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Hiroshi Fujiwara et Robert Little sélectionnés pour les prix Joseph F. Engelberger 2026
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Hiroshi Fujiwara et Robert Little sélectionnés pour les prix Joseph F. Engelberger 2026

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L'association américaine A3 (Association for Advancing Automation) a désigné Hiroshi Fujiwara et Robert Little lauréats des prix Joseph F. Engelberger Robotics 2026, les distinctions les plus reconnues du secteur dans les catégories leadership et application. Fujiwara, directeur exécutif de la Japan Robot Association (JARA), est récompensé pour plusieurs décennies de travail stratégique en matière de politique industrielle et de coopération internationale. Little, cofondateur d'ATI Industrial Automation en 1989, est honoré pour ses contributions à la technologie des effecteurs de robots : changeurs d'outils, capteurs de force/couple et systèmes d'interface bras-outil. La remise des prix aura lieu le 24 juin 2026 à McCormick Place à Chicago, lors du salon Automate 2026. Sous la direction de Little, ATI est passé d'environ 1 million de dollars de chiffre d'affaires à plus de 100 millions, avant d'être racheté par Novanta en 2021. Il dirige aujourd'hui Robert Little Robotics, un cabinet de conseil en stratégie robotique.

La distinction accordée à Little est révélatrice d'un moment charnière pour l'industrie nord-américaine. Dans ses déclarations au Robot Report, il identifie trois leviers décisifs pour que l'Amérique du Nord regagne un avantage industriel : la fiabilité des systèmes, le reshoring de la production, et l'essor de l'IA physique embarquée dans les robots. Little insiste sur un fait structurel souvent sous-estimé : la pénurie de main-d'oeuvre ne se résorbe pas, elle s'aggrave. Pour les intégrateurs et les décideurs industriels, ce constat renforce l'urgence d'automatiser, que ce soit aux États-Unis pour le marché américain ou en France pour le marché européen, une symétrie qu'il évoque explicitement. Ce cadrage tranche avec le discours purement technologique habituel des prix sectoriels : Little utilise sa tribune pour plaider une cause économique et politique autant que technique.

La trajectoire d'ATI Industrial Automation illustre à la fois les succès et les limites historiques de l'écosystème américain. Little reconnaît sans ambages que les États-Unis ont perdu le leadership en robotique de production, largement capté par le Japon dans les années 1980 grâce à une politique gouvernementale volontariste dont la JARA, représentée par Fujiwara, fut l'un des instruments. Aujourd'hui, FANUC continue de produire ses robots de peinture aux États-Unis pour l'export mondial, signe que le tissu industriel américain n'a pas totalement cédé le terrain. La pression du reshoring, accentuée par les tensions géopolitiques et les fragilités logistiques post-Covid, crée une fenêtre d'opportunité que l'A3 cherche à institutionnaliser via un plaidoyer pour une politique fédérale de robotique. Les prochaines étapes passent par Automate 2026, qui réunira les acteurs clés du secteur à Chicago en juin, dans un contexte de compétition accrue avec les écosystèmes européens et asiatiques.

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La deuxième et dernière journée du Robotics Summit & Expo 2026 s'est tenue le 28 mai à Boston, au Thomas M. Menino Convention & Exhibition Center. La matinée a débuté à 8h00 par un petit-déjeuner "Women in Robotics" affiché complet, réunissant Joyce Sidopoulos, cofondatrice et COO de MassRobotics, et Mikell Taylor, directrice de la stratégie robotique chez General Motors. Brian Gerkey, président du conseil d'Open Robotics et CTO d'Intrinsic, a ouvert les keynotes à 9h05 avec "An Open Foundation for the Age of AI-Powered Robots", suivi à 10h00 par Taylor sur "What Makes a Robot Worthy?". Le hall d'exposition a fermé à 15h00, et Noland Arbaugh, premier utilisateur d'une interface cerveau-ordinateur Neuralink, a assuré la keynote de clôture à 15h30. Les sessions de breakout de la journée ont couvert l'intégration d'AMR (autonomous mobile robots) en entrepôt (Greg Meyne, enVista), le déploiement AMR de Tesla dans les usines américaines existantes (Joshua Joseph), la productisation de l'IA robotique dans un panel réunissant Anders Beck d'Universal Robots, Dave Coleman de PickNik Robotics et Andy Lonsberry de Path Robotics, les capteurs force-couple en production (Ryan Young, HBK), et la latence en chirurgie à distance (Darren Porras, Healthcare Real-Time Innovations). Le programme de cette journée de clôture traduit un pivot du secteur vers le déploiement concret plutôt que la démonstration conceptuelle. La session Tesla sur les usines "legacy" est particulièrement significative : Joshua Joseph y présente un retour terrain sur l'intégration d'AMR dans des infrastructures industrielles préexistantes, avec leurs contraintes réelles d'interopérabilité et de connectivité, un sujet que les conférences robotiques évitent souvent au profit des environnements greenfield. La tension entre promesse des modèles VLA (vision-language-action) et fiabilité en production ressort du panel sur la productisation de l'IA, tandis qu'Ariana Eisenstein, fondatrice et CTO de Pickle Robot, apporte un angle pragmatique avec son retour d'expérience sur la transition lab-to-field, étape critique souvent sous-documentée dans les publications académiques et industrielles. Le Robotics Summit & Expo, organisé par The Robot Report, est le principal rendez-vous américain des développeurs de robotique commerciale. MassRobotics, le hub robotique de Boston, en est le partenaire institutionnel central, avec un career fair, un healthcare startup showcase en cinquième édition, et le programme Women in Robotics. L'édition 2026 confirme plusieurs dynamiques de fond : la convergence autour des middlewares ouverts portés par Intrinsic et Open Robotics, la montée en puissance des AMR en logistique, et l'irruption des interfaces cerveau-machine comme vecteur d'attention au-delà du public industriel. Aucun acteur français ou européen ne figure dans le programme publié, confirmant que l'événement reste très ancré dans l'écosystème nord-américain, avec une présence marquée des grands industriels (GM, Tesla, Texas Instruments) aux côtés des pure players robotique comme Universal Robots ou Path Robotics.

IndustrielActu
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Hyundai déploie des chiens robots pour sécuriser les sites de la Coupe du Monde 2026
2Interesting Engineering 

Hyundai déploie des chiens robots pour sécuriser les sites de la Coupe du Monde 2026

Hyundai Motor Company a déployé quatre robots quadrupèdes Spot de Boston Dynamics pour patrouiller deux sites stratégiques de la Coupe du Monde FIFA 2026, qui se tient simultanément aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Les robots opèrent à l'International Broadcast Center de Dallas ainsi qu'aux stades de New York et du New Jersey, où ils assurent des rondes de surveillance autonomes, des inspections en temps réel et le monitoring de zones à forte affluence. C'est la première fois que des Spot sont engagés sur un tournoi FIFA, dans le cadre du partenariat officiel "FIFA Official Robotics Partner" signé entre les deux organisations. En parallèle, Hyundai gère une flotte logistique de 1 500 véhicules, 994 voitures particulières et 506 autocars, dont une partie en versions hybrides, pour les transferts d'équipes, officiels et médias entre les 16 villes hôtes. Ce déploiement représente un test grandeur nature pour la robotique mobile hors environnement industriel contrôlé. Les stades et centres de diffusion du Mondial accueillent des dizaines de milliers de visiteurs, de personnels et de journalistes dans des configurations spatiales qui changent d'heure en heure, un contexte radicalement différent des chaînes de montage où Spot a fait ses preuves. Engager quatre unités dans un environnement aussi dense et imprévisible permet à Hyundai et Boston Dynamics de valider des capacités de navigation en foule, de détection d'anomalies et de reporting autonome que les simulations d'usine ne peuvent pas reproduire. Pour les intégrateurs et décideurs sécurité, le signal est clair : la robotique de patrouille commence à franchir le seuil de l'événementiel grand public, avec des contraintes de fiabilité et de sécurité bien plus exigeantes qu'en milieu industriel fermé. Boston Dynamics commercialise Spot depuis 2020 pour des applications d'inspection industrielle, pétrolière et de construction, mais les déploiements en sécurité événementielle restent rares et généralement limités à des pilotes discrets. Hyundai Motor Group a acquis Boston Dynamics en 2021 pour environ 1,1 milliard de dollars, faisant de la robotique mobile l'un de ses axes stratégiques aux côtés de l'électrification. Sur ce segment, Spot est en concurrence directe avec les quadrupèdes de Unitree (Chine) et ANYbotics (Suisse), ce dernier davantage positionné sur l'industrie lourde et les infrastructures critiques. La Coupe du Monde 2026, 48 équipes, 104 matches, trois pays, constitue la plus grande édition de l'histoire du tournoi, et Hyundai l'utilise manifestement comme vitrine commerciale. Les performances opérationnelles des quatre Spot sur les six semaines de compétition seront scrutées par les organisateurs d'événements sportifs et les gestionnaires de sites qui évaluent actuellement la robotique de surveillance comme alternative ou complément aux agents de sécurité humains.

UEImpact indirect : le déploiement valide le segment sécurité événementielle et renforce la pression concurrentielle sur ANYbotics (Suisse), principal acteur européen du quadrupède industriel, sans implication directe d'entreprises ou réglementations françaises ou européennes.

IndustrielOpinion
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HII s'associe à Path Robotics et GrayMatter Robotics pour accélérer la construction navale
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HII s'associe à Path Robotics et GrayMatter Robotics pour accélérer la construction navale

HII (Huntington Ingalls Industries), premier constructeur naval américain basé à Newport News, Virginie, a annoncé cette semaine le programme HYPR (High-Yield Production Robotics) en partenariat avec Path Robotics et GrayMatter Robotics. Développé au sein du Dark Sea Labs Advanced Technology Group de HII, HYPR vise à combiner quatre capacités automatisées en une seule ligne de production coordonnée : soudage robotisé à base de physical AI, déplacement automatisé de matériaux, traitement autonome des surfaces et contrôles qualité autonomes. Path Robotics apporte son IA physique pour la fabrication ; GrayMatter Robotics contribue sa plateforme FSI (Factory SuperIntelligence) dédiée à la préparation de surface, la finition, le revêtement et l'inspection. HII réalise "des millions d'heures de soudage par an" et affiche un carnet de commandes de plusieurs milliards de dollars, selon Andy Lonsberry, CEO et co-fondateur de Path Robotics. Des démonstrations proof-of-concept sont prévues en 2026, avec un pilote complet en 2027. L'intérêt stratégique de HYPR dépasse la simple juxtaposition d'outils autonomes. En orchestrant plusieurs systèmes au sein d'une même ligne de fabrication structurale, le programme s'attaque à des tâches à forte variabilité qui ont jusqu'ici résisté à l'automatisation traditionnelle. Le soudage naval concentre les risques les plus aigus : Lonsberry le qualifie de "tâche la plus importante, la plus coûteuse et la plus destructive" du processus, car une erreur de cordon n'est pas récupérable à la différence d'un composant mal positionné. Pour les intégrateurs et les décideurs industriels, c'est un signal concret que les systèmes de physical AI commencent à opérer dans des environnements non structurés, loin des benchmarks de laboratoire. Le pilote 2027 constituera un test grandeur nature du passage sim-to-real dans la construction navale, secteur notoirement moins standardisé que l'automobile, où les surfaces complexes et les gabarits variables rendent les robots à trajectoires fixes peu adaptés. HII a consolidé ce partenariat en deux étapes rapprochées : un mémorandum d'entente avec Path Robotics signé en février 2026 pour explorer le soudage assisté par IA, suivi d'un accord avec GrayMatter Robotics début avril 2026. Dans ce même intervalle, Path Robotics a lancé Rove, un système de soudage mobile combinant son IA propriétaire Obsidian à un robot quadrupède, étendant ses capacités au-delà des postes fixes. GrayMatter, spécialisée dans l'industrialisation de l'IA pour les ateliers de fabrication, se positionne sur les opérations de finition et d'inspection que les robots classiques ne savent pas gérer. Le programme s'inscrit dans la politique de renforcement de la capacité navale nationale portée par le Département de la Défense américain, qui cherche à accélérer la production de ce qu'il nomme sa "golden fleet". Aucun acteur européen n'est impliqué directement, mais des groupes comme Naval Group surveillent ce type d'intégration multi-systèmes pour leurs propres programmes de modernisation.

UENaval Group et les chantiers navals européens surveillent le programme HYPR comme signal de maturité des systèmes multi-robots pour le soudage en environnement non structuré, mais aucun impact direct sur la France/UE à ce stade.

IndustrielOpinion
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Échouer vite, petit et sans risque : un modèle pratique pour l'automatisation robotique
4Robotics Business Review 

Échouer vite, petit et sans risque : un modèle pratique pour l'automatisation robotique

En automatisation robotique industrielle, la majorité des projets n'échouent pas par manque de compétence - ils échouent parce que les apprentissages critiques arrivent trop tard. C'est le constat du responsable de la recherche et de l'innovation chez Bullen Ultrasonics, spécialiste américain de l'usinage par ultrasons, dans une analyse publiée en avril 2026. Sa thèse centrale : les systèmes robotiques concentrent le risque en amont du déploiement. Une fois une cellule mise en service - outillage construit, trajectoires validées, temps de cycle figés, systèmes de sécurité certifiés - le moindre changement déclenche des cascades de perturbations. Un crash en phase d'intégration peut endommager des outils de préhension (EOAT), détruire des composants à long délai d'approvisionnement, et repousser les jalons de production de plusieurs semaines à plusieurs mois. Les hypothèses formulées en conception - portée, charge utile, inertie, variabilité des pièces, marges de préhension, comportements de récupération - paraissent souvent raisonnables individuellement, mais leurs interactions dans une cellule réelle génèrent des comportements que personne n'avait anticipés. Ce mécanisme de verrouillage précoce du risque transforme la logique de rentabilité d'un projet d'automatisation. Le ROI, pourtant clairement établi au départ (efficacité, sécurité, débit, capacité libérée), se retrouve directement exposé dès que les cycles de débogage, les reprises d'outillage et les dates de lancement manquées s'accumulent en fin de projet. L'enseignement clé pour les intégrateurs et les décideurs industriels est contre-intuitif : "fail fast" en robotique ne signifie pas déployer vite et itérer en production comme en développement logiciel - impossible sur une ligne réelle. Cela signifie forcer les incertitudes à remonter avant que les systèmes physiques soient figés, quand les conséquences sont encore maîtrisables et réversibles. Le timing de la découverte, pas la rigueur d'exécution, détermine si un échec est productif ou destructeur pour le projet. Bullen Ultrasonics, fondée en 1946 à Eaton (Ohio), s'est positionnée sur la robotisation de procédés d'usinage complexes, ce qui lui confère une perspective opérationnelle directe sur les défaillances d'intégration. L'article s'inscrit dans un débat structurant du secteur : alors que les grands fournisseurs de plateformes robotiques comme ABB, FANUC, KUKA ou Universal Robots poussent vers des déploiements plus rapides, et que les intégrateurs systèmes opèrent sous pression calendaire, la question de savoir où positionner les phases de validation reste critique. Il convient de noter que l'article ne présente pas de métriques chiffrées ni de retours d'expérience concrets, et se positionne davantage comme un cadre méthodologique généraliste. Des recommandations pratiques sur la simulation, la validation en environnement réduit et la gestion structurée des hypothèses d'intégration sont annoncées dans des publications à venir.

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