Aller au contenu principal
Le fondateur d'iRobot veut placer un compagnon robotique dans votre foyer
IA physiqueIEEE Spectrum Robotics 

Le fondateur d'iRobot veut placer un compagnon robotique dans votre foyer

1 source couvre ce sujet·Source originale ↗·
Résumé IASource uniqueImpact UE

Colin Angle, cofondateur d'iRobot - la société derrière le Roomba et la plus grande réussite commerciale de l'histoire de la robotique domestique - a présenté le 4 mai 2026 le premier robot de sa nouvelle entreprise, Familiar Machines & Magic (FM&M). Baptisé "Familiar", ce quadrupède à 23 degrés de liberté est recouvert d'une peau tactile personnalisée, équipé d'un réseau de microphones, d'un système de vision et d'une pile d'IA embarquée reposant sur un modèle multimodal compact optimisé pour le raisonnement social, combinant en temps réel vision, audio, langage et mémoire. La forme est délibérément celle d'un ours très abstrait - ni chien, ni chat - suivant la stratégie de Paro et Pleo : l'absence de référent animal direct réduit les attentes préconçues de l'utilisateur. Destiné aux adultes, Familiar est conçu pour vivre dans un foyer, chercher le contact de ses habitants et les aider à instaurer des routines positives - limiter le temps d'écran, inciter à sortir marcher. Aucun prix ni date de commercialisation n'ont été communiqués : il s'agit à ce stade d'un premier prototype présenté publiquement. Morgan Pope, ancien chercheur chez Disney Research, figure parmi les cofondateurs clés.

Ce lancement teste une hypothèse industrielle précise : deux avancées récentes rendraient aujourd'hui crédible un robot social grand public viable. Pope identifie d'abord les robots bipèdes de Disney pilotés par apprentissage par renforcement (RL), qui ont démontré qu'une locomotion adaptative sur terrain varié ne nécessite plus d'actionneurs coûteux à faible jeu mécanique. Ensuite, les modèles génératifs multimodaux, dont Pope reconnaît ouvertement qu'ils excellent à créer "l'illusion plausible d'intelligence" - suffisante pour rendre un personnage cohérent sans compréhension profonde du monde physique. Pour les intégrateurs et décideurs, c'est un signal que le ratio performance/coût du hardware embarqué et du software a franchi un seuil. Le positionnement "coaching comportemental" tente de distinguer Familiar des gadgets de compagnie en lui assignant une utilité mesurable, là où ses prédécesseurs peinaient à justifier leur prix.

La catégorie des robots sociaux grand public accumule les échecs commerciaux : Jibo, Cozmo, et le premier AIBO de Sony ont illustré la difficulté à convaincre au-delà des early adopters. Angle dispose d'une crédibilité rare dans ce contexte : iRobot a vendu des dizaines de millions de Roombas avant d'être racheté par Amazon en 2022, puis revendu. FM&M se positionne face à l'AIBO actuel de Sony (quadrupède social, environ 2 900 euros), mais avec une proposition d'IA comportementale plus ambitieuse et un traitement local plutôt que cloud. Aucun acteur français ou européen n'opère directement sur ce segment résidentiel - Enchanted Tools avec Miroki cible le secteur tertiaire. Les prochaines étapes de FM&M restent non communiquées : pas de timeline de lancement, pas de partenaire distributeur annoncé.

À lire aussi

AttenA+ : corriger l'inégalité des actions dans les modèles fondation pour la robotique
1arXiv cs.RO 

AttenA+ : corriger l'inégalité des actions dans les modèles fondation pour la robotique

Une équipe de chercheurs propose AttenA+, un framework d'entraînement pour modèles de fondation robotiques publié sur arXiv (2605.13548) en mai 2026. Le constat de départ est simple : les modèles Vision-Language-Action (VLA) et World-Action Models (WAM) actuels héritent du paradigme d'entraînement des LLMs, qui traite chaque token -- ici chaque action -- avec le même poids dans la fonction de perte. Or une trajectoire de manipulation robotique n'est pas homogène : les segments à faible vitesse (préhension précise, insertion, contact fin) conditionnent le succès de la tâche, tandis que les phases à haute vitesse (transitions entre positions) tolèrent l'erreur. AttenA+ corrige ce déséquilibre en repondérant dynamiquement la loss d'entraînement via un champ de vitesse inverse, sans modifier l'architecture ni ajouter de paramètres. Sur le benchmark Libero, le modèle OpenVLA-OFT passe de 97,1 % à 98,6 % (+1,5 points) ; FastWAM atteint 92,4 % sur RoboTwin 2.0 (+0,6 points). Des validations sur bras Franka en conditions réelles confirment la généralisation inter-tâches. L'enjeu dépasse les chiffres de benchmark. Le domaine robotique investit massivement dans le scaling -- plus de données, plus de paramètres, plus de compute -- comme levier principal de performance. AttenA+ suggère qu'une partie du plafond actuel des VLA n'est pas liée à la taille du modèle mais à un biais structurel d'optimisation, ignorant la physique de la manipulation. Pour un intégrateur ou un équipementier qui déploie des bras dans des lignes d'assemblage, cela signifie potentiellement de meilleures performances sur des gestes précis (vissage, pick-and-place serré) sans coût de réentraînement supplémentaire -- le framework se greffe sur les backbones existants en plug-and-play. Les VLA ont connu une accélération notable depuis pi0 (Physical Intelligence, 2024) et GR00T N2 (NVIDIA, 2025), mais la majorité des gains publiés reposaient sur l'augmentation de données ou de paramètres. AttenA+ s'inscrit dans une tendance émergente : exploiter les priors structurels des séquences d'action plutôt que brute-forcer le scaling. Les benchmarks utilisés -- Libero et RoboTwin 2.0 -- restent des environnements simulés, et l'expérimentation Franka décrite dans le papier est limitée. La robustesse à des environnements industriels moins contrôlés reste à démontrer. Aucun partenaire industriel ni timeline de déploiement n'est mentionné dans ce preprint académique.

IA physiqueOpinion
1 source
Vers un raisonnement par trace spatiale dans les modèles vision-langage pour la robotique
2arXiv cs.RO 

Vers un raisonnement par trace spatiale dans les modèles vision-langage pour la robotique

Une équipe de chercheurs présente RoboTracer, un modèle de vision-langage (VLM) 3D permettant aux robots de tracer des trajectoires dans l'espace physique en raisonnant sur des mesures métriques concrètes. Publié en version 3 sur arXiv (2512.13660, décembre 2025), le système combine référencement spatial 3D et mesure de distance via un encodeur universel et un décodeur à supervision par régression, affiné d'abord en apprentissage supervisé (SFT) puis par renforcement (RFT) avec des récompenses intermédiaires sensibles aux métriques. Le dataset d'entraînement TraceSpatial regroupe 30 millions de paires question-réponse sur scènes intérieures, extérieures et de manipulation, avec des chaînes de raisonnement atteignant 9 étapes. Sur le benchmark TraceSpatial-Bench introduit par les auteurs, RoboTracer atteint 79,1 % de taux de succès moyen et dépasse Gemini-2.5-Pro de 36 points de précision. Le système a été validé sur bras UR5 (Universal Robots) et humanoïde G1 (Unitree) dans des scènes réelles encombrées. La contribution principale tient dans le raisonnement métrique, une capacité absente des VLM classiques : décrire une scène en langage naturel ne suffit pas pour estimer qu'un obstacle se trouve à 0,47 m à gauche, information nécessaire à toute trajectoire exécutable. L'approche RFT avec récompenses de processus supervise les étapes perceptuelles intermédiaires et non uniquement le résultat final, ce qui réduit concrètement l'écart entre compréhension sémantique et exécution physique (le demo-to-reality gap). Pour un intégrateur ou un COO industriel, cela signifie un robot capable d'opérer dans des espaces non cartographiés à l'avance. L'avance de 36 % sur Gemini-2.5-Pro est notable, même si ce modèle n'est pas conçu pour la robotique embarquée. RoboTracer s'inscrit dans la compétition autour des modèles VLA (Vision-Language-Action), aux côtés de Pi-0 de Physical Intelligence, GR00T N2 de NVIDIA et OpenVLA, qui cherchent tous à unifier perception, raisonnement et action dans un modèle unique. Sa spécificité est l'accent sur la conscience métrique plutôt que sur le contrôle moteur fin, niche où Pi-0 reste dominant. Le choix des plateformes UR5 (bras industriel 6 axes, référence en intégration industrielle) et G1 (humanoïde Unitree, 43 degrés de liberté, environ 35 000 $) renforce la crédibilité de la généralisation multi-robots. À ce stade, il s'agit d'un résultat de recherche sans déploiement commercial annoncé ; la publication du dataset TraceSpatial et du benchmark ouvert constitue en revanche une infrastructure réutilisable directement par la communauté robotique.

UELe dataset TraceSpatial et le benchmark ouvert sont librement accessibles aux laboratoires européens de robotique, mais aucun acteur ou déploiement européen n'est impliqué dans cette contribution.

IA physiqueOpinion
1 source
Facet-0 : un modèle fondation robotique pour la manipulation précise en contact riche
3arXiv cs.RO 

Facet-0 : un modèle fondation robotique pour la manipulation précise en contact riche

Un preprint publié sur arXiv (2609.01596) présente Facet-0, un modèle de fondation robotique pour l'assemblage de précision à tolérance sous-millimétrique, capable de prédire et d'évaluer les conséquences de contact de ses actions. Par flow matching, il génère chaque segment de mouvement avec le profil de force au poignet attendu, aligné sur l'historique des forces, la sémantique vision-langage et l'état cinématique, puis affine sa politique grâce à un critique distributionnel entraîné sur les déploiements réels et des récompenses ciblant les interactions de contact décisives. Entraîné sur ManuFacet-1K, un corpus de 1 000 heures synchronisées avec des données de force sur trois embodiments et plusieurs cellules de fabrication, le système atteint 82% de réussite moyenne sur cinq tâches d'assemblage informatique sous-millimétrique, contre 15% pour la meilleure référence, avec 0,5 mm de précision de placement et 50 ms de latence de commande. Ce résultat cible un angle mort des modèles vision-langage-action actuels, à l'aise pour saisir et déplacer des objets mais peu fiables dès qu'une tâche exige un contact fin, comme l'insertion de connecteurs ou le vissage. En traitant le retour de force comme signal d'apprentissage plutôt que garde-fou de sécurité, Facet-0 s'attaque à l'écart entre démonstrations impressionnantes et fiabilité réelle en ligne d'assemblage électronique, un enjeu concret pour les intégrateurs qui évaluent des bras génériques au-delà du tri ou de la manutention. Si l'écart revendiqué entre 82% et 15% se confirme dans des évaluations indépendantes, la modélisation explicite du contact pourrait devenir un prérequis pour les modèles de fondation visant l'industrie manufacturière exigeante. Facet-0 s'inscrit dans la vague des modèles de fondation robotique généralistes lancée par des systèmes comme Pi-0, GR00T N2 ou Helix, qui unifient perception, langage et contrôle moteur mais brillent surtout sur des tâches de manipulation grossière. En couplant une tête de prédiction de force à un critique dédié aux conséquences du contact, ses auteurs cherchent à combler ce manque sans abandonner l'architecture VLA générale. Le travail reste à ce stade une publication de recherche, sans annonce de déploiement industriel ni de mise à disposition du code ou du jeu de données ManuFacet-1K, les prochaines étapes attendues étant la revue par les pairs et des comparaisons indépendantes.

IA physiqueActu
1 source
Skild AI dévoile S1, son modèle fondation phare pour la robotique
4Robotics Business Review 

Skild AI dévoile S1, son modèle fondation phare pour la robotique

Skild AI a dévoilé S1, son modèle de fondation robotique phare, conçu pour l'apprentissage en contexte : une vidéo d'un humain réalisant une tâche, ajoutée au prompt, suffit au robot pour la reproduire sans réentraînement, explique le cofondateur et PDG Deepak Pathak. Fondée en 2023, la start-up a levé près de 1,7 milliard de dollars pour bâtir ce "cerveau" robotique généraliste. S1 cible des tâches longues, jusqu'à dix minutes, comme rempoter une plante, préparer un café ou cuisiner des pancakes, plutôt que les gestes de quelques secondes habituellement démontrés. Il combine quatre sources de données d'entraînement, téléopération, vidéos humaines, simulation et gants de capture de mouvement, chacune compensant les limites des autres. Pathak affirme que le robot a improvisé le retournement d'une crêpe à la spatule sans aucun exemple de ce geste dans ses millions d'heures de données d'entraînement, en généralisant à partir de la seule vidéo du prompt. Le modèle est dit "omni-corps", fonctionnant sur bras fixes, quadrupèdes et humanoïdes. Cette annonce s'inscrit dans le débat sur un éventuel "moment ChatGPT" de la robotique, où un modèle de fondation unique remplacerait le post-entraînement tâche par tâche qui freine aujourd'hui le passage à l'échelle des déploiements. Si ces résultats se confirment sur des tâches longues et non scriptées, ils contrediraient l'idée que l'apprentissage en contexte ne fonctionne que sur des gestes courts déjà vus en simulation. Pour les intégrateurs, un modèle apprenant par une seule vidéo démonstrative réduirait le coût de reconfiguration des robots face à de nouvelles lignes ou de nouvelles références produits. Skild AI n'a toutefois publié ni protocole de test indépendant, ni taux de réussite chiffré, ni durée de cycle précise : ces démonstrations restent une vitrine contrôlée plutôt qu'un produit validé en conditions industrielles. L'entreprise reconnaît elle-même que ses résultats sur humanoïdes, capables de continuer une tâche après la perte d'un membre, proviennent d'une version antérieure du modèle, pas encore mise à l'échelle. Skild AI a été cofondée en 2023 par Deepak Pathak et Abhinav Gupta, chercheurs issus de Carnegie Mellon, avec l'ambition de vendre un modèle de fondation indépendant du matériel plutôt que de construire son propre robot. Ses près de 1,7 milliard de dollars levés en font l'un des acteurs les mieux capitalisés du secteur, aux côtés de rivaux développant leurs propres modèles vision-langage-action, comme Pi-0 de Physical Intelligence, GR00T N2 de NVIDIA ou Helix de Figure AI, tandis que des humanoïdes comme Optimus ou Figure 03 restent pilotés par des piles logicielles propriétaires intégrées verticalement. Contrairement à ces approches liées à un matériel spécifique, Skild positionne S1 comme une couche logicielle tierce, applicable à des plateformes existantes. L'entreprise dit vouloir concentrer ses prochains efforts sur l'amélioration de S1 sur humanoïdes, sans donner de calendrier de déploiement pilote ni de client industriel nommé à ce stade.

IA physiqueActu
1 source