour déployer ces nouvelles capacités à l'échelle. Les prochaines étapes probables incluent l'extension à d'autres familles de robots et le déploiement commercial des fonctionnalités annoncées à Automate, dont les timelines précises n'ont pas été communiquées.

UEL'extension de la plateforme Vention aux cobots Universal Robots (entreprise danoise) peut bénéficier aux intégrateurs et usines européennes cherchant à réduire la complexité de commissionnement sans expertise en programmation robot propriétaire.

IndustrielOpinion
1 source
Échouer vite, petit et sans risque : un modèle pratique pour l'automatisation robotique
4Robotics Business Review 

Échouer vite, petit et sans risque : un modèle pratique pour l'automatisation robotique

En automatisation robotique industrielle, la majorité des projets n'échouent pas par manque de compétence - ils échouent parce que les apprentissages critiques arrivent trop tard. C'est le constat du responsable de la recherche et de l'innovation chez Bullen Ultrasonics, spécialiste américain de l'usinage par ultrasons, dans une analyse publiée en avril 2026. Sa thèse centrale : les systèmes robotiques concentrent le risque en amont du déploiement. Une fois une cellule mise en service - outillage construit, trajectoires validées, temps de cycle figés, systèmes de sécurité certifiés - le moindre changement déclenche des cascades de perturbations. Un crash en phase d'intégration peut endommager des outils de préhension (EOAT), détruire des composants à long délai d'approvisionnement, et repousser les jalons de production de plusieurs semaines à plusieurs mois. Les hypothèses formulées en conception - portée, charge utile, inertie, variabilité des pièces, marges de préhension, comportements de récupération - paraissent souvent raisonnables individuellement, mais leurs interactions dans une cellule réelle génèrent des comportements que personne n'avait anticipés. Ce mécanisme de verrouillage précoce du risque transforme la logique de rentabilité d'un projet d'automatisation. Le ROI, pourtant clairement établi au départ (efficacité, sécurité, débit, capacité libérée), se retrouve directement exposé dès que les cycles de débogage, les reprises d'outillage et les dates de lancement manquées s'accumulent en fin de projet. L'enseignement clé pour les intégrateurs et les décideurs industriels est contre-intuitif : "fail fast" en robotique ne signifie pas déployer vite et itérer en production comme en développement logiciel - impossible sur une ligne réelle. Cela signifie forcer les incertitudes à remonter avant que les systèmes physiques soient figés, quand les conséquences sont encore maîtrisables et réversibles. Le timing de la découverte, pas la rigueur d'exécution, détermine si un échec est productif ou destructeur pour le projet. Bullen Ultrasonics, fondée en 1946 à Eaton (Ohio), s'est positionnée sur la robotisation de procédés d'usinage complexes, ce qui lui confère une perspective opérationnelle directe sur les défaillances d'intégration. L'article s'inscrit dans un débat structurant du secteur : alors que les grands fournisseurs de plateformes robotiques comme ABB, FANUC, KUKA ou Universal Robots poussent vers des déploiements plus rapides, et que les intégrateurs systèmes opèrent sous pression calendaire, la question de savoir où positionner les phases de validation reste critique. Il convient de noter que l'article ne présente pas de métriques chiffrées ni de retours d'expérience concrets, et se positionne davantage comme un cadre méthodologique généraliste. Des recommandations pratiques sur la simulation, la validation en environnement réduit et la gestion structurée des hypothèses d'intégration sont annoncées dans des publications à venir.

IndustrielOpinion
1 source