
OpenAI mise tout sur la création d'un chercheur entièrement automatisé
OpenAI réoriente l'ensemble de ses efforts de recherche autour d'un objectif unique et ambitieux : construire un chercheur entièrement automatisé, capable de s'attaquer seul à des problèmes complexes et de grande envergure. Cette nouvelle priorité devient, selon la firme de San Francisco, sa "étoile du nord" pour les prochaines années, fédérant plusieurs axes de travail jusqu'ici distincts : modèles de raisonnement, agents autonomes et interprétabilité.
La feuille de route est précise. D'ici septembre 2025, OpenAI entend déployer un "stagiaire chercheur IA autonome" — un système capable de prendre en charge, seul, un nombre restreint de problèmes de recherche spécifiques. Ce premier jalon préfigure un système multi-agents entièrement automatisé prévu pour 2028, qui devrait selon la société pouvoir traiter des problèmes trop vastes ou trop complexes pour l'intelligence humaine seule. Les domaines visés sont larges : mathématiques, physique, biologie, chimie, mais aussi questions de politique publique ou défis stratégiques d'entreprise — en somme, tout ce qui peut s'exprimer en texte, en code ou sur un tableau blanc.
C'est Jakub Pachocki, directeur scientifique d'OpenAI, qui pilote cette ambition aux côtés du directeur de la recherche Mark Chen. Dans un entretien exclusif, Pachocki affirme : "Je pense que nous approchons du moment où nous aurons des modèles capables de travailler indéfiniment de façon cohérente, comme le font les humains." Il cite Codex, l'agent de génération de code lancé en janvier, comme une première incarnation embryonnaire de ce chercheur IA — un outil dont la majorité du personnel technique d'OpenAI ferait déjà usage quotidiennement. L'objectif est d'étendre la durée d'autonomie de ces systèmes : "Ce que nous visons pour un stagiaire chercheur automatisé, c'est un système auquel on peut déléguer des tâches qui prendraient plusieurs jours à un humain", précise-t-il.
Le projet s'inscrit dans un contexte de concurrence accrue, avec Anthropic et Google DeepMind qui talonent désormais OpenAI sur le marché des modèles de pointe. Des voix extérieures, comme celle de Doug Downey de l'Allen Institute for AI, confirment l'enthousiasme du secteur pour ces systèmes de recherche longue durée, portés par le succès des agents de codage. La vraie question reste ouverte : ces systèmes pourront-ils un jour produire des découvertes scientifiques originales, ou se limiteront-ils à accélérer un travail déjà balisé par des chercheurs humains ?



