
OpenAI tue Sora : comment l’IA de vidéo tant attendue a fait un flop ?
OpenAI a officiellement mis fin à Sora, son générateur de vidéos par intelligence artificielle, le 24 mars 2026 — seulement six mois après son lancement grand public en septembre 2025. L'équipe officielle de l'outil a publié un message d'adieu sur le réseau X, confirmant l'arrêt définitif d'un produit qui devait, selon ses promoteurs, révolutionner l'industrie créative et hollywoodienne.
Le bilan est sans appel : malgré un démarrage fulgurant — avec plus d'un million de téléchargements dès les premières semaines, surpassant le rythme de ChatGPT à ses débuts — l'engouement s'est rapidement évaporé. Le problème structurel est double : un taux de rétention à 30 jours inférieur à 8 %, et des coûts d'infrastructure estimés à 15 millions de dollars par jour. Face à une base d'utilisateurs qui s'effritait, l'équation économique était intenable.
Les dégâts collatéraux sont considérables. Disney avait annoncé en décembre 2025 un investissement d'un milliard de dollars dans OpenAI, assorti d'un accord de licence donnant accès à plus de 200 personnages franchisés (Marvel, Star Wars, Pixar) pour la génération vidéo. Cet accord est désormais annulé, l'investissement ne s'étant finalement jamais concrétisé. En janvier 2026, les téléchargements de Sora avaient déjà chuté de -45 % en un mois, reléguant l'application à la 172e place de l'App Store.
La décision s'inscrit dans une logique de recentrage stratégique imposée par la perspective d'une introduction en bourse (IPO) ciblée pour le quatrième trimestre 2026. Fidji Simo, nouvelle responsable de la division AGI Deployment, a explicitement demandé aux équipes de se concentrer sur les activités rentables, écartant ce qu'elle a qualifié de « side quests ». Sam Altman réoriente l'entreprise vers ses clients B2B et annonce la fusion de ChatGPT, de l'outil de code Codex et d'un navigateur web en une « super-application » unique — signal clair que la priorité va désormais aux développeurs, pas aux créateurs vidéo.
Les créateurs de contenu et studios européens utilisant Sora perdent l'accès à l'outil et doivent se tourner vers des alternatives concurrentes pour leurs productions vidéo générées par IA.



