
Le Parlement européen interdit les images pornographiques générées par IA, après les polémiques contre Grok
Le Parlement européen a adopté une résolution interdisant la création et la diffusion d'images pornographiques générées par intelligence artificielle sans le consentement des personnes représentées. Cette décision fait suite à une série de scandales impliquant des outils de «nudification» automatisée, au premier rang desquels Grok, le chatbot d'xAI appartenant à Elon Musk, accusé début 2025 de produire facilement des contenus sexuels explicites à partir de simples photos de personnes réelles.
La mesure vise à combler un vide juridique considérable : des millions de femmes ont déjà été victimes de deepfakes pornographiques non consentis, avec des répercussions graves sur leur vie professionnelle et personnelle. En ciblant explicitement les contenus générés par IA, le Parlement européen entend responsabiliser les plateformes hébergeant ces outils et durcir les sanctions contre leurs auteurs, dans le prolongement de la directive sur les violences faites aux femmes adoptée en 2024.
Cette résolution s'inscrit dans une stratégie plus large d'encadrement des dérives de l'IA générative par l'Union européenne, après l'AI Act entré en vigueur en 2024. La pression des associations féministes a pesé dans le débat — notamment la manifestation de Séoul en août 2024 contre les pratiques de nudification, qui avait réuni des dizaines de milliers de personnes. Le texte prévoit que les plateformes soient tenues pour coresponsables en cas de diffusion de ces contenus illicites.
La prochaine étape cruciale sera la transposition de ces dispositions dans les législations nationales des Vingt-Sept, un processus qui déterminera l'effectivité réelle des sanctions et la capacité des États membres à poursuivre les auteurs de ces contenus, y compris lorsqu'ils opèrent depuis l'extérieur de l'espace européen.
La transposition de cette résolution dans les législations nationales des Vingt-Sept obligera les plateformes opérant en Europe à retirer les deepfakes pornographiques non consentis et à renforcer leur modération sous peine de sanctions renforcées.


