
Atelier interdisciplinaire sur l'intelligence mécanique : rapport de synthèse
Les 30 et 31 mai 2024, la National Science Foundation (NSF) a accueilli dans ses locaux un atelier interdisciplinaire de deux jours consacré à l'intelligence mécanique (MI, Mechanical Intelligence). L'événement a réuni 38 chercheurs académiques invités et 8 responsables de programmes NSF, soit 46 participants au total. Le format privilégiait les discussions en petits groupes (4 à 5 personnes) et en groupes élargis (9 à 10 personnes), chaque session aboutissant à des notes consignées dans des diaporamas partagés et présentées en clôture le second jour. Le rapport issu de ce workshop vient d'être déposé sur arXiv (2604.16381).
L'intelligence mécanique désigne la capacité de systèmes matériels, biologiques ou robotiques à encoder des fonctions cognitives, réactivité, adaptabilité, mémoire, apprentissage, directement dans leur structure physique, sans recourir à du calcul électronique ou à du code logiciel. C'est une rupture conceptuelle avec l'intelligence computationnelle classique : plutôt que de traiter l'information dans un processeur centralisé, le comportement intelligent émerge de la morphologie, de la compliance ou des propriétés des matériaux eux-mêmes. Pour les intégrateurs et concepteurs de systèmes robotiques, cette approche ouvre une voie vers des robots plus robustes, moins énergivores et capables d'opérer dans des environnements non structurés sans dépendre d'une boucle de contrôle lourde.
Ce workshop s'inscrit dans un intérêt croissant pour la robotique morphologique et la soft robotics, des champs où des institutions européennes comme l'EPFL, l'Università di Pisa ou des startups françaises proches de l'écosystème Inria jouent un rôle actif. La MI fait écho aux travaux sur les actionneurs compliant et aux recherches sur le sim-to-real gap : si l'intelligence est partiellement distribuée dans la mécanique, les besoins en simulation précise diminuent. Le rapport de synthèse, produit collectivement par les participants, constitue une feuille de route potentielle pour orienter les futurs appels à projets NSF dans ce domaine, et pourrait influencer des financements analogues côté ERC ou ANR dans les prochaines années.
L'EPFL, l'Università di Pisa et l'écosystème Inria sont actifs dans le champ couvert ; les conclusions du rapport pourraient orienter de futurs appels ERC et ANR en robotique morphologique et soft robotics.



