
IA : pour éviter la « rupture du pacte social », la CSNP promeut la coordination
La Commission Supérieure du Numérique et des Postes (CSNP) a publié le 26 mars un avis sur l'adoption de l'intelligence artificielle par les entreprises françaises, accompagné d'une table-ronde réunissant les acteurs auditionnés. Le document formule 26 recommandations structurées en cinq chapitres pour aider la France à naviguer entre adoption technologique et cohésion sociale.
Le diagnostic posé par le sénateur Damien Michallet (Les Républicains, Isère) identifie trois tensions majeures auxquelles fait face le pays. La première est financière : les États-Unis ont injecté 420 milliards de dollars dans leurs infrastructures numériques en 2025 seulement, creusant l'écart avec les ambitions européennes. La deuxième est énergétique, l'essor de l'IA entrant en conflit direct avec l'objectif français de réindustrialisation décarbonée. La troisième, sociale, concerne notamment l'avenir professionnel des jeunes diplômés face à l'automatisation.
La ministre déléguée chargée de l'IA et du numérique, Anne Le Hénanff, ajoute à ces trois tensions une quatrième, d'ordre sociétal : le risque de détournement des systèmes d'IA à des fins malveillantes. Elle cite les menaces envers les personnes vulnérables — en écho aux controverses autour de la diffusion de deepfakes pornographiques via Grok — mais aussi envers les entreprises elles-mêmes, exposées à des attaques exploitant des contenus manipulés par IA. Les 26 recommandations de la CSNP s'articulent autour de cinq axes : piloter, accompagner (notamment l'adoption de solutions françaises ou européennes), former, renforcer le dialogue social, et simplifier le cadre réglementaire existant.
La CSNP formule 26 recommandations directement adressées aux entreprises et décideurs français, articulant ambition industrielle et conformité à l'AI Act européen, avec un appel explicite au dialogue social pour anticiper les suppressions de postes liées à l'IA.


